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 You're feeling high and low, but you don't know what to think [Alec]

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Raphael Hope
Poufsouffle

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Poufsouffle




MessageSujet: You're feeling high and low, but you don't know what to think [Alec]   Mar 12 Avr - 20:19



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L'infirmerie n'était pas qu'un lieu de passage. Certes, la plupart passait par là, la tête prétendument encombrée de fausses migraines - mais si, jvous jure, monsieur, j'ai mal à la tête depuis que j'ai avalé de travers ! - ou parce qu'ils s'étaient, encore une fois, pris une batte dans la figure. Ce qui arrivait un peu moins ces derniers temps, heureusement. Mais globalement, l'infirmerie restait, pour une poignée d'élèves, un lieu pour parler. Se reposer de ses blessures les plus profondes. De celles qui, des fois, ne guérissent jamais, ou au contraire de celles qui n'ont laissé aucune cicatrice.
Raphael connaissait l'infirmerie comme sa poche. De sa quatrième à sa sixième année, il avait arpenté les allées de lits, les mains dans les poches. Il savait tout par coeur : les fenêtres, les dalles disjointes ici et là. Les gravures sur les murs J'étais là et autres inepties. Il la connaissait plus que tout. Il savait par exemple que le dernier lit, tout au fond à gauche, était plus large que les autres et suffisamment à l'écart pour permettre un repos un peu plus long. Il était rarement occupé. Il savait aussi que son propre bureau n'était pas loin de celui-ci. Ce bureau, que peu d'élèves connaissaient - et pour cause, la porte était cachée -, il le connaissait aussi.
Parce que c'était le sien.
Lorsqu'il était encore élève, il appartenait à l'ancien infirmière, qui en tenait la porte fermée à double tour, de peur que les élèves ne viennent substituer quelques substances qu'ils auraient pu fabriquer à moindre coût en empruntant des ingrédients au cours de potions. Désormais, la porte en était toujours ouverte : il voulait voir les élèves. Les entendre lui parler.
Il s'était dit qu'aménager, dans ce bureau, un espace pour s'exprimer n'était pas plus mal.
 
Le bureau était de taille confortable : pas assez grand pour qu'il y ait une distance énorme entre la table de cerisier couverte de papiers et les sièges et poufs en rond - la distance pourrait signifier un recul, casser le lien entre l'élève et l'infirmier -, mais pas trop petit au point que les sièges soient les uns sur les autres.
En face de son bureau, donc, il avait placé des sièges aux couleurs fanées, récupérés ici et là. Des poufs, un de chaque couleur de chaque maison, les entouraient, un canapé et sur une table d'appoint on pouvait trouver tout le nécessaire indispensable pour écrire et dessiner.
L'expression a tant de voies de communication.
 
Raphael aimait l'infirmerie. Il aimait son infirmerie. Les étendards sur les murs. Les lits vides. L'odeur légère de sucre qui y flotte, celle de café beaucoup plus forte. Les rideaux qui filtrent une lumière presque bleue par moments. Les pas des jeunes qui résonnaient sur le sol dallé. Les blagues qui volaient, de temps en temps.


Il aimait son infirmerie la nuit, aussi, quand il buvait son café, assis sur un pouf doré déglingué devant une fenêtre découverte. La lumière de son bureau, filtrant par la porte toujours ouverte, jetait un carré proprement jauni sur le sol de la grande pièce vaguement éclairée.
Le blond aimait ces instants de paix et de calme. Il ne comptait pas dormir, ce soir. Il se poserait sûrement dans son bureau, un livre à la main et le corps sur le sofa du coin, à éviter les souvenirs qui passaient dans sa tête.
Ce serait un travail de titan. Mais ça serait sûrement mieux que de dormir, de s'enfoncer dans des cauchemars illisibles et étouffants.
Des bruits de pas résonnèrent sur le sol, à l'autre bout de la salle. Il tourna la tête, se redressant. Ne jamais aller à la rencontre de l'autre. Toujours attendre.
Toujours leur laisser le choix d'avouer leur blessure ou de venir, emmaillotés dans leur fierté.
 
Je peux t'aider ?
C'était une question simple, sans méchanceté. Juste une interrogative.



 
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Alec O. Fawkes
Gryffondor

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MessageSujet: Re: You're feeling high and low, but you don't know what to think [Alec]   Ven 22 Avr - 19:45




Night talk.



Raphael Hope & Alec O. Fawkes

Le RP se déroule un peu dans le futur, après un RP qu'on doit faire avec Arthur.

"Pourquoi." - C'est sûrement la question que tu te poses le plus. Pourquoi est-ce que cette personne sourit, pourquoi est-ce que cette personne est en colère. Pourquoi se lever si tôt le matin, pourquoi se coucher si tard. Pourquoi continuer de faire ce qu'on déteste, pourquoi sourire quand rien ne va. Pourquoi fermer les yeux quand quelque chose ne nous plaît pas, pourquoi se mentir et mentir aux autres pour souffrir en silence. Pourquoi, pourquoi, pourquoi.
Et t'as beau avoir l'air de quelqu'un qui s'en fout, de quelqu'un qui prend tout à la légère - tu penses pourtant beaucoup. Surtout la nuit, quand tu es seul et que tous tes amis sont endormis. Dans le calme de la nuit et sous la lumière des étoiles, t'es là,  incapable de fermer l’œil parce que tu penses et repenses à tout et à rien à la fois. Ça t'arrives souvent, ces insomnies. Parfois tu luttes et tu tentes de t'endormir de toutes tes forces, parfois tu laisses juste tomber sans même chercher à te battre. Il t'arrive même de te glisser dans le lit d'Edward pour lui parler de tout et de rien, alors que celui-ci se rendort contre toi presque aussitôt. Parce qu'il y a des nuits où tu as juste besoin de déblatérer des propos sur tout et n'importe quoi sans avoir besoin de réponses en retour.

Puis il y a aussi les nuits comme celles-ci. Des nuits qui soulèvent des questions trop importantes, des nuits qui te poussent dans les bras d'un sentiment d'impuissance que tu détestes plus que tout.
Et cette nuit, le grand problème qui occupe ton esprit s'appelle Arthur.

Au fond ça te rend triste, parce qu'Arthur ne devrait pas être un problème. Arthur devrait être une solution. Il devrait être cette personne vers qui tu te tournes quand ça ne va pas, à qui tu pourrais parler à n'importe quelle heure du jour et de la nuit et que tu pourrais enlacer et embrasser dès que tu en as envie.
Seulement voilà, ce n'est pas le cas. Arthur n'est pas avec toi. Pourtant t'y as crû très fort, plusieurs fois déjà. Mais non, rien. Juste un dur retour à la réalité au lendemain des soirées.
Tout a commencé à la  MUGGLE & PRIDE NIGHT, qui était sûrement l'une des meilleurs soirées de toute ta vie. Déjà parce que c'était une soirée pride et que tu as pu porter un magnifique corset et des talons hauts mais aussi parce que t'as pu danser et t'amuser au milieu de gens géniaux. Et surtout parce qu'à la fin, une fois seul dans votre coin, Arthur t'as embrassé. Vous aviez bu et fumé mais c'était quand même un merveilleux baiser que tu n'oublieras jamais. T'as bêtement crû que c'était sincère et que ça marquait le début d'une belle histoire entre vous. Tu t'es fait des films, tu t'es voilé la face, bêtement aveuglé par tes sentiments d'adolescent.
Parce que le lendemain Arthur t'as à peine regardé, visiblement trop honteux.
Soit disant qu'il avait trop bu.
Et comme un con, t'as rien dit, parce que ce genre de choses arrivent. Les erreurs arrivent. Puis la vie a repris son cours et tu t'en es remis. T'as oublié, ou du moins t'as prétendu oublier.

Sauf qu'Arthur a recommencé une deuxième fois, puis une troisième. Et chaque fois, ça te tues un peu plus. Parce que tu peux pas arrêter de te demander "pourquoi."
Et parce que tu as besoin de réponses, tu décides d'aller voir la seule personne à qui tu peux parler dans ces cas là. Tu te fiches qu'il soit 3 heures du matin et tu te fiches qu'il soit en train de dormir. Tu as besoin de comprendre pourquoi.
Alors tu tapes à sa porte trois coups et dès qu'il t'ouvre, tu balances ce que t'as sur le cœur. La question qui te brûle les lèvres depuis maintenant des heures.

— « Pourquoi est-ce qu'on choisit d'aimer les gens qui nous font souffrir ? »

   

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Raphael Hope
Poufsouffle

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Poufsouffle




MessageSujet: Re: You're feeling high and low, but you don't know what to think [Alec]   Ven 22 Avr - 22:54



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Raphael se décala pour le laisser entrer. Il connaissait l'élève. Comme il l'avait dit, il lui était simple d'accepter tout le monde et surtout ceux avec une question au fond de la gorge, qui les brûlaient depuis des minutes, des secondes, des éternités pour l'âme. Il referma la porte derrière lui, la lumière se taisant dans l'infirmerie. Il n'y avait personne. Et il doutait qu'il veuille se faire entendre du silencieux écho qui peuplait les grandes salles de l'école à cette heure de la nuit.
Il s'assit sur son bureau, posant sa tasse sur le support prévu à cet effet. Tâcher le bois ne servirait à rien. Il l'invita d'un geste à entrer, à prendre place où il voulait. Sur la table, le sol, le bureau, la vitre. Sur le sofa. Peu importe. Là où il se sentirait bien. Les mots étaient douloureux, il pouvait les sentir briser ses lèvres.
La première réponse qui lui vint fut simple. Presque médicale. Une citation à la con, qu'on retrouvait sur les agendas des pisseuses, sur des pages de l'Internet moldu, sur des blogs de pré pubère en manque de romantisme et accros à des histoires fictives déjà mal écrites. C'était un truc qu'il avait emprunté à l'espèce de philosophe, mathématicien, français de surcroît. Un gars qui pariait sur l'existence du Très-Haut en étant lui-même très bas. Ses mains reposées sur le bois du bureau, il avait juste l'air calme. Il n'avait pas encore bien compris la question. Il n'avait pas compris, peut-être, combien la question aurait d'écho chez lui.

Le coeur a ses raisons que la raison ne connaît point. Tu ne peux pas... Tu ne choisis pas de qui tu tombes amoureux. Malgré tout ce qu'on pense.

Il respira doucement.

Je me doute qu'une citation ne va pas t'avancer.

Doucement, les mots commencèrent à prendre leur chemin jusqu'à son esprit. Il ne s'effondra pas. Rien ne s'ébranla en lui. Il ne sourit pas.  Mais les blessures étaient toujours là. Une lueur dans ses yeux s'éteignit. Il tenta de ne rien laisser paraître, mais le nom tournait en rond dans sa tête. Les souvenirs affluaient, lentement, dégoulinants de mots qu'il avait espéré ne plus jamais entendre et, plus important, ne plus jamais devoir subir. Il savait que c'était inutile de lutter.
Même s'il ne dormait pas, à cette heure avancée de la nuit, son cauchemar le poursuivrait même ici.

Raphael but une gorgée de son café, toujours fumant. Dans un coin de la pièce,  accrochée au niveau de la porte, à côté d'un portemanteau vide, il conservait une photo de sa cinquième année à Poudlard. Les couleurs tourbillonnaient. C'était une fête, des confettis volaient, blancs et or. Le sol resplendissait, parquet ciré. Ils étaient dix sur la photo. Trois Poufsouffle, cinq Serpentard, deux Gryffondor. Raphael était le plus petit, entrain de tourbillonner éternellement dans les bras d'un homme qui, présentement, lui écrabouillait joyeusement le coeur inconsciemment à travers les mots d'Alec.
Ce n'était pas de la faute du Gryffondor. Il ne savait pas. Personne ne savait. Juste Hannah.
Et encore.
Elle était morte.

Le jeune homme, à peine neuf ans de plus que lui - accéder aux dossiers des élèves avait le bon avantage de savoir leur âge -, n'attendait certainement pas de réponse vague. Pourtant, c'était compliqué.
Raphael savait combien les mots pouvaient compter. Que faire tout sortir, dans un tourbillon violent, c'était pour le mieux, toujours.
C'était bien pour ça qu'il avait ouvert le cabinet, pas vrai ?

Je pense... Qu'on n'a pas le choix. Qu'on ne peut pas prévoir à l'avance. Que même si une relation est vouée à ne jamais exister, ou une partie à blesser l'autre, on essaye toujours. J'ai pas de réponse. Peut-être...

Il coula un regard vers la photo.
La passion fait toujours souffrir. Alors, si on a peur de ça, on renie l'amour. Tu ne penses pas ?  
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Alec O. Fawkes
Gryffondor

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MessageSujet: Re: You're feeling high and low, but you don't know what to think [Alec]   Jeu 5 Mai - 14:40




Night talk.



Raphael Hope & Alec O. Fawkes

Le RP se déroule un peu dans le futur, après un RP qu'on doit faire avec Arthur.

Au fond t'attends pas vraiment de réponses. Tu sais qu'on peut pas t'en donner, que tu choisis pas qui tu vas aimer. C'est juste que tu commences à être fatigué d'échouer. Encore et encore tu choisis les mauvaises personnes à aimer, comme si le destin te poussait sans relâche vers les déceptions amoureuses. A croire que dans la famille Fawkes, tomber amoureux était interdit.
Peut-être que c'était une sorte de malédiction au final. Après tout tes parents, c'était pas l'histoire d'amour de l'année. Ta mère a rencontré ton père dans une soirée de bourges et l'a épousé pour son argent, pas parce qu'elle l'aimait. Une sorte de mariage arrangé en quelque sorte, leurs parents avaient tout calculé. Depuis ils se supportent, mais tu doutes que leur mariage puisse durer encore de nombreuses années sans infidélités.  Tu trouves ça foutrement triste et tu t'es toujours promis de jamais leur ressembler. Seulement voilà, à force, t'as bien envie de baisser les bras. Au pire t'es bien tout seul, t'as pas besoin d'avoir un copain. T'as pas besoin d'Arthur, t'as pas besoin de lui dans ta vie.  
Tu fronces les sourcils alors que l'infirmier te sors une vieille citation moldue, surpris qu'il te claque ça dans la gueule en guise d'explication. Tu t'attendais pas vraiment à une vieille phrase clichée et tu restes un moment la bouche entre-ouverte, à le regarder d'un air mi-surpris/mi-blasé.
Pendant un instant, tu regrettes un peu d'être venu le déranger.  

— « En effet. »

Ta voix est comme à son habitude cassée, comme si t'avais trop fumé ou juste jamais vraiment mué.
T'observes l'infirmier un moment et t'as l'impression d'avoir déclenché quelque chose en lui. Ou plutôt d'avoir éteint quelque chose. Comme si t'avais soufflé sur la flamme d'une bougie sans t'en rendre compte. Son regard est presque vide, le silence lourd dans la pièce. Tu le regardes boire une gorgée de café, toujours debout. Tu sais pas trop quoi faire, t'oses pas bouger.

Après ce qui te semble être une éternité, l'infirmier reprends la parole. Tu clignes des yeux et l'écoute avec attention, essayant de t'imprégner de chacun de ses mots. Tu trouves honorable qu'il tente de fournir une réponse à cette question impossible.
Au fond tu sais que malgré tout  ce qu'Arthur pourra faire, il aura toujours une place dans ton cœur. Que vous soyez ensembles ou pas, il sera toujours là, dans ton esprit. Seul le temps pourra t'aider à aller de l'avant et aucun Homme sur cette terre ne pourra te fournir t'explications sur le "Pourquoi on aime". On aime, c'est tout. Ou alors on n'aime pas, et dans les cas, tu ne sais pas ce qui est le plus triste.
Tu hausses les épaules alors qu'il te retourne plus ou moins la question. Sûrement que rien ne peut être simple, qu'on se complique toujours la vie. Que les histoires d'amour faciles, ça n'existe que dans les livres ou à la télé.
Tu soupires un coup, tirant finalement une chaise pour t'asseoir en tailleur dessus.

— « J'en sais rien. J'en ai juste marre de toujours tomber sur la mauvaise personne. » Tu passes une main dans tes cheveux, bien trop éveillé au vue de l'heure tardive.  « Est-ce que le problème viens de moi ? Est-ce que je suis trop con ? Ou trop gentil ? Pas assez comme il faut ? »

Tu souffles, plus agacé que triste désormais. Peut-être que tu devrais juste oublier l'amour et juste baiser des gens ça et là, au moins ça t'éviterait de souffrir pour rien. Peut-être que ce serait la seule solution. Peut-être qu'il serait temps de grandir et d'ouvrir les yeux.

— « L'amour, c'est pour les gamins. »
   

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Dernière édition par Alec O. Fawkes le Jeu 21 Juil - 11:35, édité 1 fois
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Raphael Hope
Poufsouffle

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MessageSujet: Re: You're feeling high and low, but you don't know what to think [Alec]   Ven 6 Mai - 13:09



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Raphael suivit des yeux les mouvements du jeune homme. Il ne pouvait pas lui imposer son histoire ou sa vie : le copier-coller, c'était bien trop moche et puis franchement, qui avait envie de l'écouter ? Il se leva doucement. Rester immobile faisait juste s'accrocher et s'approcher des souvenirs. Il se mit à marcher dans la pièce, sans s'intéresser vraiment aux directions. Le mieux, dans ce genre d'exercice, c'est que si quelqu'un nous parle, nos propres pensées passent en arrière-plan, même pour quelques secondes. Il savait que l'heure était propice aux mauvaises pensées, l'heure qui semblait s'éterniser. L'heure où les fantômes tanguaient entre bien et mal, tentés de faire peur aux vivants pour méchanceté, et où ceux encore bien vivants décoraient les pensées de leurs anciens amis ou ennemis de souvenirs dangereux.
Raphael avait besoin de tripatouiller quelque chose. Il s'empara d'un  bout de papier, commençant à le déchirer méthodiquement. Ca occupait ses mains. Il avait le regard focalisé sur Alec : il s'agissait tout de même de lui montrer qu'il était bien loin de ne pas lui prêter attention. Après l'avoir laissé terminé sa phrase, et s'être demandé brièvement si ses cheveux étaient autant en bordel et difficiles à coiffer que les siens, il reprit la parole.

Tu es loin d'être con, Alec. Je peux te l'assurer. Les vrais cons, ce sont ceux qui font ça sans sentiments derrière. Du genre de ceux qui te posent des lapins sans s'excuser pour juste ensuite te b-- Il s'arrêta, avec un mouvement de la tête pour éviter de parler de ça. Pas qu'il soit prude, mais parler de sexe avec les élèves n'était pas exactement ce qu'il envisageait comme acceptable.
Tu n'as aucun problème, d'accord ?

Son ton de voix s'était adouci. Là encore, il se demandait si, derrière, il n'y avait pas la pression d'une société qui aurait pu lui faire croire ça. Alors, peut-être que la société moldue et sorcière était devenue plus acceptable sur ce point, plus relâchée. Il n'empêchait que personne ne pouvait savoir ce qu'il se disait derrière des portes closes. La pression sociale pour trouver un compagnon. C'était stupide, hein. Mais c'était comme ça.

Il tira une chaise, pour se mettre en face d'Alec. Etablir un lien, le papier entre ses doigts de plus en plus déchiré, de plus en plus petit, comme l'impression que ses paroles prenaient, enfin, du sens.

L'amour, c'est pour ceux qui veulent y croire. Certains vivent sans, très bien même, Il répondit. Son esprit tournait à plein régime, sur tout ce qu'il savait de l'amour. En même temps, une déception amoureuse ne vous en paralysait qu'un temps. Il venait toujours un moment où nos yeux accrochaient quelqu'un d'autre. Un moment où une relation commençait.

Après, tout dépend de ce que tu ressens. Est-ce que tu penses pouvoir vivre sans cette personne ? Est-ce que tu penses pouvoir un jour l'oublier ? Ou renoncer à ces sensations qui te prennent quand tu la vois, quand tu lui parles, quand vous vous effleurez consciemment ou non ?

Il se passa la main dans ses cheveux, sa blouse glissant légèrement sur ses poignets. Il devrait probablement l'enlever, ça ne servait plus à rien. Il avait confiance en le jeune homme, après tout.
C'est compliqué, Admit-il. C'est compliqué, de se dire qu'on a des sentiments qui nous blessent plus qu'autre chose. Surtout quand on place sa confiance dans quelqu'un comme ça. Parce que l'amour, c'est aussi de la confiance. Parce qu'on ne comprend pas toujours pourquoi les gens font ce qu'ils font.

Le silence s'installa. Léger. Confortable. C'était un lieu sûr, pour ceux qui se promettaient d'y croire, de placer une confiance en Raphael. Il était là pour eux, après tout. Comprendre les gens, ça servait.

Café ?

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Alec O. Fawkes
Gryffondor

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MessageSujet: Re: You're feeling high and low, but you don't know what to think [Alec]   Jeu 21 Juil - 0:35


Night Talk

 Tu l'écoutes parler sans vraiment faire attention au sens des mots. T'es juste coincé dans cette espèce de transe nocturne, incapable de fermer l’œil et pourtant épuisé. Tu rêves de pouvoir dormir et rêver sans pour autant réussir à tomber dans les bras de Morphée. Alors foutu pour foutu, t'acceptes la tasse de café proposée. Peut-être que ça t'aidera à y voir plus clair, peut-être que comme ça, t'arrêtera de te monter la tête sur tout et n'importe quoi. En même temps faut dire que les histoires compliquées et désastreuses, tu commences à les collectionner. Entre ça et ta famille, t'as parfois tendance à déprimer. Tu demandes pourtant pas quelque chose de compliqué : Tu veux juste être aimé. T'as besoin de ça dans ta vie pour aller bien et tu désires plus que tout trouver cette personne si spéciale qui te tiendra compagnie toute la vie. C'est peut-être niais, mais c'est comme ça. T'as toujours rêvé de ce mec parfait qui te comprendrait et t'écouterait. Un mec pas forcément très beau ou très riche, juste la bonne personne pour toi.
Le problème, c'est qu'à force de courir après le bonheur, on finit juste par se ramasser en beauté. Encore et encore, tu t'es rétamé par terre, accusant échecs après échecs.  Trop gentil et trop con, t'as quand même continué sans te laisser abattre. Et même quand on a joué avec toi par pur plaisir sadique, tu t'es laissé faire sans rien dire à personne, préférant sourire devant tes amis et oublier cet épisode honteux.  

Le nez sur ta tasse de café fumante, tu profites de cette odeur agréable sans rien dire, trempant à peine tes lèvres dans le liquide. Tu essaies de réfléchir à tout ce que l'infirmier a dit. De formuler une réponse correcte. Quelque chose, n'importe quoi. « Je sais pas ... Je sais pas quoi faire. Je l'aime vraiment beaucoup et j'arrive pas à m'empêcher d'y croire un peu, même si pour l'instant ce qu'il me fait me fait juste mal. » Tu soupires un coup, puis boit une gorgée. La boisson te brûle la gorge mais la sensation te fait du bien malgré tout. Tu sens à peine l'amertume du café, ta bouche pâteuse étant à moitié anesthésiée. T'es là sans vraiment l'être en fait, un peu comme un fantôme qui a perdu toute sensation de son corps. Parfois t'as l'impression de cesser d'exister et ça te fait du bien autant que ça te fait peur. « Tu sais, je crois que mon vœu le plus cher, c'est d'être aimé par quelqu'un. Mais d'être vraiment aimé, tu sais ? » Tu relèves tes yeux noirs vers lui et tu te demandes s'il est comprends. T'es sûr qu'il comprends.   « Quand on le dit on a l'impression que c'est facile et que tout le monde peut le faire, mais c'est sûrement la chose la plus dure au monde en fait. » Tu le sais bien maintenant, tu l'as compris. L'amour, le bonheur, vivre ... Ça n'a rien d'une partie de plaisir.

Un petit silence s'écoule entre vous et avant que Raphaël n'ait le temps de mettre à plat ses réflexions, tu poses une question qui te brûle les lèvres. « Tu l'as rencontré toi, ton grand amour ? » Parce que tu veux savoir, parce que t'es curieux. Tu veux connaître son expérience, tu veux te sortir de ta propre histoire au travers d'un autre. Tu veux oublier les mots "traînée" ou "pute" qu'on a gravé sur toi en te jugeant trop vite parce que tu enchaînes les relations. Alors les yeux rivés sur l'infirmier, tu t'allumes une cigarette. Parce qu'après tout il est si tard et que tout est permis. Parce qu'il est si tard, que tout peut être dit.
   


code modifié - originel de ©pathos.

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Raphael Hope
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MessageSujet: Re: You're feeling high and low, but you don't know what to think [Alec]   Sam 23 Juil - 12:03



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Raphael, après l'acceptation du jeune, s'approcha de son antique machine à café qu'il fit fonctionner. Heureusement pour eux, il restait de quoi faire à Alec une large tasse, noire comme la nuit, amère comme la stupidité d'un oubli, brûlante comme les erreurs. Un bon remède aux questions de la soirée. Le temps semble toujours s'arrêter, devenir une éternité, entre minuit et quatre heures du matin : sorte de faille dans l'horloge bien réglée, chaque instant passe et se ressemble pour se camoufler tel le long moment d'attente où tout le monde dort autour de vous.
Les conversations ne prennent de sens qu'à ce moment-là. Ca explique pourquoi, lors d'une insomnie, on ne peut trouver le sommeil sans se repasser en boucle des mots d'êtres ayant marqués nos vies, nos erreurs et nos choix.
Raphael lui rapporta sa tasse, aux couleurs de Gryffondor. Il avait tout un lot de vaisselle colorée pour chaque maison, certains élèves étant excessivement fiers et refusant de boire dans des gobelets en plastique blanc, qui en plus détruisaient la nature. Raph aimait bien ses tasses, assiettes et verres colorés. Ce n'était pas un problème. Tout au long de son voyage autour de la pièce, cependant, il n'avait pas cessé de prêter attention au jeune homme, dont la voix charriait plus de douleur qu'il ne voulait sûrement en laisser paraître. L'amour est une pute.

Je te comprends, dit-il avec un regard confiant, une voix posée. Il était ouvert à la discussion, ouvert aux paroles. Il savait à quel point il ne lui fallait pas interrompre Alec, sans quoi le jeune homme se perdrait sans doute dans ses mots. Plus les paroles venaient du coeur et mettaient à nu, plus il semblait important de s'en éloigner, d'agripper le moindre sujet de conversation pour tenter de recouvrir les blessures qu'on voulait dévoiler.
Et puis vint la question.
Au tour de l'infirmier de se rattraper sur les paroles d'avant, de tenter de ne pas se mettre à nu pour lui exposer douloureusement tout ce qu'il avait foutu en l'air.

Si tout le monde pouvait faire ce qu'on dit, on aurait plus de problèmes. Les promesses seraient inutiles, car elles ne seraient plus des conjonctures auxquelles on tente d'insuffler la vérité. Juste des histoires sur le futur, comme la météo. Il divagua pendant une phrase. Pas plus.

Aimer est dur, quand on est seul, parce que c'est une épreuve collective. C'est une souffrance qui s'annule. C'est pour ça que tu te sens mal. Tu peux te laisser aller à la douleur, mais n'oublie jamais que quelqu'un ressent pour toi la même chose. Le besoin de te trouver.

Le médecin respira doucement, pour se calmer. Il avait confiance en le jeune. Il n'était pas du genre à aller courir de partout en criant olololol le dokteur a ds problaim. Ce qui est un phénomène rampant et passablement ennuyeux de la société. La cigarette qu'il alluma ne gêna pas le blond. Il agita sa baguette, afin de filtrer l'air, que son bureau ne sente pas.
Il recommença à marcher dans son bureau, manifestement agité. Tout irait bien, il essayait de s'en convaincre. Tout irait bien.

J'ai rencontré quelqu'un. J'étais un peu plus jeune que toi, en quatrième année. On était proches. Il désigna la photo sur le mur. Le jeune Raphael faisait coucou depuis le cadre, le bras du plus grand Poufsouffle autour de sa taille, possessif quasiment. Ca date de nos un an. On avait fait une fête, dans la Salle sur Demande, à la fin de l'année. Je pensais que c'était mon grand amour.

Instinctivement, il passa ses doigts sur ses poignets, comme pour vérifier qu'ils n'étaient pas tâchés. Tout était calme. Tout allait bien se passer.

Puis je me suis rendu compte que, pour lui, aimer, c'était... Extérioriser sa propre souffrance sur les autres, mais surtout sur moi, qui était disposé à l'accueillir.
Les mots avaient du mal à sortir, mais son corps restait sec. Sec de larmes, sec de sang. Sous ses ongles, les cicatrices ne demandaient qu'à se réouvrir. Dans sa tête, c'était déjà fait.
Et puis... Sa bouche était sèche. Il secoua la tête, plus rien ne pouvait sortir. Il tenta de reprendre la parole, mais sa voix s'était perdue dans les souvenirs.

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Alec O. Fawkes
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MessageSujet: Re: You're feeling high and low, but you don't know what to think [Alec]   Dim 24 Juil - 15:50


Night Talk

 
Tu n'aurais probablement pas dû poser cette question. Tu aurais dû la garder derrière tes lèvres et la ravaler, plutôt que de demander à Raphaël de replonger dans des souvenirs douloureux. C'était presque égoïste de ta part et méchant d'avoir fait ça, mais tu n'as pas su t'en empêcher. Les mots ont coulé hors de ta bouche sans que tu ne puisses les retenir. Sûrement que tu voulais arrêter de penser à ta propre peine et que rebondir sur celle des autres semblait t'être la meilleure solution. Seulement voilà, il est clair que tu n'aurais pas dû faire ça. Que la vie de l'infirmer ne te regarde pas.
Café en main, tu tires une longue bouffée sur ta cigarette et regarde la fumée s'évaporer dans les airs. Tu te demandes s'il a raison et qu'une personne sur cette terre à vraiment besoin de te trouver toi pour être heureux. Tu te demandes s'il ne dit pas juste ça pour te faire sentir mieux mais tu préfères ne rien dire, te concentrant sur son histoire à lui. Parce qu'à partir de maintenant, tu n'importes plus vraiment.
Il faut dire que tu as toujours aimé les histoires des gens. Tu aimes t'asseoir dans un coin et regarder la vie défiler, t'imaginer les histoires des passants qui marchent devant toi sans te remarquer. Tu trouves les autres fascinants et tu aimes les écouter parler. Tu aimes faire parti de leur vie et tu aimes vivre à travers leurs histoires pour t'oublier.

Tu observes Raphaël raconter son histoire en prenant compte tous les détails. Sa voix qui déraille un peu, la douleur dans son regard, sa façon de toucher ses poignets. Tu essaies de tout notifier, de tout comprendre. Tu lèves les yeux vers la photo et sourit doucement devant la joie qui émane de l'infirmier plus jeune. Et pendant une petite seconde, tu le jalouses un peu. Parce que tu aimerais avoir ce genre de photos toi aussi, avant de réaliser que c'est sûrement mieux ainsi. Pas de mauvais souvenirs ou de regrets à regarder sans relâche.

Tu frémis alors qu'il explique que son ex petit-ami était violent envers lui. La nouvelle sonne comme un coup de glas entre vous et tu en oublies presque de respirer tellement la souffrance se lit sur son corps. Figé sur ta chaise, tu le regardes avec de grands yeux, le silence de cette phrase laissée en suspens te pesant soudainement beaucoup trop. Tu t'en veux d'avoir demandé ça et tu t'en veux encore plus de rester silencieux. Tu devrais trouver quelque chose à dire mais rien ne semble suffisant. Tu bégaies malgré tout un pitoyable "désolé" avant de reposer ta tasse vide aux couleurs du courage sur le bureau. Tu déglutis et termine ta cigarette fébrilement, l'écrasant finalement contre le fond de la tasse et l'abandonnant là. Tu ressens son mal-être et sa peine, au combien il a pu en souffrir. Alors soudainement, tes problèmes te semblent soudainement bien léger. Ta souffrance, presque désuète. «  Pourquoi tu gardes cette photo si ça t'as fait tellement de mal cette relation ?  » Tu ne comprends pas pourquoi il s'inflige ça, pourquoi il veut faire face à la douleur constamment. Faire face à un passé cruel, à un bonheur envolé trop tôt.    


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Raphael Hope
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Poufsouffle




MessageSujet: Re: You're feeling high and low, but you don't know what to think [Alec]   Dim 24 Juil - 22:50



Don't ask the mirror ball you better ask yourself
I think you know the answers but maybe you can't tell

ft. Alec qui est fabfab


Raphael prit une minute pour se calmer. Il n'avait pas à y repenser. Il n'avait pas à revoir tout ça, pas à le revivre. Ses yeux semblaient embrumés, leur couleur délavée comme un fond de café froid au fond d'une tasse dégueulassée par le temps, embrumés par les souvenirs qui tentaient sans succès de s'effacer. Le jeune infirmier se remit à marcher, cette fois pour aller prendre un verre d'eau où flottaient plusieurs glaçons. Quatre, exactement. Il les regarda rapetisser dans le récipient en plastique alors qu'il comptait doucement dans sa tête ses battements de coeur.
Non, il était toujours vivant.
Il fit quelques pas pour aller s'asseoir à côté d'Alec. Quitte à devoir tout expliquer, il préférait le faire à côté. Pas trop près, non plus. S'agissait pas de rendre l'élève inconfortable, anxieux ou quoi que ce soit. Juste de répondre. Raphael disait souvent que parler aidait les gens à se soulager. A empêcher leurs secrets de se désarticuler dans leur poitrine à chaque respiration, voire de les laisser sortir à la place d'un éternuement. Ca arrivait. Ca arrivait bien trop souvent. Lui qui se targuait d'offrir l'écoute aux enseignants et aux élèves, qui semblait toujours prêt à les écouter, semblait prompt à appliquer la technique inverse sur lui.
De toute manière, personne n'aurait voulu l'écouter. Sauf ce soir, mais peut-être était-ce juste l'heure. Il commença à se tripatouiller les doigts, retirant des bagues imaginaires et les refermant sur sa paume. Il semblait par instants agités de violentes pensées, qui le parcouraient et ternissaient son regard, le teintant de gris pour une courte durée.

C'est grâce à lui que je suis là. Si j'peux dire ça. Et la garder, c'est surtout pour les autres. C'est pas tant le bonheur que j'ai pu avoir avec lui, ou ce qu'il m'a infligé qui ressortent de cette photo. C'est le souvenir d'une année où j'ai pas eu à m'inquiéter. Un souvenir d'une vie presque antérieure, tu vois. C'est la sixième année où tout s'est foutu en l'air.

Et moi avec.
Il sourit, regardant le sol, ses mains jointes. Il les serra, plusieurs fois, en haussant les épaules à la fin. La pièce, toute son atmosphère, était cent fois plus lourde désormais. C'était une lourdeur quasiment nostalgique, sereine, dans l'attente d'un mot qui la ferait basculer vers la tragédie, l'horreur ou l'inconfort total.

C'est une de mes raisons de rester ici. Me dire que j'ai vécu, que j'vivrai encore ça. Qu'entre ce qu'il y a sur le mur et la fin, je connaîtrai d'autres moments du genre. Il se mordilla la lèvre inférieure. Même s'il y a eu des moments compliqués, des passages à vide.

Raphael tourna la tête, ses coudes appuyés sur ses cuisses, son corps légèrement penché en avant. Il tentait de réguler sa respiration, encore et toujours. Respirer, ça faisait tout. Alors pourquoi l'envie de pleurer le reprenait-il encore ?

J'ai pas connu le grand amour. Mais j'étais jeune et j'étais con. Idéaliste, fragile et sans doute trop stupide pour comprendre que décemment, il était loin d'être quelqu'un de fréquentable.

Il laissa un autre silence, un peu court, s'installer. Il ne voulait pas qu'Alec finisse dégoûté de l'amour. Il ne voulait pas que le jeune renonce à ça. Il sourit brièvement, mais le coeur n'y était pas. C'était un sourire de circonstance.

C'était mon histoire pathétique, finit-il avec un petit soubresaut des épaules. Un cas isolé d'amour stupide qui laisse des séquelles. Je veux pas te pourrir ton romantisme parce que je suis un abruti fini. Je veux pas que tu abandonnes les sentiments par peur de blesser ou de te faire blesser. Que tu sois prudent avec l'être aimé, oui. Mais pas que tu y renonces. Tu as la chance d'aimer quelqu'un, fonce.

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Comme dans les vapeurs de l'éther.
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Alec O. Fawkes
Gryffondor

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Gryffondor




MessageSujet: Re: You're feeling high and low, but you don't know what to think [Alec]   Lun 25 Juil - 18:53


Night Talk

 
Tu te sens terriblement petit, ainsi installé aux côtés de l'infirmier. Tu as l'impression de n'avoir rien vécu de ta vie et de t'inquiéter pour des choses bien bêtes. Des choses presque futiles même. Qu'importe après tout, si tout ne se passe comme prévu pour le moment. Tu as tout ton temps. Et de toute façon, à quoi bon courir après des rêves si c'est pour en oublier de vivre par la suite. Tu es jeune, tu as l'avenir devant toi et si ce n'est pas Arthur qui t'aimera, alors ce sera quelqu'un d'autre une prochaine fois. Même si on oublie jamais une blessure, elle finit toujours par se refermer, quitte à laisser une vilaine cicatrice par la suite. Ce n'est rien d'insurmontable, rien de bien terrible. C'est juste douloureux sur l'instant, mais plus le temps passe et plus on devient fort. Plus le temps passe, et moins la douleur est forte.  Tu n'as qu'à te regarder dans un miroir pour le réaliser : L'année dernière tu pensais ne plus jamais ressortir de ton dortoir pour affronter la réalité, honteux et souillé à cause de ce que garçon s'était amusé à faire. Pourtant aujourd'hui, tu es dehors et tu es passé à autre chose, tu as évolué. T'aimerais dire que tu as appris du passé, mais ça, ce ne serait pas la vérité.
Tu regardes une nouvelle fois le portrait et tu te dis que Raphaël doit être vraiment très fort désormais. Que même si ça lui fait du mal d'en parler, il est toujours là, capable de prononcer des mots qui le blessent. Tu as presque envie qu'il s'arrête et qu'il cesse de se torturer mais tu es incapable de l'arrêter. Tu es pendu à ses lèvres, absorbant son histoire par tous les pores de ta peau. Tu bois à grande gorgée cette ambiance lourde et pesante, te noyant presque dedans. Tu respires difficilement. Les phrases s'enchaînent et tu le trouves bien dur envers lui-même. Ironie quand tu nous tiens, tu n'étais pas mieux il y a 5 minutes à peine.

«  T'es pas un abruti.  »  Tu murmures ça l'air un peu vide, perdu dans cette atmosphère étouffante. T'aimerais lui crier que ce n'est pas sa faute et qu'on est tous un peu bête quand on est amoureux, mais rien ne sort. Juste le silence.
Et tu ne comptes pas laisser tomber l'amour maintenant, mais peut-être juste moins courir après. Laisser les choses se faire, ravaler une envie dévorante, voir comment tout cela va évoluer. Te détacher un peu de cette histoire pour prendre du recul, qu'importe ce que le résultat pourrait donner. «  Je vais pas abandonner, t'en fais pas. Mais je vais pas non plus trop courir après lui. Je vais juste ... Laisser les choses se faire et finir par le confronter. Si ça marche pas tant pis, si ça marche tant mieux. Mais je compte pas me battre pour une cause perdue. » Et tu espères très fort qu'Arthur n'est pas une cause perdue. T'espères vraiment qu'il t'expliquera, s'ouvrira à toi. Parce que dans ce cas-là, tu l'aidera.
Tu tournes la tête vers l'infirmier et lui souris doucement, reconnaissant. T'essaies de faire passer en un regard et une expression, toute la gratitude que tu ressens. Tu as l'impression de faire parti de sa vie, maintenant. «  Merci de m'avoir raconté ton histoire et merci de m'avoir laissé entrer dans ta vie quelques instants.   »  Tu m'as aidé, merci. «  Et c'est pas être stupide ou pathétique que d'être amoureux et aveugle. Je le réalise maintenant. C'est juste normal, on a l'impression que rien ne peut nous atteindre parce qu'on est deux. » Tu marques une petite pause. «  Et puis un jour ça s'écroule et ça blesse. C'est la fin d'une histoire, mais oui. Ça ne veut pas dire qu'il n'y aura plus jamais rien derrière.   » Et tu espères sincèrement que Raphaël n'a pas abandonné les sentiments non plus. Parce qu'il mérite un beau futur, un futur brillant. «  T'as pas abandonné, toi hein ?   »  


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