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 Untitled #1 - Jonathan

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Charlie A. Carter
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MessageSujet: Untitled #1 - Jonathan   Lun 14 Mar - 23:00


‘’All the angels and their halos, all they do is keep me waiting and waiting.‘’
Jonathan&Charlie


Le choc avait été un peu violent, il fallait l’avouer. Je savais (enfin du moins je pensais) que ça n’était pas voulu. L’attrapeur de Gryffondor n’était pas du genre hargneux ce qui, en général était une bonne chose pour moi d’ailleurs, mais cette fois, il faut croire qu’il n’avait pas mesuré son (incroyable) force. D’un autre côté, il fallait s’y attendre, le Quidditch pouvait s’avérer violent mais jusqu’ici, j’avais été épargnée. Aussi avais-je été un peu surprise quand Jonathan m’était rentré dedans, sans que je puisse savoir pourquoi. Malgré mes efforts, j’avais perdu l’équilibre et j’étais tombée comme une débutante, chose que je n’étais pas vraiment. En plus du coup porté à ma petite fierté, j’avais écopé d’une douleur lancinante dans le poignet gauche. Coup de chance me direz-vous, j’étais droitière. A vrai dire, je n’ai pas franchement pensé à cette chance quand l’infirmière m’a annoncé que je ne pouvais pas finir mon match et surtout que je ne pourrai pas jouer pendant les deux semaines qui suivaient. Le quidditch était l’un des moyens les plus sûrs pour me défouler, et j’en avais grandement besoin. Ce que m’annonçait l’infirmière était une punition dont elle ne mesurait visiblement pas l’importance. « Ton poignet n’a rien mais il est préférable de le ménager »  Dieu merci, mon poignet n’avait rien. Comme si ça changeait réellement quelque chose. Dans ma grande capacité à me foutre en l’air, je m’étais déjà fracturé plusieurs os sans que cela ne me dérange. Enfin, si, c’était pénible, mais supportable et au moins, j’avais une bonne raison de me ménager.

Je n’étais, fort heureusement, pas restée à l’infirmerie plus de quelques minutes. Cet endroit me rendait folle : je ne pouvais définitivement pas rester enfermée, j’avais besoin de cet espace, de cette sensation de liberté que m’offrait le sport dont je devais être privée pour deux semaines. Je me vengeais donc effrontément en passant quelques temps dans ce parc, à l’écart de cette foule humaine qui m’effrayait et me fascinait. J’avais peur de toutes ces personnes, de toutes leurs émotions, de leur mépris, de leur joie et de leur chagrin inconsolable que j’avais l’impression de ressentir avec une force décuplée. J’avais, parait-il, trop d’empathie, alors j’étais effrayée à l’idée de connaître qui que ce soit. J’avais peur de ses émotions, des miennes. Peur de l’entraîner avec moi sans le vouloir. Je préférais être là, à l’écart, dans ce parc que je connaissais déjà par cœur. La voix plaintive de Bob Dylan chantait son refrain que je murmurais pour ne pas le hurler à plein poumons. J’avais envie de danser, chanter, sauter partout, courir, voler. Je restais immobile, plongée dans un univers que je ne souhaitais partager avec personne. Un univers plus vaste que les autres, plus beau, plus profond. Un univers dans lequel je me voyais vivre jusqu’à la fin de mes jours tout en sachant que c’était impossible. J’étais complètement lucide quant à ma condition, c’était peut-être ça le plus triste.

Fermant les yeux quelques instants, ou bien des heures allez savoir, je ne les ai rouverts qu’en sentant une présence. Il faut dire que j’ai failli sursauter en découvrant Jonathan à quelques pas de moi. Il ne me mettait pas à l’aise, quelque chose chez lui me dérangeait sans que je sache quoi. Je n’osais même pas imaginer ce qu’il pensait de moi. Non pas que cela m’intéressait particulièrement d’ailleurs. J’ai enlevé mes écouteurs, faisant preuve d’un minimum de savoir-vivre, ce qui était plutôt rare. Je n’avais pas franchement été élevée avec des manières, pas élevée comme tous ces élèves ou pas élevée du tout d’ailleurs. Je ne m’en plaignais pas, je pensais m’en sortir pas trop mal de ce côté-là malgré tout. Tout en essayant de rester sur place, je plongeais mon regard dans celui, presque aussi clair que le miens, de l’attrapeur des Gryffondors. « Beau match. » J’ai lancé ça, un sourire ironique aux lèvres. Je ne lui en voulais pas, c’était simplement trop tentant. « Qu’est que tu veux ? » Bien entendu, je ne pouvais pas m’en empêcher. Et de toutes les manières, ce n'est pas comme si j'en avais franchement envie.

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MessageSujet: Re: Untitled #1 - Jonathan   Mar 15 Mar - 23:04



Untitled #1

Pour quelle raison suis-je devenu attrapeur, déjà ? Je ne m'en souviens même plus. Probablement parce que je pouvais, voilà tout. C'est toujours une bonne raison pour faire du balai. Ça défoule. Et puis faut faire du sport. Et dire qu'on fait du Quidditch, c'est quand même mieux de dire qu'on fait du « balai », en tout cas pour n'importe qui ayant vécu dans le monde moldu. Bref, être attrapeur n'a que du positif.
J'ai toujours apprécier voler, dès la première année, avec les premiers cours, j'ai tout de suite adoré. J'en avais entendu parler avant, un peu, mais je ne m'y étais jamais vraiment intéresser, comme à tout ce qui venait du monde magique en général. Mais cette activité a toujours eu le mérite de me calmer. J'adore voler. J'adore regarder la terre d'en haut, j'adore cette sensation de liberté et de vitesse.
Le Quidditch, ça me permet de profiter de tout ça, avec en plus une certaine notion de compétition ; quand on attrape le truc d'or, une vague de satisfaction nous traverse. Une certaine fierté, l'impression d'avoir accompli quelque chose.
Quand je poursuis cette petite chose, j'ai parfois tendance à oublier l'équipe adverse, il n'y a plus que ce truc et moi. Plus à réfléchir, plus à penser, l'esprit n'est concentré que sur une seule et unique objectif : l'attraper. Et c'est ce qui est exaltant.
Tellement que, il est possible, enfin, fort probable, que la dernière fois, je n'ai pas vu « l'obstacle » arriver. Forcément, je n'ai pas réussi à esquiver cette masse inattendue. Et j'ai peut-être simplement aperçu le corps tomber... C'était pas prévu.  Je n'avais pas fait exprès, mais je ne peux m'empêcher de me sentir quelque peu coupable, même maintenant. C'était- c'est ma faute.

Je n'en fait pas une maladie pour autant, mais ce fut assez présent pour qu'en l'apercevant, je me sente obligé d'aller lui parler. De m'excuser. Je ne savais même pas ce que j'allais lui dire, elle avait l'air plutôt tranquille dans ce parc. En fait, il y avait même de bonne chance pour qu'elle m'envoie balader.
Mais non. C'était mieux d'enfoncer un peu plus le clou de la culpabilité. Histoire que je détourne le regard, un peu gêné. Qu'est-ce que je pouvais lui répondre ? C'est ma faute.

« Fallait que je m'excuse. »

C'était presque une obligation, de par mon ressenti, mais aussi simplement par habitude, j'ai été bien élevé, avec de bonne manière ; quand on fait quelque chose de mal, volontaire ou non, on s'excuse. C'est comme ça. Mais elle me rend nerveux. C'est certainement ma culpabilité qui fait ça.

« Ça n'a pas l'air d'aller mal. Si ? »





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Charlie A. Carter
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MessageSujet: Re: Untitled #1 - Jonathan   Mer 16 Mar - 22:10


‘’All the angels and their halos, all they do is keep me waiting and waiting.‘’
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C’est marrant, je ne l’imaginais pas être du genre timide, à être gêné. A vrai dire, je ne l’avais jamais imaginé quoi que ce soit. Jonathan, bien qu’il m’ait déjà intrigué (comme beaucoup de personnes d’ailleurs), n’a jamais occupé plus que ça mes pensées. Je ne me suis jamais retrouvée à rêver de lui sans raison, ou même à penser à lui, ou encore à vouloir lui parler en le croisant. Jonathan ne semblait pas être le genre de personne qu’on remarque, et parfois, ça devait être un sacré avantage. Je me faisais remarquer, bien souvent malgré moi, et je détestais cette attention dont j’étais la cible. J’aurai aimé, moi aussi, me fondre dans la masse et j’avais beau essayer, je n’y arrivais pas. Se fondre dans la masse, rester immobile, docile, silencieuse, calme. Rien que d’y penser, je sentais mon cœur se serrer d’angoisse. Alors bon, forcément, on me reprenait, m’ordonnait de me taire, me virait de classe, me collait… Je ne cherchais pas tout ça. Pour certain cette attitude n’était qu’un genre qu’ils se donnaient, un genre ridicule mais qu’ils pouvaient se permettre car leurs parents veillaient sur eux, sur leur réussite. Moi, ça n’était pas un genre, c’était définitivement plus fort que moi, parce que je n’avais jamais vraiment travaillé dessus, j’avais fait avec. Résultat des courses, mon avenir était à moitié incertain. Sachant que la moitié de cette certitude consistait à devenir droguée et vivre comme un… animal (c’était même pire). Non merci.

Peut-être qu’au fond, c’était normal que je le mette mal à l’aise, ma remarque pouvait en partie expliquer son attitude. J’ai souris en entendant sa réponse. Il fallait qu’il s’excuse. Pourquoi était-il obligé ? D’accord, c’était poli, mais après tout, je n’allais pas lui en tenir rigueur. Ce n’était pas comme si on se connaissait vraiment, ou comme si j’allais me venger au prochain match. Non vraiment, c’était amusant de voir qu’il se sentait obligé de s’excuser. Ou peut-être que j’étais la seule à trouver ça amusant, c’est vrai que pour certains, c’était dans leur éducation. Non pas que j’étais sans-gêne, sans doute même que je me serais aussi excusée à sa place, mais je n’aurai sans doute jamais dit « il faut que ». D’autant plus qu’il ne l’avait pas fait exprès, sans doute ne m’avait-il pas vu arriver en flèche vers lui – enfin surtout vers le Vif d’Or- c’était fort probable. J’ai voulu lui répondre, lui dire qu’il n’était pas obligé de s’excuser, que je n’avais rien et qu’il pouvait aussi bien repartir. J’ai essayé de m’occuper les mains parce qu’il a recommencé à parler, et que j’avais terriblement envie de bouger. Bien entendu j’allais bien, je n’avais rien de cassé. Et je ne comprenais pas pourquoi il s’intéressait à mon état.

« Viens, on marche. » Je ne lui ai pas laissé le choix, même si en réalité, je ne l’attendais pas vraiment, mais je devais bien lui répondre non ? Je vous l’ai dit, j’avais du savoir-vivre. Alors j’ai avancé, sans trop savoir s’il allait me suivre, sans savoir si ça me dérangerait ou pas qu’il reste avec moi. Je n’avais jamais eu d’occasion de le connaître plus que ça, depuis la quatrième année, je voyais Jonathan régulièrement au Quidditch et je ne savais pas qui il était. Je n’étais même pas certaine de connaître son nom de famille, et c’était sans doute réciproque. Je n’avais pas entendu grand-chose sur lui, il ne devait pas avoir beaucoup d’histoires. Non, je ne faisais pas attention à ce qui se racontait sur chaque élève, mais certains ressortaient forcément du lot : on connaissait des noms, des rumeurs, des histoires sans franchement savoir qui était la personne. Oh j’étais lucide, je savais que je faisais partie de ces gens-là. Plongée dans mes pensées, je me suis rendue compte que j’avais oublié de lui répondre. « Non je vais bien. Je ne peux pas faire de Quidditch pendant deux semaines mais c’est rien. » Mon sourire s’est voulu rassurant, je ne savais pas trop si c’était le cas. « Il faut que je ménage mon poignet. » Je ne savais pas non plus pourquoi je disais une chose pareille, ça n’avait rien d’intéressant mais en fait, je crois que j’étais aussi à l’aise que lui, c’est-à-dire pas franchement. « T’en fais pas, je me vengerai au prochain match. » J’ai tenté l’ironie, sans trop savoir pourquoi. Après tout, j’aurai très bien pu terminer la conversation ici et partir : ça n’aurait rien changé à ma vie, encore moins à la sienne. Ce jour-là pourtant, j’ai décidé de rester.
Allez savoir pourquoi.

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MessageSujet: Re: Untitled #1 - Jonathan   Jeu 17 Mar - 23:55



Untitled #1

Je n'arrivais décidément pas à la regarder. J'évitais de croiser ses yeux. Je n'ai jamais été quelqu'un d'extravertie, mais je ne suis pas timide non plus ; je n'arrivais pas à être à l'aise. Et elle ne me facilitait pas la tâche.
D'un coup, elle a voulu aller marcher. Comme ça. Je ne m'y attendais pas. A bien réfléchir, je ne m'attendais pas à grand chose. Je ne la connaissais pas du tout. Enfin si, d'ouïr dire. Des trucs du genre enfant à problèmes, tumultueuse, à la recherche de l'affrontement. Mais je n'avais jamais pu vérifier quoi que ce soit de moi même. Je ne la connais que du Quidditch. Avoir la hargne en sport, c'est normal. C'est la première fois que je lui adressais la parole en dehors du terrain, pour tout dire. Je n'y peux rien si je ne fais pas de vague moi. Ce n'est pas que j'évite les problèmes, c'est juste que j'évite les gens en général, et c'est souvent d'eux que viennent les problèmes. C'est tout. Je ne la connaissais presque que de vu. Parce qu'enfin, c'était bien la première fois que ça me gênait autant de la regarder. Ce n'est pas moi qui suis timide, c'est elle, qui m'intimidait.
Elle est parti sans attendre. Sans m'attendre. Je ne savais même pas si elle voulait vraiment que je la suive, mais j'attendais une réponse. Je restais en retrait, comme à mon habitude. C'est elle qui aimait se mettre sur le devant de la scène, après tout. Ça n'avait pas grande importance. Marcher avait du bon, ça occupait le corps. Et ça, simplement, ça me rendait moins nerveux. Même si je ne la comprenais toujours pas. Elle aurait pu me répondre de dégager, ou quelque chose de concis, pour me renvoyer rapidement. Autant j'avais une excuse pour lui avoir adresser la parole, autant elle n'en avait pas pour m'emmener en promenade. Elle n'en avait peut être pas besoin.
J'ai toujours été d’extrêmement agréable compagnie.
Ou alors elle avait perçu mon malaise, certainement du à la culpabilité, et, en bonne serpentarde, c'était dit que ça serait marrant de remuer le couteau dans la plaie. Tout en feignant la gentillesse, mais non ce n'est rien, il faut juste que je ménage l'endroit pulvérisé par ta faute, c'est rien. Ha, je ne savais pas pourquoi je m'en voulais comme ça. Après tout elle avait raison, ce n'était vraiment pas grave. Enfin, ça aurait pu être bien pire. Heureusement que non, ma culpabilité n'aurait pas supporté.. Ah, et puis pour elle aussi, c'était mieux.

« Zut, moi qui espérai t'avoir mis au tapi pour le reste de l'année. »

Mes mots ne correspondait pas vraiment à ma pensée, c'était même l'exacte opposé en fait. Mais je ne pouvais pas lui dire que je me sentais coupable, que je m'en voulais et tout le reste. Elle se serait encore moqué de moi. Je n'avais pas de réputation, je ne tenais pas à en avoir une. Je n'avais qu'à la suivre sur le chemin de l'ironie. J'étais plus calme. Je ne prenais là aucun risque, et mon regard ne la fuyait plus.

« Ceci dit, tu peux toujours abandonner. Je suis peut être trop fort pour toi. Je ne t'en voudrais pas. »





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MessageSujet: Re: Untitled #1 - Jonathan   Ven 18 Mar - 22:30


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J’oubliais momentanément Jon : ça n’est pas difficile. Enfin, pour quelqu’un pour moi, oublier qui que ce soit n’était pas franchement compliqué. Jon, un prof, un ami, la directrice… Il n’était pas rare que j’occulte la présence des autres, trop facilement entraînée dans mes pensées. J’ai quand même senti sa présence, preuve qu’il avait décidé de me suivre dans ma promenade. Je me fichais complètement de ce qu’il pouvait penser : ce n’est pas comme si son avis sur moi m’intéressait franchement, en fait, il ne m’intéressait pas non plus. Comme tous les autres inconnus, Jon ne titillait pas franchement ma curiosité. Dire que je n’avais pas d’autres êtres humains pour vivre était sans aucun doute excessif, mais ce qui était sûr, c’est que je me portais mieux quand je n’en n’avais pas trop autour de moi. Je n’étais pas faite pour le feu des projecteurs, j’y étais malgré tout, et je ne le vivais pas franchement bien, mais je n’avais pas le choix. Je ne savais pas me contrôler, et mes excès étaient souvent remarqués, comme si tous se régalaient des dernières péripéties de Charlie Carter. Je n’étais rien, je n’étais personne et on propageait à mon sujet toute sortes de rumeurs et d’histoire qui ne faisaient que salir mon nom un peu plus, si c’était possible. J’étais fatiguée de tous ces charognards, je devais encore faire avec jusqu’à la fin de ma 7e année, en espérant que ma vie change après ça.

Pendant que mon regard se tournait vers Jon, je me suis demandée comment un type aussi calme pouvait être un Gryffondor. Je crois que je ne l’avais jamais vu s’énerver ou s’emporter (bon il fallait avouer que je ne l’avais pas souvent remarqué non plus), alors que c’était une caractéristique importante de leur maison non ? Enfin dans ce cas, je pouvais aussi me demander ce que je faisais chez les vipères. D’ailleurs, je m’étais souvent posé la question. Et je m’étais aussi promis de demander un jour au vieux morceau de tissu plein de poux le pourquoi du comment un jour, si j’en avais l’occasion (ce dont je doutais très fortement).

Il a répondu avec ironie lui aussi, ce qui au fond a conforté mon choix précédent. Je ne savais pas pourquoi il restait là, et sans doute qu’il se posait la même question. Peut-être que pour une fois, un peu de compagnie ne me ferait pas de mal. Lui semblait s’être détendu, ce qui m’a aidé à me calmer un peu, mais tout de même. Un Gryffondor, inconnu, qui m’avait foncé dessus et maintenant qui me suivait. Enfin me suivait. Simplement parce que je lui avais demandé. Au fond, il était peut-être complètement docile et probablement inoffensif. J’ai souri, surtout en entendant sa deuxième remarque. Je me suis tournée vers lui à nouveau pour lui répondre. « Oui t’as raison, je crois que je ne fais pas le poids… » J’ai commencé, en prenant un air peiné. « Face à un joueur redoutable comme toi, personne ne peut rivaliser. » J’ai alors souris à nouveau, décidément plus calme. Tout en marchant, je me suis étirée avant de conclure, un peu plus sérieusement. « Désolée, on ne se débarrasse pas aussi facilement de moi. » Le problème pour certain, c’est que ça n’était pas seulement vrai pour le Quidditch.

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MessageSujet: Re: Untitled #1 - Jonathan   Sam 19 Mar - 1:10



Untitled #1

Je jetais souvent des coups d’œil à son poignet. Je m'étais même pris a espérer qu'il guérisse vite. Je suis trop empathique. C'est une ennemie, une serpentard, adversaire de Quidditch, qui a foncé sur ma trajectoire. On s'en fiche qu'elle guérisse vite. En plus c'est même pas grave ce qu'elle a. Non ? Oui mais, depuis quand je me préoccupais de ces rivalités stériles ? Elles n'ont jamais eu le moindre impact sur moi. Je m'inquiétais pour quelqu'un que j'avais blessé, c'était normal.
Et voilà qu'elle me flattait. Enfin, ce n'était que pour rester sur le ton de la discussion, mais ça avait eu le mérite de faire disparaître un peu ma culpabilité. Finalement, elle avait vraiment l'air d'aller bien. Je n'avais pas à m'en faire autant. Elle souriait. Peut-être cette discussion l'amusait, ou au moins la divertissait. Pour ma part, je ne savais pas quoi en penser. Mais j'étais plus serein maintenant. Mon regard ne fuyait plus.
Je l'écoutais, elle devenait plus sérieuse. Je ne comprenais pas trop ; ce n'était pas en accord avec le ton qu'elle avait prit jusque lors. J'aurais presque cru entendre un regret. Mais ça ne devait pas être ça. Ça ne pouvait pas être ça. On ne regrette pas ce genre de chose.

« Après réflexion, ça aurait été dommage. »

Avec sa réplique, elle avait réussi à m'intriguer. A piqué ma curiosité. Je commençais à me poser des questions sur elle. Mais je me doutais bien qu'elle n'avait pas envie de s'étendre sur ses états d'âme avec un inconnu, un gryffondor de surcroît.

« Il me faut bien un adversaire, au moins pour qu'on croit que vous aviez une chance. »

Alors j'avais préféré rester sur une réponse un peu décalé. Après tout, nous n'avions rien en commun, à part nos postes de Quidditch. Sport auquel elle ne pouvait pas jouer, pendant deux semaines, par ma faute. Ha, il fallait que ça me revienne toujours en tête. Je devais arrêter d'y penser. Que je me change les idées.  

Je marchais plus vite, la dépassant. Concentré a essayer d'avoir la tête vide. Puis je me stoppa. C'était bizarre de répondre ironiquement puis de foncer tête baisser juste après. Elle devait me trouver bizarre. J'étais bizarre. Je cherchais son regard pour vérifier. Non, elle ne devait pas penser quoi que ce soit. C'était juste moi, je redevenais nerveux. Je m'inquiétais pour un rien. Je soupirais.

« En fait, je me sens un peu coupable. »

Si ça ne voulait pas partir tout seul, il fallait peut-être simplement que je l'exprime. Enfin, j'espérais.





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MessageSujet: Re: Untitled #1 - Jonathan   Sam 19 Mar - 17:25


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J’aimais bien cette conversation. Il y avait chez Jon quelque chose d’apaisant, enfin du moins quand il était un peu plus à l’aise. Au moins, il avait le mérite d’occuper mes pensées à cet instant. Je ne regrettais pas pour l’instant de lui avoir dit de venir marcher, avec certains, ça aurait déjà été le cas, je le savais d’expérience. Son ton s’adaptait à celui de la conversation et dieu merci, il semblait bien comprendre et utiliser l’ironie. Ce qui était une très bonne chose, je m’ennuyais rapidement dans les conversations plates de personnes bien élevées, ou coincée ou bien les deux puisque parfois c’était franchement synonyme. Souvent même. Passer pour une sauvage ne m’avait jamais dérangé : je savais me tenir (ou du moins j’essayais), je prenais bien mes couverts, je ne me servais pas n’importe comment, je ne mettais pas les coudes sur les tables non franchement, j’avais un minimum de tenue. A côté de ça, il m’arrivait certes de ne pas avoir un langage soutenu, de ne pas avoir autant de culture (modlue comme magique), de ne pas me retenir de dire ce que je pensais mais après tout, je n’en n’avais strictement rien à faire. Je me suis retournée vers Jonathan quand il a repris la parole, au départ, ne sachant pas tellement ce qui serait dommage tant j’avais décroché de notre discussion. Dommage de s’être débarrassé de moi ? Apparemment. J’ai failli l’interroger là-dessus mais je n’ai pas eu le temps parce qu’il a très vite repris la parole, comme pour passer à autre chose.

J’ai ri en entendant la suite de ses propos. Et forcément, je n’ai pas hésité une seule seconde avant de lui répondre. « Je crois que tu n’as besoin de personne pour que le vif d’or t’échappe. » J’ai répondu sur le même ton, haussant l’un de mes sourcils tout en conservant mon sourire. « Enfin disons que les Gryffondor s’en sorte quand ils jouent contre les Poufsouffle. » Je lui ai adressé un clin d’œil pour le provoquer un peu plus. Poufsouffle, voilà une maison où je n’aurai jamais eu ma place, ça c’était certain. Je n’avais rien pour eux mais il fallait l’avouer, charrier les Blaireau faisait toujours sensation. Mais rassurez-vous, certains se défendaient plutôt pas mal. Et concernant le Quidditch, ils n’étaient pas franchement mauvais, loin de là.

Je ne l’ai pas remarqué tout de suite. C’est en relevant la tête et en le voyant plus loin que j’ai réalisé qu’il était parti. Je n’ai pas compris pourquoi mais j’ai préféré ne pas poser de question, certaines choses ne s’expliquaient pas et j’étais bien mal placée pour juger qui que ce soit. Quand il s’est retourné, j’ai soutenu son regard et j’ai attendu qu’il s’exprime, puisqu’après tout, c’était certain qu’il voulait le faire. Coupable, il se sentait coupable. J’ai repris mon sourire, celui qui se voulait rassurant, et je me suis avancée jusqu’à lui. « Pourquoi tu te sens coupable, je vais bien, mon poignet ne me fait même pas mal en plus. » J’ai haussé les épaules avant de continuer. « Et puis franchement c’est pas comme si j’allais réellement arrêter de jouer pendant deux semaines. » C’était bien mal me connaître que de penser le contraire.

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MessageSujet: Re: Untitled #1 - Jonathan   Dim 20 Mar - 15:09



Untitled #1

Je ne savais que dire. Si, elle était gentille à vouloir me rassurer. Elle aurait pu s'en passer. Ce n'est pas comme si mes états d'âme devait nécessairement l'inquiéter. Mais elle ne me rassurait pas. Enfin si. Enfin je ne savais pas. J'étais incertain sur annihilation ou non de mon sentiment de culpabilité. J'avais l'impression de ne plus me sentir vraiment responsable. Mais j'étais préoccupé. Sa première phrase m'avait un peu calmé. Oui, elle va bien. Tout va bien. Mais ça deuxième phrase avait réveillé ma nervosité. A croire que je m'inquiétais. Je n'avais pas de raison. Mais bon, si sa blessure s'aggravait. Elle devrait se reposer. Oh, après tout, elle faisait ce qu'elle voulait. Je n'avais pas à m'en préoccuper.
Je n'y pouvais rien, une fois que je commençais à m'inquiéter, j'étais enclin à m’inquiéter pour tout. Une vrai mère poule. Quoi ? Non. Certainement pas. Je n'allais pas être ça. Je ne suis pas ça. Je l'observais de haut en bas, non, elle m'avait l'air d'aller très bien. J'avais entendu des choses sur elle, un côté un peu casse-cou. Elle était encore un seul morceau. Elle savait manifestement se gérer elle même. Je n'avais pas besoin de m'inquiéter. Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes.

« Oui, j'ai entendu parler d'une certaine... insubordination de ta part. »

Pourquoi d'ailleurs ? Les rumeurs sur ses éclats étaient innombrables. Je ne prêtais pas l'oreille aux racontars, et pourtant, j'en connaissais des tonnes. C'est dire quelle merveilleux sujet de conversation elle était auprès des autres élèves. On ne comptait plus les histoires se terminant par son renvoi de cours. Mais je ne comprenais pas pourquoi. Quel était le but à se faire remarquer ? J'ai toujours été, personnellement, quelqu'un de discret. Il y avait une raison. Fuir les gens, mais pas que. Se mettre en scène était risqué. Ça forge une réputation, qu'il faut apprendre à gérer. Sinon ça peut vous causer des ennuis à l'avenir. Et puis on peut plus se faufiler, écouter, observer, sans se faire remarquer. On a souvent l'impression qu'être populaire ouvre plein de porte, à mes yeux, ça en fermait beaucoup.
Et puis être dans l'ombre n'étais pas déplaisant. Je n'aimais pas l'idée d'être au centre des conversations, ou que les gens me regardent sans cesse. Je ne comprenais pas d'ailleurs comment on pouvait apprécier une telle chose. Il y avait là dedans une sorte de non-liberté. Le regard des autres attendaient quelque chose de vous. Et il vous faut vous y tenir.
Cette tendance à sans arrêt me poser des questions était ici fort utile. Dès lors où mon esprit s'était accaparé de question sur cette fille, et sur ses déboires, toute once d'inquiétude avait disparue. Je n'étais pas calme, j'étais concentré.

« Remarque, je n'aime pas trop les règlements non plus. »





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MessageSujet: Re: Untitled #1 - Jonathan   Dim 20 Mar - 22:06


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Je ne savais pas franchement pourquoi ou même comment il pouvait s’inquiéter autant. On ne se connaissait pas, j’allais manifestement très bien et il s’était excusé en plus. Ça ne me dérangeait pas qu’il continue à être avec moi, loin de là même, mais simplement je me demandais comment il pouvait se sentir autant coupable pour quelque chose d’aussi banal. Je n’avais, en plus, nullement besoin de lui pour me blesser, j’étais assez grande pour le faire toute seule. J’avais presque envie de lui tapoter l’épaule en signe de soutien et lui dire que j’allais bien, que franchement il n’avait pas à se sentir mal et qu’il pouvait aussi bien partir maintenant si la seule chose qui le retenait était sa culpabilité. Mais j’ai préféré rester un peu loin de lui, comme d’habitude. J’ai vu son regard faire un aller-retour entre ma tête et mes pieds, et je n’ai pas voulu imaginer pourquoi. Il devait sans doute avoir des à priori, comme tout le monde, et je préférais ne pas le savoir. Parfois, rester dans l’ignorance me semblait être la meilleure des solutions, même si ça ne durait jamais vraiment. J’ai préféré détourner le regard, soudainement gênée. J’avais envie de fuir, et un peu peur de ce qu’il pouvait dire au final, je n’étais plus franchement certaine de vouloir qu’il reste.
Et apparemment, j’avais raison.

Je me suis renfermée alors qu’il avait au moins la délicatesse de choisir ses mots. Si même l’élève le plus blasé que je n’ai jamais vu avait entendu parler de mes pseudos-exploits alors je n’étais plus à l’abri de rien. « C’est plus fort que moi. » Je ne sais même pas pourquoi j’ai répondu ça alors qu’il avait déjà dû me cataloguer dans les personnes ne pouvant se passer de l’attention des autres. Je détestais cette image non volontaire que je renvoyais. Je ne cherchais pas plus que ça simplement je me laissais facilement emporter, j’étais difficile à arrêter, à suivre, à contrôler. Enfin si encore j’avais été encadré depuis mon enfance, mais on ne pouvait pas dire que j’avais reçu une éducation très stricte et souvent, je le regrettais. Ce n’était pas que mon père ne m’ai jamais dit non (ou même ma mère), parce que j’avais essuyé de nombreux refus de leur part, non c’était différent. C’était simplement un manque de cadre, un environnement peu stable et peu présent. Et puis, je m’occupais plus de mon père que l’inverse quand j’étais à la maison. Si bien que je craignais, à chaque retour, l’état dans lequel j’allais trouver mon géniteur.

Regrettant déjà ma dernière intervention, je l’ai écouté alors qu’il reprenait la parole. Oh, un jeune rebelle. Cette fois, j’ai retenu mon sourire ironique pour qu’il ne puisse pas mal interpréter mes pensées. J’aurai aimé être comme Jonathan, quelqu’un de discret qui se mêlait dans la foule sans le moindre problème, un jeune homme qui semblait en soit complètement normal, et c’était pile poil ce que j’enviais. Certes, je ne connaissais pas sa vie, alors au fond, peut-être que je l’idéalisais. Il n’aimait pas les règlements, certes mais visiblement, il ne devait pas les enfreindre trop souvent vu qu’il ne semblait pas avoir beaucoup de problèmes. Je n’avais jamais rien entendu à son sujet, et c’était sans doute ce qu’il recherchait. C’est vrai que ça devait tout de même être plus simple ou du moins plus reposant. C’était notamment en me comparant à ce genre de personnes que j’avais honte. « Mais t’as l’air de réussir à ne pas les enfreindre trop souvent quand même. » J’ai relevé la tête vers lui pour percuter son regard.
Je l’enviais terriblement et il ne s’en rendait même pas compte.

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MessageSujet: Re: Untitled #1 - Jonathan   Dim 20 Mar - 23:40



Untitled #1

Bon, il est vrai que je n'étais pas le type du jeune rebelle. Je ne l'ai jamais été, je ne le serais jamais. Ce qui ne veut pas dire forcément que j'étais un docile petit canard. Sans être machiavel pour autant, j'étais prudent. Je restais éloignés de tout le monde, ainsi, je n'avais pas d'ennui avec personne. Une logique imparable. Si personne ne vous connaît, personne ne vous hait. Et si personne ne vous connaît, personne ne fait attention à ce que vous faites. Par exemple, personne ne remarquais vos sorties nocturnes, parce que vous apprécier le silence de l'école la nuit. Loin de toutes les jérémiades d'élèves insipides.

« Je ne les aimes pas trop, mais j'évite de les enfreindre, du moins éhontément. »

Je ne la regardais pas, j'étais perdu dans mes pensées moment là. Jusqu'à ce que je repose les yeux sur elle. Il y avait quelque chose chez elle d'intrigant. Elle disait que c'était plus fort qu'elle. Certainement. Je ne la connaissais pas réellement, mais j'avais passé du temps avec elle, sur le terrain de Quidditch. Elle m'avait toujours paru différente. Pas différente de toute la race humaine, mais différente des gens populaires. De ceux qui se mettent volontairement -ou pas- sur le devant de la scène. Pour la plupart, c'était une partie d'eux, quelque chose qui collait parfaitement à leurs personnalités. Comme s'ils en avaient besoin pour vivre, comme s'ils n'existaient qu'au regard des autres. Mais elle, elle n'avait pas besoin de leur regard pour être. C'était l'impression qu'elle m'avait toujours donné.

« Tu me fais penser à une enfant sauvage. »

Je disais ça en attardant mon regard sur ces cheveux. Je ne sais pas pourquoi, mais l'image que j'avais des enfants sauvages passait beaucoup par les cheveux. Ça n'avait pas grand sens, mais bon. Sa chevelure brune, surtout quand elle était détaché, m'y faisait beaucoup penser. En plus de son côté parfois désinvolte. Oui, cette fille me faisait vraiment penser à ces histoires d'enfant perdu qu'on retrouvait vers l'âge de dix ans, élevé par des bêtes dans la forêt. Oh, bien sûr, je me doutais que ce n'était pas sa véritable histoire, ça aurait été.. déconcertant. Et totalement improbable ; ces enfants n'arrivaient généralement jamais à apprendre à parler correctement.





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MessageSujet: Re: Untitled #1 - Jonathan   Mer 23 Mar - 22:59


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Je me suis enfuie dans mes pensées sans attendre sa réponse. Je me demandais pourquoi quelque chose continuait à me gêner chez Jonathan. Comment était-ce possible alors que c’était sans doute la personne la moins impressionnante que j’ai rencontré ? Peut-être était-ce son regard, ou bien sa posture ou ce qu’il dégageait : je ne savais pas mais quelque chose m’empêchait d’être complètement sereine (une fois de plus). Peut-être était-ce simplement cette envie d’être comme lui qui était trop forte, allez savoir. Je désirais son anonymat, je le voulais terriblement même. Mais même si j’arrivais à me contrôler désormais, ça ne changerait rien. Les vipères continueraient à commenter mes actions, qu’elles soient minimes ou non. Je l’ai regardé quand il a repris la parole et j’ai acquiescé. J’imaginais bien qu’il devait les enfreindre au moins un peu, je ne parvenais en fait pas à imaginer comment on pouvait vivre en suivant scrupuleusement tout règlement. Est-ce que ce genre de personnes existaient ? Celles tout le temps dans l’hyper contrôle et qui, à l’inverse de moi, étaient incapables de faire un faux pas étaient-elles bien humaines ? D’après moi non, il devait forcément y avoir une petite erreur, un pas de travers, quelque chose que personne ne voyait mais qui existait. J’enviais parfois ces personnes, mais certainement pas autant que les personnalités comme celle de l’attrapeur Gryffondor.

« Ça ne ressemble pas à un Gryffondor ça, de faire les choses discrètement. » J’ai lancé ça avec un sourire à demi moqueur, sans trop savoir comment il allait réagir. Non pas que cela m’inquiète, j’espérais néanmoins secrètement qu’il n’était pas du genre à tout prendre au premier degré : ces personnes-là m’ennuyaient terriblement, et je n’avais pas envie que Jonathan m’ennuie. C’était bizarre non ? Ce n’était pas comme si j’avais vraiment envie de connaître du monde, en réalité je m’en tenais souvent au stricte nécessaire, je préférais m’éloigner de cette masse grouillante capable de faire tant de mal. Je n’avais pas toujours eu cette peur et même cette révulsion vie à vie des autres. Plus jeune, j’adorais voir du monde, j’étais ouverte, chaleureuse, j’aimais tout être humain. Ça s’est effacé petit à petit, quand j’ai grandi. A tel point que je me demandais souvent comment j’avais pu être si naïve.

Jonathan m’a fait revenir à la réalité. Une enfant sauvage ? On ne me l’avait jamais dit, d’autant plus que je ne saisissais pas bien pourquoi. Son regard s’est attardé sur ma chevelure et j’ai souri. Je me doutais que ça n’était pas seulement ça, mais je n’ai pas pu m’empêcher de me demander s’il aurait pensé la même chose du temps de ma chevelure rose ou blonde. « Je ne sais pas trop comment le prendre. » J’ai souri, parce qu’au fond, ça m’amusait cette comparaison. Une enfant sauvage. C’était peut-être bien ça après tout, si on m’avait appris à parler, lire, écrire et compter, je n’avais pas franchement eu d’éducation. J’ai eu envie de lui demander si ça se voyait tant que ça mais j’ai opté pour une autre solution qui m’exposait moins. « Qu’est ce qui te fait dire ça ? » C’était bien plus facile de le laisser parler après tout. Je préférais ça plutôt que ce que j’ai pensé plus tôt, au moins avec ma question, j’évitais un malheureux sous-entendu. Parce qu’il n'avait sans doute pas complètement tort, j’étais un peu une enfant sauvage.

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MessageSujet: Re: Untitled #1 - Jonathan   Ven 25 Mar - 19:58



Untitled #1

J'étais un gryffondor, c'est vrai. Mais bon. Peut-être pas le profil type. Je n'avais jamais réfléchi aux histoires de maisons. A mes yeux, ça n'avait pas vraiment de sens. T'étais placé dans un groupe donné par un vieux chapeau louche, et d'un coup tu te retrouvais à gryffondor, sans savoir pourquoi, même si tu n'avais rien en commun avec ceux autour de toi. Mais bon, c'est le chapeau qui a choisi. Ce genre d'histoire était définitivement le dernier de mes soucis. Ma vie n'avait nulle besoin de querelles intestines entre jeunes étudiants atteint de puberté aiguë.

« Zut, je dois être un très mauvais Gryffondor. »

Une réponse pour une réponse. Il n'y avait là, rien d'autre à ajouter. Mon esprit était ailleurs. Perdu dans sa chevelure sûrement. Je ne me préoccupais alors pas vraiment de ses sourires. J'étais concentré à lister dans ma tête ce qui pouvait faire d'elle une enfant sauvage. Mais un peu tout d'elle y correspondait. C'était à la base une remarque ni gentille ni mauvaise. Un simple constat. Il n'y avait là rien à prendre mal. Je l'imaginais bien comme ça. Ça lui allait bien. Je préférais nettement cette vision à celle d'une peste qui ne peut s'empêcher de se faire remarquer. Il fallait l'avouer. Je ne pense pas qu'une seule personne préférait la peste, d'ailleurs. Et puis, une enfant sauvage, dis comme ça, ça avait presque quelque chose d'attirant, d'inaccessible, d'imprévisible. Pour peu, on aurait presque envie d'essayer de l'apprivoiser.

« Je ne sais pas. Tu ressembles un peu à un animal qui veut sortir de sa cage. »

C'est cette liberté qui émanait d'elle qui m'intriguait, peut être. Même si elle ne l'était pas vraiment, comme si elle agissait comme elle le sentait. Sans rien respecter. Elle semblait libre à bien des abords. Mais je ne savais pas si c'était bien la bonne définition de la liberté. Celle que je cherchais parfois. J'avais un peu cette impression que quoi qu'on fasse, on est toujours pieds et mains liés. Il y a toujours quelque chose qui influe sur le comportement.
Mais pour une fois, je me demandais comment c'était, d'agir sans retenu. Moi qui me contenait sans cesse.  

« Tu n'as jamais eu envie de pouvoir t'échapper ? d'être quelqu'un d'autre ? »

Je lui posais cette question que je n'aurais pas poser à moi-même. Je n'avais pas envie de ça, je ne pouvais même pas le concevoir. J'étais moi, c'était une fatalité à laquelle je m'étais toujours faite. Je ne pouvais tout simplement pas imaginé être d'autre. Il y avait à la fois trop de possibilités, et aucune qui me semblait meilleure l'une de l'autre.





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MessageSujet: Re: Untitled #1 - Jonathan   Sam 26 Mar - 1:05


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J’ai souri en entendant sa réponse. Il était sans doute aussi nul comme Gryffondor que je l’étais comme Serpentard. Mais de toutes les manières, quand vous êtes né-moldu et qu’on vous envoie chez les Serpents, ça ne peut pas être un bon choix. Le chapeau devait commencer à devenir sénile, depuis le temps. Parce que d’accord, la Guerre était passée, oui oui Voldemort avait été battu depuis un moment maintenant, mais même, des croyances si vieilles ne pouvaient pas s’éteindre du jour au lendemain et certains politiciens sous couvert de « traditions » n’hésitaient pas à alimenter cette haine persistante pour les né-moldu. Alors entre ça et des parents un peu trop attachés à ces idéaux, ça donnait des élèves stupides qui passaient leur temps à murmurer sur mes origines. Encore heureux, je conservais ma vie de famille pour moi, préférant ne pas étaler mes histoires. Mes vêtements pouvaient déjà témoigner de mon manque de moyen évident comparé aux nouvelles robes que beaucoup pouvaient s’offrir et j’offrais bien assez de sujets de conversations aux commères de l’école sans trop me dévoiler. Alors autant ne pas ébruiter l’addiction de mon père et la mort de ma mère, et puis, ça n’était clairement pas quelque chose dont les autres pouvaient discuter. Ça ne regardait que moi, que nous.

Je suis revenue à moi-même alors qu’il reprenait la parole mais cette fois, je n’ai pas souris. « Un animal en cage ? » J’ai répété, bêtement, sans trop savoir quoi répondre. Alors je suis retournée me réfugier dans mes pensées tout en gardant à l’esprit l’existence de Jonathan. Croyez-moi, l’exercice n’était pas facile. J’ai à cet instant, et par la suite, beaucoup réfléchi à la phrase du Gryffondor. Je n’avais jamais vraiment eu de cage, alors son existence soudainement possible m’a effrayée. J’avais toujours considéré que j’étais libre et je réalisais petit à petit que ça n’était pas le cas. J’étais enchainée à cette école, à mon père, à mes origines sociales, à ma mère, à ma réputation, à mes notes, à mon avenir incertain, à mon passé… et la liste pouvait continuer encore et encore. J’ai relevé la tête alors qu’il me questionnait.

Je ne voulais pas répondre, par peur de me dévoiler, mais d’un autre côté, quelque chose chez Jonathan me donnait envie de lui faire confiance. Ce qui m’effrayait d’autant plus. Je ne le connaissais à peine, je ne pouvais pas avoir confiance, mais d’un autre côté, mon instinct me poussait dans cette voie. Je me suis renfermée sans m’en rendre compte et mon sourire en s’en allant, a assombri mon visage. « Bien sûr que si, souvent. » Je n’ai pas réussi à mentir. Un comble pour une élève de Serpentard n’est-ce pas ? « J’imagine que c’est pareil pour tout le monde, on y a tous déjà pensé non ? Enfin j’espère. » Sinon, j’allais définitivement croire que j’étais folle. Je devais reprendre, détestant cette soudaine vulnérabilité. Jonathan était un inconnu, alors forcément, pour me protéger, je devais le tenir à distance. Ordinairement c’était d’une facilité étonnante, l’habitude aidant, j’arrivais à me préserver de ce monde que je jugeais trop cruel.
Allez savoir pourquoi c’était plus dur avec Jonathan.

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MessageSujet: Re: Untitled #1 - Jonathan   Dim 27 Mar - 21:13



Untitled #1

Je n'y avais jamais réellement pensé. Dans ma vie, j'avais réfléchit à beaucoup de chose, je n'avais même fait pratiquement que ça. Réfléchir. Je me demandais ce que je faisais là, qui était ces gens, comment le monde tournait. Je me demandais pourquoi, comment, s'il y avait un sens, s'il n'y en avait pas. Toute ma vie avait toujours été régit de milles et une question. Et aucune réponse n'était satisfaisante. Je doutais qu'il y puisse y en avoir une.
Alors non, je ne m'étais jamais imaginé être quelqu'un d'autre. C'était pourtant tout simple, imaginer ce que sa vie aurait pu être. Mais je ne voulais pas, je ne pouvais pas. Imaginer être quelqu'un d'autre, s'était renier son passé, oublier l'histoire qui nous a forger. C'était complètement ça, être quelqu'un d'autre. Et moi, je n'étais que ça. Ce que j'ai vécu. Ce n'est pas simplement ma vie qui aurait changer, c'est moi dans tout mon être. A être quelqu'un d'autre. Et puis à quoi bon ? Imaginer un autre, tout en sachant que ce probable personnage imaginerait lui même être quelqu'un d'autre ? Une boucle sempiternelle.
J'étais moi. Et bien que le monde ne tournait pas autour de ma personne, je savais que c'était à travers elle que je le percevais. Alors je l'observais à travers ce prisme, plutôt qu'essayer d'en imaginer un autre. Bien sûr, imaginer être autre permet de s'oublier soi. Mais j'arrivais parfaitement à disparaître en tant que prisme neutre. Je me laissais couler sans rien dire. J'avais toujours eu cette image de la vie, comme un long fleuve dans lequel je me laissais pousser par le courant. Évitant simplement les obstacles, sans faire de vague. Je regardais tout ce qui était autour de moi, sans avoir l'impression de comprendre quoi que ce soit. J'étais toujours perdu. J'aurais aimé savoir où me placer. Tout semblait si immuable.
Parfois, ça me rendait furieux.

« Pas vraiment. La vie des autres ne me fait pas plus envie que la mienne. »

Elle ne souriait plus. Peut-être l'avais-je ennuyer avec mes questions. Peut-être qu'elle n'aimait penser à ce genre de chose. Je n'aimais pas vraiment non plus. Mais je ne pouvais m'empêcher. Ce n'était pas pour la déprimer, mais, je n'étais pas quelqu'un de joyeux. Bon, je n'étais pas non plus dépressif. Même si là, j'avais autant de mal qu'elle a sourire. J'étais d'une humeur maussade.

« Elles ont toutes l'air aussi ennuyeuses. »

Je n'avais pas vraiment peur de dire ce que je pensais. Ce n'était pas la raison pour laquelle j'évitais les gens. Je les évitait pour ne pas avoir à supporter leurs présences. Et aussi car souvent, je n'avais simplement pas envie de parler. Ouvrir la bouche, produire des sons, tout ça me paraissait être un réel effort parfois. Mais là, j'avais envie de parler. J'avais envie de savoir ce qu'elle en pensait elle. Pour une fois.





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MessageSujet: Re: Untitled #1 - Jonathan   Lun 28 Mar - 22:28


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Bien sûr, ce que je ne savais pas encore c’est que Jonathan Shepard était sans doute l’élève le plus blasé de tout Poudlard. Je ne comprenais pas comment tout pouvait le laisser aussi indifférent, et je me demandais ce qui l’avait conduit à devenir comme ça. Certes, s’imaginer dans la peau d’un autre n’allait pas changer ma vie, mais je n’avais rien à perdre en m’imaginant différente. Parfois, ça avait quelque chose d’apaisant et à défaut, c’était toujours plus divertissant que n’importe quel cours que je suivais. Si quelques secondes auparavant, j’avais envié la discrétion de Jonathan, je me demandais maintenant si je pourrai supporter une vie qui semblait si calme ou si une partie de moi ne s’arrangerait pas pour mettre consciencieusement le bordel dedans. Peut-être qu’au fond je n’aspirais pas à cette vie discrète et silencieuse que je voulais tellement. Peut-être que je ne parviendrais jamais à ne plus être dans la lumière en permanence. Et peut-être même que ma phobie du noir a un rapport avec cette incapacité à se tenir loin des projecteurs. C’était involontaire et je détestais ça. Je détestais encore plus me dire que j’étais juste incapable de me contrôler et qu’au fond j’étais peut-être bien comme toutes ces pestes de Serpentard qui adorent que les potins parlent d’elles. Pitié. Ces personnes me donnaient la nausée alors l’idée même de leur ressembler me rendait malade.
J’espérais être différente, un peu comme tout le monde.

J’ai écouté ses réponses sans broncher. Ennuyeuses. J’aurai voulu que la mienne le soit un peu plus. Jonathan m’intriguait. Beaucoup devait justement être ennuyé par son manque d’enthousiasme, moi je demeurais curieuse. Alors forcément, je ne me suis pas retenue. « D’où ça te vient, ce manque de joie de vivre ? » J’ai décidé que je répondrai à sa remarque plus tard, alors forcément j’ai imposé ma question à la place. Mais il allait me pardonner non, j’étais une enfant sauvage après tout. En réalité, j’espérais que ce manque d’éducation ne le frustrerait pas de trop, et qu’il répondrait tout de même à ma question, prononcée avec une pointe d’amusement mais à laquelle je voulais réellement une réponse. Je me posais beaucoup de questions, tout le temps, et il était important pour moi d’obtenir les réponses à celles que j’osais poser. Et puis, si je lui demandais ça, ça voulait dire que je m’intéressais à lui non ? Donc ça devenait tout de suite un peu flatteur peut-être. Je ne savais pas trop en réalité, je ne connaissais pas assez Jon pour anticiper ses réactions. Mais bon, je doutais qu’elles soient trop violentes. Une chose était sûre : il devait plus craindre mes réponses que l’inverse. Ne vous méprenez pas : ce n’était absolument pas une critique pour moi, au contraire, c’était même agréable.

Finalement, j’ai décidé qu’il fallait peut-être que je lui réponde. D’autant plus que sa remarque m’intriguait réellement, et que j’étais d’humeur à en discuter, étonnamment. « Tu penses vraiment qu’elles sont toutes ennuyeuses ? Je trouve ça un peu triste. » J’ai redressé la tête pour croiser son regard que j’ai soutenu. « Certaines vies doivent être plus simples, plus douces, plus amusantes aussi, j’aime m’imaginer dans ces vies. Ça ne veut pas dire que j’aimerais pourtant échanger la mienne. » Même si, pour être honnête, j’avais souvent rêvé de troquer ma vie contre une autre.

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MessageSujet: Re: Untitled #1 - Jonathan   Mar 29 Mar - 23:40



Untitled #1

Je ne manquais pas de joie de vivre. Certes, je n'étais pas un gai luron, mais ce n'était pas un manque. Pourquoi fallait-il nécessairement être heureux de vivre ? Pourquoi ne pourrait-on pas être malheureux, ou bien simplement neutre, à ce sujet ? Non, la vie pour moi n'avait en elle même rien de spécifiquement gaie. On était né, oui, sans qu'on nous le demande, je rappelle. La vérité était qu'on existait avant même d'en être conscient. Et quand on s'en rendait compte, fallait faire avec. Alors, je comprenais bien que certains pouvaient y trouver de la joie, mais je ne pouvais blâmer ceux qui ne s'y retrouvaient pas. Personnellement je n'étais ni dans l'un, ni dans l'autre. Assez neutre, indécis.
Je n'avais rien dit, et sa réponse me parvint finalement. Si je pensais qu'elles étaient toutes ennuyeuses ? Le mot était peut-être mal choisi, mais oui, c'est ce que je pensais.

« Je ne nie pas qu'elles peuvent être plus douces, plus amusante qu'un autre, mais ça ne veut pas dire qu'elles sont plus attirantes. »

Je savais que j'allais devoir expliquer ce que je venais de dire. Je ne pouvais pas me contenter de lancer quelques affirmations et attendre que les gens me comprennent. Même avec toutes les clés ils n'y arrivaient pas souvent. Mais je sentais qu'elle pourrait appréhender ma pensée. Je n'étais pas un incompris, j'avais juste une pensée trop négative pour que les gens puissent vraiment vouloir s'y intéresser.

« Je peux voir quelqu'un d'heureux, qui aurait tout ce dont on pourrait souhaiter, et pourtant, avoir pour dernière envie de lui ressembler, d'être comme lui. Sa vie me semble si... insignifiante. Peut-être s'en rend-t-il compte, peut-être pas, peut-être cela lui suffit-il. Tant mieux. Mais ne me demande pas de l'envier. Sa vie... ne me tente pas. Aucune ne me tente. »

Si leurs vies ne me tentaient pas, cela ne voulait pas dire que je la dénigrais. Enfin, je le faisais certainement un peu, mais ce n'était pas voulu plus que ça. Ce que je n'arrivais pas, c'était voir une vie d'un point de vue extérieur. Imaginez une vie comme ça, naître, être élever, aller à l'école, non, ça n'avait rien d'attirant. D'un point de vue externe, ça me donnait presque envie de mourir. Comment pourrait-on apprécier une telle chose ? J'avais un certain dégoût rien que d'y penser.
Mais les gens eux-mêmes étaient parfois intéressant. Leurs vies, leurs histoires étaient toutes les mêmes. Mais leurs essences étaient uniques. Du moins, c'est ce dont j'avais l'impression. C'est pourquoi je leurs parlais. La masse m'ennuyait profondément, mais l'individu avait quelque chose d'attrayant. Quelque chose qui me poussait à rester en société, à ne pas finir comme ermite dans les montagnes à maugréer contre toutes ces stupides fourmis.

« Mais ça ne veut pas dire que je manque de quoi que ce soit. »

Je terminais en lui faisant un sourire, sincère. Elle devait me prendre pour un dépressif. Ce n'était pas le cas. Je n'étais pas joyeux à l'excès, voilà tout.





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MessageSujet: Re: Untitled #1 - Jonathan   Mer 30 Mar - 22:18


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Jonathan m’intriguait. Quelque chose chez lui demeurait flou, et c’était ça que je voulais découvrir. Le gryffondor était une belle énigme qu’il ne me tardait de résoudre et qui sait, peut-être même qu’il resterait intéressant après ça. On n’était pas à l’abri d’une bonne surprise, et je me plaisais à croire qu’il était différent, dans quel sens ? Je n’en n’avais strictement aucune idée, peut-être même que ce n’était qu’une illusion et qu’il était comme toute cette masse dangereuse et hypocrite. Ça ne me dérangerait pas tant que ça, après tout j’étais aussi une fille très décevante. Je l’ai détaillé du coin de l’œil en attendant sa réponse, j’étais curieuse de voir ce qu’il allait me répondre, me doutant déjà que ses pensées seraient éloignées des mêmes. Nous étions apparemment cruellement différents, ça ne me rebutait absolument pas d’ailleurs, j’avais envie de comprendre. Comprendre cette différence, d’où elle venait, pourquoi. Oui, non seulement j’étais terriblement curieuse mais en plus, quand je m’intéressais à quelqu’un, je voulais comprendre. Ce qui est assez vaste, je vous l’accorde. Et plutôt rare aussi. D’habitude, quand je croisais quelqu’un et que l’on commençait à discuter, j’essayais de ne pas trop chercher à le comprendre, j’avais peur de la déception, de ce que la personne pouvait me faire, peur d’être blessée ou de l’entraîner dans mes conneries. Je préférais me protéger, m’intéresser de loin avec des questions bateau, quitte à être seule d’ailleurs, ça n’avait pas grande importance. La solitude ne me dérangeait absolument pas, bien au contraire, c’était souvent agréable de s’évader, et puis souvent je me disais que je n’avais pas besoin de tout ce monde, et c’était vrai : la musique me comblait et je n’étais jamais aussi bien avec quelqu’un qu’avec des écouteurs dans les oreilles. Ça n’était pas une question d’être asociale… Enfin peut-être bien que si en fait. Mais quand je voyais ces groupes d’élèves en permanence ensembles, entrain de piailler, de colporter le dernier potin ou de critiquer tous ceux qui avaient le malheur de croiser leur chemins… Non franchement, les êtres humains en valaient très peu souvent la peine. C’était souvent plus douloureux et plus pénible d’être avec d’autres élèves.

J’ai croisé son regard quand le Gryffon a repris la parole. Patiemment, j’ai attendu la suite de ses explications, pour essayer de saisir ce qu’il essayait de m’expliquer et que je percevais à moitié. Je crois que je comprenais, mais j’ai quand même patienté. En entendant la suite de son raisonnement, j’ai simplement hoché la tête. Pour moi, non seulement aucune vie n’était insignifiante mais en plus, comment pouvait-on ne pas envier une vie si simple ? En quoi était-ce mal de ne pas avoir de rebondissements insupportables dans son existence ? La vie de Jonathan, peu importe ce qu’il avait vécu, était-elle moins insignifiante ? Et la mienne ? J’ai croisé les bras sans m’en rendre compte et je me suis remise à marcher sans le vouloir. J’avais ce besoin constant de bouger et j’étais déjà immobile depuis de longues minutes. J’espérais qu’il ne m’en tiendrait pas rigueur et puis s’il le faisait alors tant pis, je ne pouvais pas me contrôler. Il a fini par répondre à ma question, je veux dire réellement répondre. Il ne manquait de rien apparemment, pas même de joie de vivre. Oui je sais, moi aussi je me suis dit que ça ne se voyait pas trop, mais en fait, je n’étais pas vraiment bien placée pour faire le moindre commentaire. Alors je suis restée silencieuse quelques instants tout en me retournant vers lui pour attraper son sourire au passage. On aurait dit qu’il faisait ça pour me rassurer, même si je sentais sa sincérité, j’ai trouvé ça amusant, alors j’ai souri aussi.

J’ai porté ma main droite à ma bouche pour mordre mes ongles mais je me suis arrêtée au dernier moment et j’ai repris mon chemin. « D’accord, je crois que je comprends, tu n’es donc pas complètement dépressif. » Je n’étais qu’à demi sérieuse. Oui je comprenais réellement mais non, je ne pensais pas qu’il était dépressif, pas même un peu. Il avait juste une vision bien à lui des choses. Vision que je ne partageais naturellement pas. « Mais je ne suis pas d’accord. Parce que la vie d’une personne aussi parfaite et simple qu’elle puisse être n’est pas insignifiante ! » Je ne savais même pas s’il m’entendait, s’il était à mes côtés ou un peu plus loin derrière, parce que je suivais uniquement ma pensée sans réellement prêter attention à mon interlocuteur. Je sais, ça n’était pas très poli et ça pouvait même être dérangeant. « Et puis je pense réellement qu’une vie comme celle que tu as décrit peut être intéressante et honnêtement je crois que je préfèrerais une vie facile plutôt… » J’ai cherché le bon adjectif qui me renvoyait à ma situation sans vouloir y faire vraiment allusion. « Qu’agitée ou fatigante tu vois ? » Simple question de rhétorique. Peut-être qu’il ne m’écoutait déjà plus mais peu importait, je le disais un peu pour moi aussi. Parce que c’était vrai au fond, je crois que j’aurai préféré cette vie si simple et si insignifiante comme il l’avait dit. Plutôt qu’une vie toute aussi insignifiante et beaucoup moins aisée.

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MessageSujet: Re: Untitled #1 - Jonathan   Ven 1 Avr - 1:13



Untitled #1

Tout de suite. Ce n'est pas parce qu'on ne sautille pas de joie à chaque fois que le jour se lève ou que l'on trouve la fève qu'on est nécessairement dépressif. La bonne humeur inhérente était d'un ennui. J'avais toujours revendiqué le droit à faire la gueule. Après tout, sourire c'était tellement banal. Je considérais donc que j'avais le droit de garder mon petit air saoulé sans qu'on vienne me qualifier de dépressif. Je n'aimais pas ce mot. Je ne savais pas trop ce que j'avais contre ce terme. Ce n'était pas dramatique de se faire appeler ainsi, mais ça me rappelait des mauvais souvenirs. Il me semblait que c'était aussi comme ça qu'on l'appelait vers la fin, dépressif. Lui.
J'évitais d'y penser. A tout ce qui entourait cette partie de ma vie, tout ce qu'elle représentait, alors qu'avait beaucoup participé à ma construction personnelle. Je n'irais pas dire qu'elle m'a forgé tel que je suis, car je n'avais jamais été quelqu'un de profondément joyeux, mais ça ne m'avait pas aidé à aller dans ce sens, c'est certain. Ce que je savais, c'est que je n'arrivais pas à tourner la page. Il y avait toujours quelque chose qui m'échappait.

Je l'écoutais. Elle s'était remis à marcher, je la suivais de près. Certaines personnes ne pouvaient pas tenir en place, d'autres réfléchissaient simplement mieux en marchant. Peut-être était-elle un peu des deux. Elle s'intéressait. Elle semblait vouloir comprendre, mais ne saisissait pas. Je ne devais pas être doué pour expliquer ma pensée. Peut-être parce que ce n'était pas ce que je faisais, l'expliquer. Je la survolais, simplement. J'avais du mal à mettre des mots sur les choses. Ce que je ressentais n'était pas écrit, c'était un mélange d'émotions, d'images et de couleurs, liées entre elles. Il n'y avait jamais de meilleur moment où je n'étais en phase avec ma pensée que le moment précédent sa traduction en mot, qu'ils soient eux-mêmes pensées ou prononcés. Il y avait des idées que le mot tuait.
Lorsqu'elle parlait, elle pensait à des vies, alors que je lui répondais sur la vie. Du moins c'est l'impression que notre discussion me renvoyait. Elle me disait que telle vie pouvait être éventuellement intéressante, plus ou moins. Elle avait ce désir de changer de peau. De voir si l'herbe n'est pas plus verte ailleurs, et si le fauteuil n'y est pas plus reposant. Ce qui me rappela que je ne connaissais rien de sa vie. Je me demandais en quoi sa vie pouvait être si ennuyante qu'elle en veuille une autre. Elle n'était pas comme moi. La différence était simple ; le jardin. Si à mes yeux peu m'importait que l'herbe soit plus verte ailleurs c'est que j'étais déjà assez occupé à me demander si j'avais vraiment besoin de bout de verdure.
Au final rêver d'une autre vie c'est déjà vouloir vivre, et moi je n'étais pas sûr de le vouloir vraiment.

« Parce que tu trouves que ta vie est agitée et fatigante ? »

Je n'essayais pas plus de m'expliquer, espérant que face à une question seule, elle soit obligée d'y répondre clairement. Elle avait l'air de s'ouvrir un petit peu, mais j'avais besoin d'en savoir plus pour comprendre sa pensée. L'inverse était aussi vrai d'ailleurs.





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MessageSujet: Re: Untitled #1 - Jonathan   Ven 1 Avr - 23:50


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J’ai senti sa présence à mes côtés sans vraiment y faire attention. Jonathan semblait tenir à cette conversation alors que je m’interrogeais déjà sur son utilité. A quoi bon lui raconter tout ça ? Est-ce qu’il s’intéressait vraiment ? Est-ce qu’il était digne de confiance ? Je ne le connaissais pas, j’avais toutes mes raisons de douter. Ok d’accord j’étais sans doute un peu trop méfiante aussi, la conversation n’avait rien d’intime, nous ne faisions qu’énoncer des généralités, enfin surtout moi. J’essayais de pas m’inclure dans ce que je racontais, je voulais rester en dehors de tout ça pour me préserver et d’un autre côté, pour exposer mon point de vue, je m’inspirais de ce que je vivais. Je ne m’estimais pas malheureuse, attendez deux secondes, je ne voulais pas qu’on me plaigne, je détestais ça. J’évitais de parler de moi entre autres pour éviter ces regards remplis de pitié qui ne servaient qu’à me rendre encore plus mal. Je préférais nettement garder tout pour moi plutôt que de sentir leur fausse compassion. Je n’avais pas besoin d’eux, et ils n’avaient pas besoin de savoir que je vivais originellement dans un joyeux bordel. J’ai aimé mon enfance, d’accord, ce n’était pas franchement la vie dont on peut rêver, mais mes parents m’ont aimé et mon père malgré tout, je le sais, m’aimait encore profondément. Parfois, je pensais même qu’il m’aimait plus que ma mère l’avait fait, et puis je me réprimais mentalement d’oser penser une telle chose. Elle m’avait aimé comme elle avait pu, elle était simplement fatiguée de sa vie misérable. Je comprenais, je crois, son geste. Je l’acceptais, avec du recul, mais surtout oui, je le comprenais, elle avait dû se lasser des promesses, des crises et des absences. Et puis, elle devait me gérer aussi vous comprenez, je n’ai jamais facilité la tâche.

On a continué à avancer, à cause de moi d’ailleurs qui ne tenait définitivement pas en place. Je ne savais pas franchement où on allait : si on s’enfonçait plus dans le parc ou si on revenait vers le Château. J’ignorais l’heure qu’il était, si j’étais attendue quelque part ou non. Je pensais que non, j’avais sans doute raison d’ailleurs, alors autant profiter de cette pause en compagnie du Gryffondor. J’étais toujours aussi amusée de voir comme certains ne collaient définitivement pas avec leur maison. Je me demandais comment réagissais le choixpeau face à ceux-là, comment définissait-il leurs maisons ? Ils ne correspondaient à rien, et on les envoyait dans l’une des quatre où ils étaient entourés de personnes censées être comme eux et qui ne leur ressemblaient absolument pas. Je me suis alors demandée si Jon se sentait seul, parfois, dans un tel endroit. J’avais l’impression qu’il collait encore moins à sa maison que moi à la mienne.

Il a alors interrompu mes pensées en rebondissant sur ma vie. Je me suis renfermée, sans m’en rendre compte et je ne l’ai plus regardé. Inconsciemment, j’ai serré la mâchoire en me demandant pourquoi il faisait ça tout à coup. D’accord, c’était de la curiosité. Je devais peut-être me détendre un peu mais j’avais tout de même beaucoup de mal, alors j’ai continué à avancer en laissant le silence s’étirer un peu plus. Et puis finalement, j’ai pris sur moi et j’ai essayé de répondre. Je dis bien essayer parce que ça n’était pas glorieux. « Non enfin si, enfin peut-être mais c’est pas la question. » Je l’avais dit : c’était franchement ridicule. Je détestais ça : ne pas réussir à m’exprimer correctement. C’était le cas quand mes pensées s’entremêlaient et que je ne savais plus quoi répondre mais que je me forçais quand même. En l’occurrence, j’avais hésité à mentir et voilà le résultat. Etrangement, je ne voulais pas dissimuler la vérité à Jonathan, mais je ne voulais pas non plus tout lui dire. Après tout je ne savais rien de lui non plus. « Et toi tu trouves que la tienne est ennuyeuse ? » Il pouvait très bien ne pas me répondre, son refus aurait été complètement justifié. Bizarrement, on avait tous les deux envies d’en savoir plus sur l’autre mais on semblait aussi et surtout tous les deux aussi bloqués. J’en ai brillement déduis que sa vie n’avait pas dû aussi calme qu’il le prétendait, et du coup j’ai presque eu encore plus envie de connaître ce qui l’avait forgé. Ce n’était pas de la curiosité malsaine, je n’avais aucune intention de raconter à qui voulait l’entendre la vie de Jonathan (pour peu que quelqu’un soit intéressé). Mais il était probablement aussi méfiant que moi.
Nous n'étions sans doute pas si différents au fond.

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MessageSujet: Re: Untitled #1 - Jonathan   Jeu 7 Avr - 21:33



Untitled #1

Elle c'est étrangement mis à bredouiller.  Elle fuyait toutes les questions. Comme si elle ne voulait pas parler d'elle. Je ne savais pas pourquoi, mais je la voyais se renfermer, tout d'un coup. J'y avais pas pensé mais on ne fait que rarement confiance aux inconnus, surtout quand on sait qu'on sera forcément amener à les revoir. Ce qui était le cas, au moins pour les prochains matchs de Quidditch si ce n'est carrément en cours. Bref.
Il avait fallu qu'elle se renferme pour que je comprenne l'indiscrétion de ma question. Celle-ci ne m'avait pas parut si terrible.  Personnellement, je n'avais pas l'impression de me contenir quand je parlais aux gens, de devoir cacher quoi que ce soit, au contraire, j'avais l'impression d'être libre. C'était peut être parce qu'au fond, je me contenais constamment. Je ne cachais pas que je vivais seul avec mon père, un moldu, mais c 'était bien la seule chose que je laissais filtrer sur ma famille, et sur mon passé.  Au final, je parlais facilement de tout les petits détails insignifiants, donner mes avis sur divers sujets, ou même exprimer mes impressions tels quels, mais toute ce qui me touchait vraiment était bien enfoui.
C'était si bien caché que moi-même avait du mal à y accéder. Oh, pas que je ne savais pas où c'était, mais j'avais peur d'ouvrir la boite de Pandore. Je préférais occupé mon esprit par autre chose, mais je n'arrivais pas à m'éloigner de ce dont j'avais été témoin, plus jeune. Car au final, tout ce qui c'était passé dans mon enfance, je n'y avais joué aucun rôle. Je m'étais contenté d'être simple spectateur. J'avais tout vu se dérouler devant moi, alors que tout les autres agissaient comme ils pouvaient. Peut-être était-ce là la raison pour laquelle je restais aussi éloigné des autres. Cette distance me permettait de repousser au plus loin possible le jour où je devrais devenir acteur de ma propre pièce.
Mon regard se reposa sur elle, je comprenais mieux à présent pourquoi elle s'était renfermée ainsi. Personne n'a vécu une vie toute rose, il y a toujours quelques tâches sur le tableau, plus ou moins grave. Des tâches qu'on préfère garder pour soi. Et si je voulais qu'elle s'ouvre à moi, je devais très certainement faire moi-même le premier pas.

« Ce n'est pas qu'elle soit ennuyeuse, c'est que j'ai du mal à comprendre qu'elle soit. »

J'avais toujours cette idée, cette impression que je n'étais peut-être pas à ma place. Ou, pour être plus précis, que je n'étais pas chez moi. Cette sensation d'être présent, mais sans être à l'aise, pas mal à l'aise non plus, je veux dire, vraiment à l'aise. Apaiser. Comme s'il y avait un autre endroit où je serais mieux. Je n'étais ancrée nulle part et j'avais l'impression de pouvoir être n'importe où, car où que j'aille, tout était pareil, tout manquait de goût.

« Je m'interroge, tu vois, pourquoi est-ce que nous on est là ? Pourquoi est-ce qu'ils y en a qui préfèrent.... partir ? »

Si je restais là, c'est que je n'arrivais pas à choisir. J'avais l''impression d'être dans une sorte d'entre-deux, qui me laisse le temps. Le temps de choisir ce que je devrais faire, même si je n'étais pas sûr de vouloir vraiment choisir.

« Cette question n'aura certainement jamais de réponse. »





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MessageSujet: Re: Untitled #1 - Jonathan   Dim 10 Avr - 1:05


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J’avais très envie de vivre malgré tout. Je ne sais pas si j’avais peur de mourir, je ne crois pas, mais j’avais soif de vivre. J’avais besoin d’expérimenter, d’aller au bout, de ressentir, de repousser mes limites. Quelque part dans mon inconscient, j’avais terriblement besoin de savoir que j’existais. Je ne comprenais pas moi-même pourquoi, d’où cela venait et pourquoi cela se manifestait aussi violemment. Parfois, je me sentais simplement terriblement lourde tant les émotions qui m’assaillaient étaient puissantes et épuisantes. J’avais mal, sans raison. J’étais fatiguée mais énergique, sans savoir pourquoi. J’étais triste, mélancolique, énervée voire furieuse ou à l’inverse heureuse, euphorique d’un coup, en fonction des autres. J’avais parfois l’impression de vivre à travers eux tant j’étais réceptive à leurs changements d’humeur. Comme maintenant. Je me suis renfermée et il a suivi, emporté dans ses pensées, ses souvenirs ou peut-être les deux. Et en le regardant, je me suis sentie renvoyée à ma propre histoire, comme si je trouvais chez Jon une sorte d’écho lointain de ce que j’avais vécu.
C’est peut-être pour ça que j’ai prêté une attention toute particulière à ses paroles.

Je crois que mon ventre s’est noué quand j’ai entendu sa question, mais j’ai essayé de garder bonne figure. Pourquoi certains choisissaient de partir. Drôle de question, et j’étais certaine que seules les personnes ayant vécu le départ d’un proche se la posait. Mais c’était normal. Après tout, pourquoi les autres l’auraient fait ? J’ai pensé à ma mère rapidement. Je préférais ne jamais m’attarder sur ça. Je me concentrais plus facilement pour mon père, sans doute parce que malgré tout, j’avais l’espoir qu’il s’en sorte, mais si je n’y croyais qu’à moitié. Mais tant qu’il était vivant, c’était difficile d’abandonner. Souvent, je pensais que sa mort me soulagerait d’un énorme poids. Je m’en voulais tout le temps, mais je ne pouvais pas m’en empêcher. Les lettres de mon père m’épuisaient. Les appels que je lui passais parfois m’abattais et à chaque fois que je rentrais dans notre taudis, j’avais envie de fuir. J’aimais profondément mon père, c’était sans doute ça le plus douloureux. Voir ce qu’il devenait, voir qu’il ne devenait en fait rien de plus qu’un déchet. Il n’était plus humain, des années d’addiction l’avaient changé en… rien, juste en camé. Je crois qu’il n’y avait pas d’autres moyens de le décrire.

J’ai continué à avancer, Jon à mes côtés alors qu’il achevait son bref monologue. Je ne savais plus vraiment quoi dire parce que je comprenais parfaitement ses paroles. Amusant non ? D’habitude, on se tait parce qu’on cherche à comprendre, ou parce qu’on est trop buté pour essayer. Là, je restais muette parce que cet écho dont je vous ai parlé était un peu douloureux. J’ai marché quelques secondes, voire quelques minutes, je pensais à tout et rien et ça devenait une vraie cacophonie là-haut. J’ai fini par parler, pour essayer d’évacuer mes pensées, principalement. Parce qu’au fond je vous l’ai dit : il n’y avait rien à répondre. « Je ne sais pas. Peut-être que ça devient trop… difficile ? » C’était ce qu’elle avait écrit dans sa lettre. Que c’était devenu trop difficile. Que c’était sans issu. Qu’elle ne pouvait plus s’en sortir, alors elle s’est tuée. Et moi, j’ai compris ça que récemment, qu’en grandissant. J’avais envie de me confier, et en même temps mon instinct me suppliait de me taire, je ne l’ai pas écouté. « Je crois. Moi c’est ce qu’elle m’a dit. » Ca n’avait pas grand sens, mais il comprendrait sans doute. Je n’ai pas regardé Jon et nerveusement, j’ai posé mes mains sur le haut de mon crâne tout en jouant avec mes cheveux pendant quelques secondes.
Je ne savais pas pourquoi j’essayais d’expliquer un geste que je ne comprenais pas.

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MessageSujet: Re: Untitled #1 - Jonathan   Lun 11 Avr - 16:52



Untitled #1

Il n'y avait pas de réponse à ce genre de question. Le silence était sûrement inévitable. Je la regardais marcher, en préservant ce silence jusqu'à ce qu'elle se décide à le briser. Il n'y avait pas de réponse à ce genre de question, ou alors, il y en avait des milliers. Mais comment savoir laquelle était la bonne ?
Parce que c'était trop difficile. Je me suis arrêter à ce mot. Difficile. Je ne comprenais pas, ou plutôt je ne comprenais que trop bien. J'ai toujours trouvé tout ça difficile, même avant. Je tenais peut-être ça de lui, sa vision des choses, des choses trop dures, trop difficiles. Mais je ne comprenais pas.
Je comprenais cette déception et ce ressentiment qu'on pouvait éprouver en observant le monde tourner. Cette sensation d'être, d'en faire partie, et de ne rien pouvoir faire, de ne rien contrôler. Cette insignifiance. Cette impression parfois d'être là sans y être vraiment. Je me demandais ce qui faisait que j'étais vraiment là. Je ne comprenais pas.
J'avais le regard vide, pendant vers le sol. Cette incompréhension m'avait toujours pesé. Le monde, si grand, si peuplé, si changeant, n'a toujours existé qu'à travers ma propre personne. C'est mes sens qui le fait exister pour moi, et même si je conçois que c'est le même cas pour tout le monde, je n'ai jamais compris. C'est peut-être de là que viens le malaise. Cette contradiction du monde qui ne vit que par moi mais pour lequel je ne suis qu'un détail. Je me suis toujours sentit insignifiant face au monde, lui qui est si grand qu'on en parle qu'en chiffre qui ne se représentent pas.
Je savais que c'était dur, que c'était difficile d'être là, et d'être tout simplement. J'avais du mal moi même, et à force de regarder les autres, je me demandais s'ils n'avaient pas ce même problème. Que c'est difficile.
Mais je ne comprenais pas comment ils avaient pu se décider. Comment on pouvait effectuer une telle chose. C'est vrai que je trouvais ce monde difficile, mais cet acte me le paraissait bien plus. J'avais l'impression que c'était se réduire à néant. C'était quelque chose de terrifiant, n'être plus rien. Je n'étais pas spécialement attaché à ma vie, mais plutôt à mon existence, à ma pensée. C'est elle qui fait qui je suis. Si je la perdais, si elle s’éteignait, là, vraiment, je ne serais plus. Ça ne me rassurait pas du tout.
Mais mon plan avait marché – si on pouvait parler de plan. Elle s'ouvrait un peu à moi, et me ramener sur terre par la même occasion. Je n'y avais même pas pensé. J'étais tellement préoccuper à essayer de ne pas m'en souvenir que je n'avais jamais pensé à ce détail ; je n'étais pas le seul a avoir perdu quelqu'un de cette manière. Et jamais je n'aurais cru que ça aurait pu lui arriver à elle. Pourtant, ça pouvait expliquer en partie son comportement. Une réponse forte à un acte fort.

« Il n'a rien dit. Je crois qu'il n'y a pas vraiment quelque chose à dire dans ces moments là. »

Mon esprit s'embrouillait. J'avais certainement besoin de quelques instants pour ingérer cette information, et certainement plus pour la digérer.

« C'est... comme si c'était incompréhensible, mais en même temps, je ne peux m'empêcher de comprendre, un peu. »

C'était la première fois que je parlais avec quelqu'un qui avait vécu ça. Et je voulais savoir.

« ...Elle ne te manque pas ? »





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MessageSujet: Re: Untitled #1 - Jonathan   Mer 13 Avr - 19:35


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J'ai senti ma gorge se serrer alors que je finissais ma phrase. Pourquoi choisissaient-ils de partir... Pourquoi l'avait-elle abandonné, si jeune, avec un père si inhumain ? C'était trop difficile, elle l'avait écrit. Trop difficile pour elle, trop lourd pour ses frêles épaules. Elle était fatiguée de toutes ces années passées à espérer et à aimer un être déjà plus humain lors de leur rencontre. L'addiction de mon père remontait aussi loin que les souvenirs et même avant. Je crois que lorsque mes parents se sont rencontrés, il se droguait déjà. Mais comme tout le monde, ma mère avait espéré : on a vu le résultat. Pour tout dire, le suicide de ma mère a en grande partie construit la personne que j'étais devenue : l'espèce humaine quand elle ne me dégoûtait pas m'effrayait de par sa capacité à disparaître et donc à blesser. J'ai souvent cherché à éviter de penser au geste, et à elle en général. En vain bien sûr, mais au moins j'essayais. Je ne pouvais pas complètement m'échapper et tôt ou tard les questions revenaient. Des questions sans réponse bien entendu. Des questions comme celle que Jonathan a posé. Pourquoi choisissaient-ils de partir ? Souvent je me disais que la vraie question était plutôt pourquoi choisissions-nous de rester ?

Je n'ai pas relevé la tête quand il a repris la parole. J'étais plongée dans mes pensées et je me suis dit qu'il devait avoir les mêmes que moi. Je n'en n'ai jamais discuté avec qui que ce soit, parce que tout d'abord ce n'est pas quelque chose dont on discute facilement et puis qui pouvait bien comprendre ? Et à quoi bon surtout ? Je n'avais aucune envie de voir la compassion ou pire la pitié dans le regard de mon interlocuteur. Je ne voulais ni me plaindre ni me faire réconforter, je ne quémandais pas leur amour ou leur attention. Je voulais vivre tout simplement et si possible, me libérer de ces fantômes qui s'accrochaient désespérément à mes chevilles. Je me disais libre alors que j'étais enchaînée, comme tout le monde : Peut-être même plus que certains, quelle ironie. Je n'avais rien à lui dire à Jon, parce que les mots étaient si faibles dans cette situation, les condoléances si futiles, les mots faits pour réconforter si niais et inefficace. Je ne savais déjà plus comment nous avions dérivé sur ce sujet qui nous unissait, tragiquement. J'avais envie de m'ouvrir à lui, de me confier peut-être et pourtant, je savais que je ne parlerai pas, ou peu. Je n'étais pas de ceux qui prennent la parole et la monopolise pendant des heures. J'étais incapable de ça, incapable de m'ouvrir, incapable d'étaler mes pensées plus ou moins tordues. J'avais ce besoin de me sentir protégée des autres, de leurs regards et de leurs pensées et c'est sans doute pour ça que je fixais le sol : je préférais prétendre pendant ce moment intime, que Jonathan n'existait pas vraiment. C'était alors plus facile de parler.

Il m'a posé une nouvelle question. Question à laquelle j'ai beaucoup réfléchi pendant des années. Est-ce que ma mère me manquait ou est-ce que finalement j'avais appris à vivre sans elle ? Est-ce que son absence me tenait éveillée la nuit et me coupait encore la faim ? Et si non, cela voulait-il dire qu'elle avait arrêté de me manquer ? Je crois que parfois, je doutais de son existence : seules les photos et les vagues souvenirs d'une enfance déjà lointaine me rappelait qu'elle avait été là et que quelque part dans un passé pas si vieux finalement nous avions été une famille. Et parfois je m'imaginais une vie parallèle où je l'aurai vu vieillir, où la fatigue et l'âge auraient ridés sa peau et grisée ses cheveux. Où son parfum m'aurait entouré des heures durant lors de mes retours à la maison, pour oublier toutes les promesses décevantes de mon père. Alors oui, oui elle me manquait. Mais pas de la même façon qu'avant. Pas moins je crois, ou peut-être que si, mais différemment. « Oui. » J'ai soufflé sans grande voix, de peur qu'elle ne tremble, je parlais plus bas. « Quand je pense à elle c'est encore douloureux. Et je crois qu'au fond, même si j'ai appris à vivre sans elle, elle n'arrêtera jamais de me manquer. » C'est fou comme les mots résumaient mal mes pensées. J’ai expiré un peu bruyamment sans vraiment m’en rendre compte avant de reprendre la parole. « Et toi ? » Je n’ai pas relevé la tête, je ne le regardais pas. Je n’y arrivais pas, tout simplement. Et pourtant, j’espérais qu’il se confie, lui aussi. Mais je ne pouvais pas l’obliger : ce genre de choses, ça ne s’exige pas.

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MessageSujet: Re: Untitled #1 - Jonathan   Dim 1 Mai - 2:43



Untitled #1

Je la regardais. J'essayais de comprendre ce qu'elle pensait, ce qu'elle ressentait. Charlie. Un nom qui sonnerait différemment maintenant.
Je la connaissais à peine, pourtant nous avions visiblement un 'point commun', quelque chose que personne nous envierait. Mais nous n'avions pour autant pas vécu la même chose, du moins pas exactement. Aucune histoire ne se ressemble. Je me demandais ce qui lui était arrivé, ce qu'elle avait pu ressentir. Enfin surtout, comment elle l'avait ressentit.  Et puis, qui était ce « elle » ? Sa mère ? Sa sœur ? C'était à la fois une question naturelle et en même temps ça n'avait pas vraiment d'importance. Bien sûr qu'une mère, une sœur, ou une amie, c'était pas pareil, mais au final, ça revenait au même ; c'était quelqu'un de proche. C'était assez. Assez pour faire mal. Assez pour laisser un vide. Assez pour que ça reste.
C'est bête, mais je me sentais plus proche d'elle. Comme si vivre quelque chose de similaire nous transformait de la même manière. Même si je savais que c'était complètement faux ; nous en étions les preuves vivantes. Même si nous avions certainement plus de point commun qu'il n'y paraissait, notamment une certaine tendance au renfermement et à l'introspection, nous restions opposés dans notre façon d'agir. Elle avait choisie une voie différente de la mienne.
Je la regardais. Était-ce la seule raison de ses excès ? Ou quelque chose d'autre se cachait-il derrière ? Après-tout, un suicide n'intervient jamais sans raison, et laisse souvent des traces. L'incompréhension poussait parfois les gens à faire n'importe quoi. Beaucoup avait du mal à comprendre, mais elle, elle pouvait appréhender les réactions que ça produisait. Elle devait avoir vécu ça aussi, peut-être. Regarder les autres réagir, sans rien pouvoir faire. Spectateur du naufrage.
J'avais envie de la comprendre. Mais je sentais que pour cela il faudrait qu'elle me comprenne aussi. C'était un échange, aucun ne voulait en lâcher plus que l'autre, c'était certainement notre façon de nous protéger, de tout garder au fond. Rien dire, et ça n'existe pas, non ? Pourtant, déjà, elle me demandait son dû.

« Je ne sais pas.. Je ne me suis moi-même jamais posé la question.. »

Non, je ne me l'étais jamais posé. Je passais mon temps à me demander « pourquoi », à chercher une raison, de partir, de rester. Je n'avais de cesse d'occuper mon esprit à tout sauf à ça. Je ne voulais pas y penser.

« Je crois que je ne l'ai toujours pas accepté, au fond. »

Je ne pouvais pas. Pas tant que je ne comprenais pas. Et je n'arrivais pas à comprendre, j'arrivais à concevoir, mais je ne comprenais pas. Ce n'était pas compréhensible. Quelque chose m'échappait. Il y avait ce vide. Et je ne savait pas d'où il provenait.
Je la regardais, toujours. Le regard triste.
Je n'avais pas réagis lorsque c'était arrivé. Je n'avais pas réagis lorsque autour de moi tout est tombé. Lorsque tout a changé. Je suis rester impassible, imperméable à tout. J'étais un gamin. Je l'étais sûrement encore maintrenant. Et c'était la première fois que cette tristesse enfouie, ma tristesse, ressortait devant quelqu'un. Je ne pleurais pas, mais j'en aurais presque eu envie.
Il me manquait oui.





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Charlie A. Carter
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MessageSujet: Re: Untitled #1 - Jonathan   Ven 13 Mai - 23:01


‘’All the angels and their halos, all they do is keep me waiting and waiting.‘’
Jonathan&Charlie


Ma mère avait toujours apporté une certaine stabilité à notre famille si fragile. C’était elle qui se chargeait de me dire d’aller me coucher, de faire mes devoirs, de lire un peu, elle qui me disait de m’accrocher quand j’avais du mal à apprendre une musique à la guitare, elle qui me poussait dans cet univers musical dans lequel je me perdais pendant des heures. Elle qui me mettait un pansement quand mes acrobaties tournaient mal, elle encore qui faisait à manger, qui nettoyait, qui essayait de sauver le naufrage familial que nous étions. Pas étonnant que tout soit devenu pire depuis sa mort. Pas étonnant qu’elle ait décidé de partir. Fatiguée par une vie qui apparemment ne valait pas le coup d’être vécue. Une vie trop douloureuse, pas comme elle l’avait imaginée ou espérée. Peut-être qu’elle avait compris que rien n’allait s’arranger. Sans doute avait-elle réalisé que mon père resterait toujours un camé et que d’une certaine façon, j’étais un peu condamnée moi aussi, à une vie aussi misérable que la sienne. Sans doute qu’au fond, elle a espéré que sa mort changerait la donne, que Chris réagirait, qu’il choisirait pour une fois d’être courageux et de souffrir pour être clean, souffrir pour sa famille qui se détériorait un peu plus à chaque nouvelle piqure. Rien de tout cela n’était arrivé bien entendu, mais peut-être l’avait-elle espéré en mourant.

J’avais la dérangeante impression d’en avoir déjà trop dis. Oui, Jonathan était différent et il avait connu la même chose que moi. Et quelque part, peut-être aurais-je dû être soulagée de pouvoir en parler avec quelqu’un. Mais ça n’était pas le cas. Remuer des souvenirs que je m’efforçais d’enterrer au quotidien n’était pas une bonne chose, j’en étais persuadée. Et pourtant, je restais là, comme si je ne pouvais pas vraiment partir et l’abandonner à mon tour. J’ai attendu qu’il réponde à son tour, sans être à l’aise. Mes pensées s’entrechoquaient alors que j’essayais de me calmer. Je sentais mon pouls s’agiter, je sentais les souvenirs me paralyser la gorge, les émotions de Jon et les miennes me nouaient l’estomac. Je pensais qu’en marchant, je serais moins attentive à cette tension que nous avions installée consciencieusement. J’avais peur d’être rattrapée par ce flot d’émotions d’émotion que m’étranglait, ma paralysait. Je réagissais mal à tous ces sentiments, plus mal que la plupart des êtres humains, j’avais du mal à contrôler cette sensibilité. Dans l’espoir d’atténuer ce mal-être grandissant, j’ai continué à marcher tout en guettant la réponse de mon interlocuteur.

J’ai entendu la tristesse dans sa voix et je me suis retournée pour la retrouver dans son regard. Je me suis arrêtée, heurtée par ce que je voyais dans ses yeux. Je me retrouvais dans ce qu’il ressentait, et je crois que ça rendait l’instant encore plus difficile à vivre. J’ai eu envie de pleurer moi aussi, mais finalement j’ai tourné les talons pour reprendre ma marche. Je n’ai rien répondu. Parce qu’après tout je ne pouvais rien lui dire. Un geste pareil ne s’acceptait jamais entièrement, il avait raison. « Quand est-ce que c’est arrivé ? » Si c’était récent, alors pas étonnant qu’il n’ait jamais réfléchi à la question qu’il m’avait posé. J’ai soupiré alors que je l’imaginais déjà entrain de me renvoyer la question.
Ma mère avait abandonné 7 ans auparavant.

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