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 Réminiscence [Lorias]

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Ash G. Lynch
Serdaigle

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Serdaigle




MessageSujet: Réminiscence [Lorias]   Jeu 21 Avr - 12:36



Réminiscence
ft. Lorias/Theo
(je hais les titres ok)  


Ash avait passé la nuit à l'infirmerie. Comment elle était arrivée là était encore confus. Elle se souvenait s'être élancée dans le couloir, la tête légère, avoir dévalé un escalier ou deux, les yeux fermés, en pensant que ses pieds lui permettaient de voler. Puis, ça avait été la douleur. Le mur qu'on se prend de plein fouet, l'envie de s'écraser, violemment, dans un monde qu'elle ne connaissait pas vraiment. Elle n'avait pas eu envie d'ouvrir les yeux, des fois que quelque chose, ou quelqu'un, soit là à rire de sa magnifique chute.
Son esprit, en ce moment, ressemblait à une chute d'eau. Cascadant, éclairé, dégoûtant de force. Elle essayait tant bien que mal de se focaliser sur quelque chose de positif. De marcher encore un peu, en suivant le mur, le visage encore couvert de sang et la douleur résonnant au fond de sa tête.
Au pire, elle dirait qu'elle était tombée dans les escaliers, ça marchait comme excuse pour l'avoir utilisée une fois ou deux plus jeune.
Après tout ça, elle se souvenait d'un couloir. D'un visage, d'une personne, assez grande - plus qu'elle en tout cas - penchée sur elle, qui la soutenait. Elle se souvint avoir tout déballé... Ou du moins avoir déballé ce qu'elle pouvait. Sans doute pas grand chose.
Et puis l'infirmerie. L'odeur de café. Le lit. Le goût amer du truc qu'on lui avait fait avaler parce qu'après tout ça te fera du bien . Le repos dans la nuit, la fenêtre bleue qui découpait sa lumière calme à minuit.

C'était il y a quelques jours. Depuis, la Serdaigle avait appris à camoufler tout ça. Personne n'avait rien su, la personne l'ayant aidé lors de son voyage à l'infirmerie s'était évanouie dans les longs couloirs du château et Ash n'avait même pas cherché à la joindre. Après tout, si elle la recroisait, il se pourrait qu'elle ne la reconnaisse même pas.
Pour l'heure, par un jour assez pluvieux, celle-ci était entrain d'accrocher des petits flyers sur les murs.
Ce qu'elle avait absolument le droit de faire, du moment qu'elle ne les collaient pas sur les tableaux et qu'ils semblaient assez propres et pour une cause approuvée - donc certainement pas plus de frites au menu -.
Donc, désormais, sur les murs du couloir du premier étage -pourquoi le premier, elle en avait aucune idée -, divers petits papiers florissaient. La plupart étaient là pour lui permettre de trouver quelqu'un qui aurait retrouvé un de ses nombreux bouts de parchemin  égaré en classe - il était bleu et écrit à l'encre noire, on pouvait pas vraiment se tromper -. D'autres n'avaient pas vraiment de sens, mais elle les affichait quand même. Elle considérait que, si elle les avait faits, ils reprendraient bien du sens un jour ou l'autre.
Et enfin, les derniers, ceux qu'elle prenait le plus de temps à coller, parlaient de faire un voyage sur le lac en bateau - gracieusement prêté par l'école, rafistolé par Ash -.
Franchement. Qui ne voudrait pas faire un tour en bateau sur le lac ? Bon, même s'il était connu que, quelquefois, les bateaux étaient chopés par des trucs qui vivaient dedans. Mais là, rien à craindre, c'était parfait ! Ash saurait s'en sortir !

Elle en était là dans ses réflexions, ses cheveux ondulant dans la lumière de la journée terne, y apportant une touche de roux sombre qui semblait, même pour elle, bien trop noir.
La journée semblait donc s'éterniser. Avec un léger soupir, celle-ci, baguette en main, traça un petit coeur derrière une autre affiche en murmurant un sort. Oui, quand elle collait, elle faisait des petits coeurs. Elle appliqua ensuite l'affiche sur le mur et se retourna pour observer son travail d'artiste : vingt-sept affiches le long de l'interminable couloir. Et elle était loin d'avoir fini. Elle évitait d'en coller sur les portes, aussi : les professeurs pourraient lui en vouloir, et la dernière chose qu'elle souhaitait c'était de finir en retenue pour dégradation de portes publiques.

Se retourner lui permit également d'entendre des pas. Avec un léger sourire, elle se prépara à accueillir l'arrivant. Qui sait, peut-être qu'elle pourrait le recruter pour monter sur son bateau ? Cependant, elle déchanta rapidement. Son corps se tendit, son sourire disparut, et elle retourna à ses affiches, serrant un poing. Colère.
Heureusement pour elle, la pluie continuait de battre aux carreaux, lui assurant le calme mental dont elle aurait, certainement, bien besoin. L'autre Serdaigle était encore là.
Et elle espérait juste ne pas se faire remarquer. Présentement, juste le fait de la savoir non loin arrivait à réveiller en elle une tension palpable, un besoin de vengeance qu'elle ne revendiquait que très rarement - pour les bébés phoques, surtout.
Mais elle n'était pas un bébé phoque.
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MessageSujet: Re: Réminiscence [Lorias]   Ven 22 Avr - 14:42



Can't stop
~ Theo ~


feat Ash


Liam reposa le plateau. Il avait enfin tout distribué. Ce matin, il avait eu envie de cuisiner, cela lui manquait, alors il avait attendu le moment propice et s'était infiltré dans les cuisines. Il lui avait fallu cinq heures pour faire environ quatre cents muffins qu'il avait laissé refroidir avant d'aller les distribuer gracieusement dans les couloirs de l'école. La plupart des élèves en avait accepté un – voire deux, ou même trois pour les plus gourmands – et le jeune homme avait été remercié d'un sourire. D'habitude, il ne les distribuait pas ainsi. Il laissait des petits plateaux ici et là dans le château comme un Père Noël qui déposait discrètement les cadeaux avant de repartir sur son traîneau dans la sécurité de la nuit. Mais aujourd'hui, il avait eu envie de voir les sourires sur les visages quand il tendait à quelqu'un un plateau de gourmandises. De tous les goûts,  de toutes les couleurs, avec de jolis motifs sur le dessus, les muffins avaient eu un beau succès et il aurait fallu être idiot ou allergique pour ne pas en prendre un. Satisfait, il récupéra le muffin au chocolat qu'il s'était mis de côté et s'engagea dans les couloirs sans savoir où il allait. Sa prochaine activité, il la décidera après avoir fini sa pâtisserie ! Pour l'heure, il souhaitait simplement marcher, son gâteau à la main, prenant une bouchée de temps à autre.

Il se promena ainsi un long moment. Il aimait le calme qui régnait dans les couloirs. Il appréciait l'impression de sécurité que le fait d'être à l'intérieur un jour de ciel grisé par des nuages alarmés lui faisait ressentir. Pas un élève, pas un bruit. Juste lui et sa pâtisserie qui viendrait un jour à sa fin. Le calme fut rompu avant la fin de son muffin. Intrigué, il suivit le bruit. Il remarqua des flyers postés aux murs ici et là, il ne s'en était pas rendu compte auparavant, perdu dans ses pensées. Il les suivit et découvrit une silhouette silencieuse et immobile. C'était une Serdaigle qu'il avait déjà aperçu. Elle était plus jeune que lui de un ou deux ans, il n'en était pas certain. Il s'apprêtait à la saluer mais plus il pouvait apercevoir son visage, plus celui-ci s'éclaircissait au fur et à mesure qu'il s'approchait, plus il avait du mal à se concentrer. Liam n'était pas dupe, il savait ce qui était en train de lui arriver. Quelqu'un était en train de le forcer hors de la conscience. Il trébucha, son muffin tomba à terre, alors qu'il était éjecté.
Theo se rattrapa de justesse. Les traits de son visage se durcirent, la mâchoire désormais crispée. Il contempla un instant le gâteau sur lequel il avait failli marcher. Son regard voilé se redressa en même temps que sa tête et semblait lancer des éclairs. La même peine. La même confusion. La même colère. Encore elle, pensa-t-il. Il se souvenait très bien de la façon dont il était parti la dernière fois. Il s'en voulait toujours. Il lui en voulait toujours pour le faire s'en vouloir ainsi. C'était idiot, totalement stupide, mais il la méprisait. Sans plus la connaître que la dernière fois. Il ne savait pas quoi faire, comment agir ? Il était encore partagé entre l'envie de fuir et celle de déchaîner sa colère. Mais frapper n'ajouterait rien de plus. Il voulait qu'elle se mette en colère, qu'elle se déchaîne à son tour. Elle ne pouvait pas rester douce toute sa vie. Il était décidé à la changer.
Il s'approcha d'un mur, observant les affiches sans trop d'intérêt. Il haussa un sourcil. Il s'en fichait de ces affiches et n'aurait rien eu contre s'il n'avait pas autant de mépris pour celle qui les avait posées. Impassible, il leva un bras et en arracha calmement une qu'il déchira en deux. Il observa chaque moitié tomber au sol avant de passer à l'affiche suivante, répétant les mêmes gestes. Cela l'agaçait de faire ça mais il avait une pulsion irrépressible qui lui avait intimé une liste de choses à faire pour gâcher la vie de cette fille.



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Ash G. Lynch
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MessageSujet: Re: Réminiscence [Lorias]   Ven 22 Avr - 22:51



Réminiscence
ft. Lorias/Theo


Ash tentait de se calmer. Rien ne pourrait arriver. Peut-être la Serdaigle ne la remarquerait pas ! Peut-être que, se berçant de souvenirs de leur rencontre précédente, son eau intérieure - et elle ne parlait certainement pas d'une possible gastro-entérite - était tellement troublée qu'elle ne la remarquerait même pas. Peut-être... peut-être que de grandes choses pouvaient arriver, qui sait ? L'espoir, ça fait vivre même les cons. La rousse en savait quelque chose, malheureusement. Elle savait toujours quoi penser, que l'espoir vivait pour tous. C'était juste malheureux, toutes les formes qu'il pouvait prendre. Toutes les choses, bonnes comme mauvaises, qu'il pouvait encourager.

Ash se retourna en entendant les feuillets se déchirer. Ah non, hein ! Pas question qu'il fasse ça ! Les affiches, les arbres, le papier, ça se protégeait pas pour rien voyons ! La jeune femme croisa les bras en la voyant faire. Elle s'avanca, calme, vers lui. L'eau. L'eau la calmait. La maintenait calme. Elle semblait peut-être s'agiter un peu, mais peu à peu la colère retombait. La rousse ne se confronterait pas à lui sans raison valable. Et là, à part l'agacer et réduire à néant son travail - quoi que, si elle agitait un peu sa baguette, elle réussirait sans doute à réparer ça -, il ne faisait rien de bien grave, comparé à la dernière fois.
Elle en portait encore de légères cicatrices dans les yeux. Un vacillement incertain, caillou dans la mare. Une légère incertitude. Pourrait-elle l'attaquer correctement ? Verbalement. Elle sentait les mots lui picorer les lèvres, avides de sortir. La verve que, quelquefois, on lui prêtait, bouillonnait et menaçait de l'emporter. L'inspiration des mots éclatants. La douleur brûlante. Oui, elle pouvait, sans problème aucun, tout lui rejeter à la figure. Et même, si besoin était, bien plus. Tout lui imposer.
Peut-être la jeune femme se traînerait-elle derrière, après. Ou partirait-elle.

Je sais pas, t'as d'autres manières d'attirer mon attention. Dire bonjour est la plus connue. Ne pas saccager mon boulot, la plus polie. Eventuellement, me jeter un caillou à la tête, mais bon, la lapidation, c'est assez mortel. Par contre, je dois admettre que te comporter comme un gamin de cinq ans qui boude et fait une crise, c'est assez nouveau.

Ses remarques résonnèrent. Sa vois semblait s'exploser contre les vitres avec la pluie, et elle en était fière. Elle ne craquerait pas, pas comme la dernière fois. Elle s'en sortirait. Vainqueur Fier d'une compétition qui n'existait même pas.
Avec un soupir, la rousse murmura un sortilège qui recolla les morceaux déchirés par son aînée. C'était si simple que ça, de réparer la haine. Dommage que ça ne marche pas avec tout, sinon, ça ferait longtemps qu'elle aurait arrêté tout le monde.

Voilà. Bon. Hormis le fait que tu traverses une période émotionnellement difficile, tu as besoin de voir quelqu'un pour tout ça ? Tu sais, je connais un très bon ami qui fait de la sculpture avec des papillons. Ca te libère. vraiment. Il fait aussi des thérapies câlins, si jamais... Et puis si t'as vraiment besoin de parler, on peut toujours s'arranger. Il a un perroquet.

Peut-être qu'elle cherchait un peu, c'était vrai. Peut-être. En même temps, elle aurait pu choisir de partir. Mais elle était restée. Alors, autant chercher, tant qu'elle le pouvait. Elle s'approcha d'elle, ses pas gouttes d'eau, ses cheveux flamme qui l'ancraient à la terre et aux éléments qu'elle ne voulait pas reconnaître comme ses ancrages. Elle ne voulait que la mer. Chacun de ses pas, accompagné d'un mouvement de la baguette, faisait revivre un flyer qui se recollait, même si l'on voyait encore la trace de déchirure. Il lui faudrait réfléchir à un sort pour les protéger de connaître, à l'avenir, pareil destin.
En plus, pour un papier, ça devait faire drôlement mal.

Qu'est-ce que tu veux, désormais ? Tu peux me battre à nouveau. Ca ne changera rien. Lui offrit-elle, un sourire au bord de ses lèvres. Elle se moquait, oui, comme depuis le début. C'était bien trop tentant.

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MessageSujet: Re: Réminiscence [Lorias]   Dim 19 Juin - 14:53



Can't stop
~ Theo ~


feat Ash


Il essayait de garder son calme, mais il savait qu'il ne tiendrait pas longtemps. Elle parlait, tout en s'approchant, déblatérant tout un tas de choses inutiles. Elle ne le ferait pas changer d'avis. Si ça avait été possible, Theo irait déjà mieux. Il ne voulait pas vraiment attirer son attention. Il voulait qu'elle attire son attention. Il était certain qu'elle n'était pas si calme que ça, au fond. Qu'elle avait probablement envie de le démolir. Elle se retenait. Il ferait tout pour remédier à ça. Elle réparait ses affiches. Sa voix résonnait. Contre tout, sauf les tympans de Theo. Il entendait la voix comme un murmure, à défaut d'entendre un cri. Quand elle eut terminé son discours, il laissa le silence récupérer les mots. Il la toisa.
Elle pensait qu'il traversait une « période émotionnellement difficile » ? Pas du tout. Il se serait calmé, l'instant d'après, si personne n'était entré dans la salle commune. C'était une colère éphémère, celle qui venait et repartait aussi vite, chez n'importe quel individu. Mais cette fois-là, elle était entrée. Et à partir du moment où elle était entrée, sa colère s'était déchaînée. Le plus calmement possible, il sortit et leva sa baguette, pointant les papiers reconstitués au sol. Sans un mot, il enflamma une feuille. Puis une autre. Et encore une autre. Les affiches brûlaient désormais sur le sol de pierre. Et pendant ce temps-là, il ne l'avait pas lâchée des yeux. Enerves-toi, intimait-il. Sors de tes gonds. Il y parviendrait, éventuellement, à faire sauter les nerfs de cette fille qui avait osé faire sauter les siens.

- Qui est la personne la plus mature de nous deux, d'après toi ? Il marqua un temps d'arrêt, et reprit : Tu te fais attaquer, sans que tu saches pourquoi, et la seule chose que tu trouves à faire, c'est parler. Les mots ne te sauveront pas la vie. Bien au contraire. Tu es une chose fragile, tu ne tiendrais pas longtemps dans le monde extérieur.

Il allait lui arracher son sourire. Elle s'en fichait tant que ça ? La vie et la mort avaient-elles un sens pour elle ? Peut-être que non. Peut-être qu'elle s'en fichait totalement de mourir, tant qu'elle pouvait rester tranquillement dans sa petite bulle d'innocence. Cette fille était faible. Pathétique. Pourtant elle continuait d'énerver Theo. Il aurait dû l'ignorer dès le départ. Maintenant, il ne le pouvait plus.

- Je veux ta mort, lâcha-t-il durement. Peut-être cela la ferait-elle réagir. Je veux voir ta misérable vie quitter ton regard. Et peut-être qu'au tout dernier moment, quand il sera trop tard, tu comprendras.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Il l'attrapa par le cou, la plaquant contre le mur. Il ne voulait pas la tuer, il voulait lui faire peur. Il voulait la terrifier à un point tel qu'elle serait obligée de réagir, de s'énerver, d'essayer tant bien que mal de hurler sans oxygène. Il voulait lui faire frôler la mort. Peut-être ainsi, elle comprendra. Comprendre quoi ? Il n'était même pas sûr de le savoir lui-même.



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Ash G. Lynch
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MessageSujet: Re: Réminiscence [Lorias]   Dim 3 Juil - 23:42



Réminiscence
ft. Lorias/Theo


Souffrance. Douleur. Inquiétude. Les mots qui résonnaient, vite, plus des mots que des émotions. Le sang qui battait à ses tempes, le besoin de répliquer, le vide serein évanoui. Autour d'elle les affiches voletaient, cendres fumantes, copeaux aux bords noircis ou encore rougeoyant. Braises. Charbon. C'aurait pu en être fini si simplement d'elle, dans les flammes qu'elle ne discernait même pas. Elle eut un léger mouvement de recul, ses mains ne tentant même pas d'atteindre sa baguette.
Vide, à nouveau. Un vide ravageur, éclatant, couvert de cendres blanches. Vide après l'explosion, calme avant la tempête ? Les deux se valaient dans leur explication.
Elle ne se mit à paniquer qu'en sentant une main se refermer autour de son cou. La personne en face d'elle avait de la force. Elle avait cru, stupidement, qu'échapper en courant suffirait peut-être à se calmer. Que courir loin, fuir sur la terre, lui permettrait de ne pas finir, stupidement, plaquée contre un mur par une inconnue aux traits déformés par une rage insoupçonnée. Elle s'était juste gourée.
Comme d'habitude. Ca, ça n'allait pas changer.

Son visage serein, presque dénué d'expression tant il semblait peu surpris par la tournure des évènements - en spectateur, elle semblait contempler sa propre douleur, juge de la crédibilité de la scène - soudainement se mua en quelque chose de plus humain.
Angoisse. Colère. Souvenirs. Les sensations s'exprimaient, libres, coulant à mesure qu'elle retenait ses mots. Frapper ne servirait plus à rien. Pleurer ne ferait que la pousser plus loin encore dans le pathétisme. Hurler la pousserait à consumer des forces qu'elle n'avait pas. Réfléchir, même, devenait une chose plus qu'impossible. Elle ne savait pas.. Ses doigts se refermèrent sur sa baguette, dans sa poche droite. Elle ne pouvait pas. Penser était stupide. Ses mouvements plus qu'irréguliers. Agir à l'instinct, pourquoi pas ? Ne voulait pas. L'éthique, c'est stupide. Libère-toi, Ash. Tout ira mieux. Elle souffla légèrement d'une expiration mesurée tremblante sur la peau de son agresseur, chassant les paillettes de culpabilité. Ne devait pas.

Rien à foutre. Ses doigts sur sa baguette restaient mous, mais s'affirmèrent suffisamment pour qu'elle puisse la sortir, même tremblante. Elle n'y croyait pas. Et croire, c'était la base. On ne pouvait pas espérer qu'un sort marche sans qu'il n'y ait un tantinet de croyance. Elle ne croyait pas qu'elle s'en sortirait. Mais allez, peu importe. Le désespoir qui s'échappait avec son souffle, ça ferait l'affaire.
L'image se forma dans sa tête. Claire. Précise. Elle avait essayé de remplir une fois la salle des Serdaigle avec une piscine municipale. Mais là, elle n'avait pas besoin d'autant. Elle avait besoin de repousser l'autre, loin d'elle. Et même si un simple Stupéfix bien placé aurait suffi, le sortilège très acclamé il y a une vingtaine d'années ne ferait rien... Seul.

Elle retint sa respiration, le peu qu'il restait dans sa gorge serrée. Les papillons, les étoiles et les chandelles dansaient devant ses yeux, sa poigne s'engourdissait déjà. Elle ne croyait pas. Mais elle savait que ça marcherait. Ou du moins elle l'espérait, un peu comme on espère ne pas mourir quand quelqu'un a dans la claire idée de vous tuer.
Une détonation. Puis un jet puissant, qui la frappe à la mâchoire et sa gorge enserrée, les doigts de l'autre, frôlant son oeil. Glacé. Elle ne savait pas ce qu'elle en faisait. Elle voulait juste qu'elle lâche.
Gel. Energie. Souffle qui se perd. La baguette bougea légèrement, tentant d'atteindre l'autre visage. Quelques secondes. Quelques simples secondes où la rage et l'envie de combattre se mirent à briller dans ses yeux.
Quitte à être ridicule jusqu'au bout.
C'était un combat qui commençait à peine, s'achèverait probablement sur sa propre défaite, dans les cendres de ses idées puériles qu'elle utilisait pour ne pas être prise au sérieux par les autres. Pour que personne ne puisse se targuer de la connaître.
Elle était déjà bien avancée en le faisant elle-même.

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MessageSujet: Re: Réminiscence [Lorias]   Mar 5 Juil - 18:38



Can't stop
~ Theo ~


feat Ash


Au début, rien. Rien sur son visage, aucun souffle entre ses lèvres, rien. Pas de peur, pas de colère, ni aucune joie illogique. Rien. La main de Theo se crispa un peu plus autour du cou de cette fille au visage incroyablement neutre. Mais elle finit par venir, éventuellement, la peine, la douleur, la colère. Il la scruta. Cet air lui était familier. Cet air presque innocent. La mine de quelqu'un qui tente de résister à plus fort que lui, alors qu'il n'y avait pas de raison valable à cette agression. Son regard s'enfonça dans le sien, cherchant tout, n'importe quoi, au moins une once de différence. Mais c'était inutile. Il commençait à comprendre.

Il savait que c'était déjà arrivé, la même situation, mais pas dans le même sens. C'était il y avait bien longtemps maintenant, et il ne s'en était jamais souvenu aussi clairement. Elle était là, sur le sol. Elle ne bougeait pas. Elle ne disait rien, ne pensait rien, ne sentait rien. Pourtant, il commençait à sentir, à voir, à entendre, mais surtout, à haïr. Il la repoussa en arrière, prit le contrôle. Leurs visages le dégoûtait. Ces deux filles, là, en face de lui, et cette douleur aux jambes et au torse. On lui brûlait les jambes, avec des bâtons enflammés. On lui coupai le torse, au niveau de la poitrine, avec un caillou pointu. Elles étaient jeunes, ces filles. Il reconnut une cour d'enfants. Il était donc dans une école ? Mais dans une école, Theo s'en souvenait encore, il y avait des adultes, non ? Mais dans ce coin-là, il n'y avait qu'elles trois. Les deux filles, et auparavant Pénélope. Ces filles s'en prenaient à elle, qui n'avait l'usage d'aucun sens. Ils la trouvaient peut-être bizarre, plus qu'étrange, mais cela ne justifiait pas leurs actes. Ses mâchoires se crispèrent, mouvement que les filles remarquèrent. Oui, elle pouvait bouger, que Theo voulait répondre. En voyant l'une des filles plonger la flamme dans son nombril, il se décida non seulement à se débarrasser d'elles, leur faire peur une bonne fois pour toutes, mais aussi à toujours se montrer présent pour Pénélope, et tous les autres dont il pouvait sentir la présence. Ses poings se fermèrent sous la colère qui aveuglait la douleur infligée par les flammes et les coupures. Il attrapa le poignet tenant le bâton enflammé et le brisa. Il envoya la même fille quelques mètres plus loin d'un coup de pied dans le torse. Et l'autre, il n'eut pas besoin de l'écarter : elle s'enfuit en courant. Il souffla, essayait de se calmer. Il regarda autour de lui. Que faisait-il là ? Theo, c'était son prénom, il le savait. Qui le lui avait donné, ses parents sûrement, cela paraissait logique. Il réfléchit sur la façon dont il était arrivé là. C'était simple, en fait. Il avait senti une sorte de détresse. Quelque chose d'étrange. Il avait en quelque sorte été réveillé par un appel indescriptible. Il avait juste su, en se réveillant, qu'il devait l'aider. Cette fillette là, dont il comprenait la détresse qu'elle-même ne pouvait comprendre. Il se redressa. Il était bien petit dans ce corps enfantin. Il regarda tout autour de lui. Il était là, maintenant. Et il ne laisserait plus jamais quelqu'un s'en prendre injustement à eux, ou à autrui.

Sa main lâcha sa prise, alors qu'un filet d'eau glacée fouettait son visage. Le regard vide encore de ce souvenir retrouvé, il ne savait plus qui il haïssait le plus : elle ou lui. Il était tout ce qu'il détestait le plus. Ce sentiment de mépris personnel s'était renforcé à la réalisation du fait que cette fille qu'il voulait tant voir souffrir lui rappelait Pénélope. Il lui rappelait celle qui l'avait attiré ici, dans ce tout nouvel univers, ce monde qu'il avait semblé découvrir pour la première fois, en en connaissant pourtant large sur lui, car il savait qu'il y avait déjà vécu. Il lui rappelait son impassibilité. Pénélope ne pouvait se défendre elle-même, car elle ne sentait rien de toute façon, mais cette Serdaigle là le pouvait. C'était peut-être ça qui l'avait mis en colère, le fait qu'elle pouvait se défendre toute seule, qu'elle en avait les moyens, mais qu'elle ne le faisait pas. Elle attendait qu'on lui fasse mal. Et au pire, au dernier moment, elle essayait de vaincre avec de l'eau. Il lui en voulait, parce que l'eau n'était pas suffisante, qu'il se serait noyé pour la tuer si cela avait été son attention, qu'il l'aurait emporté avec lui au fond de n'importe quel océan, là où les eaux sont si sombres qu'on ne pouvait plus les différencier de la nuit.
- Ça ne suffit pas, lui dit-elle.
Mais il n'avait plus la force d'y mêler de la colère. Un excès de rage lui fit envoyer son poing dans le mur, à gauche de la tête de sa victime. Il ne cilla pas. Il n'avait pas mal. Pas physiquement, au moins. C'était bien comme ça qu'il pouvait la qualifier, sa « victime », parce qu'il était injuste, et qu'il ne retrouverait jamais de justesse. On ne pouvait plus rien faire quand les actes étaient commis. Ils ne pouvaient être effacés. Il était injuste, maintenant, lui. Il ne l'aurait pas cru si on le lui avait dit. Mais maintenant, c'était bien trop évident pour oser le nier. Le cœur serré, il résistait à la tentation de donner de nouveaux coups. Car il n'était plus sûr de savoir à qui il les donnerait. Il voulait avoir mal, et il aurait préféré qu'elle retourne ses coups contre lui. Parce que c'était ça, la justice. Parce qu'il savait que si elle voulait se venger, il la laisserait, à en mourir s'il le fallait.



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Ash G. Lynch
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MessageSujet: Re: Réminiscence [Lorias]   Sam 23 Juil - 11:56



Réminiscence
ft. Lorias/Theo


Réfléchir ne sert plus à rien. Le souffle qui s'est perdu, le besoin d'absolu, appel du vide inutile. Tout se confond et s'emmêle. Un, deux, trois. Tenter de respirer, tenter de bouger, plus rien. Un, deux, trois. Ca ne l'avance pas, ça ne la fait pas reculer, plus rien n'arrive. Présent de l'action, à la limite de la peur, loin de la mort, ça vaut mieux.
Elle avait en tête une escapade grandiloquente, éviter, partir en courant, viser n'importe où, jeter, hurler, se battre. Elle n'avait rien fait. Parce qu'elle était faible, sans aucun doute. Elle n'avait pas à en douter. Un, deux, trois. Ca lui suffisait bien de le penser. Ash ne sursauta pas quand le poing s'écrasa dans le mur sans qu'une vibration ne vienne l'ébranler. Elle ne fit que ce qu'elle comptait faire depuis le début.
S'éloigner. Se laisser glisser, peu importe comment, un peu plus loin. Ne pas oublier tout ce qu'il lui fallait. Un, deux, trois pas.

Rien à foutre que ça ne suffise pas.

Les mots s'écorchèrent sur ses cordes vocales quelque peu à vif encore. Elle secoua la tête. Elle ne croyait pas en la violence, et devoir s'y résoudre pour une stupidité pareille l'amenait à se questionner grandement sur des choses peuplant son esprit. Elle serra les poings, sa baguette ayant roulé au sol. Un, deux, trois. Elle secoua la tête encore une fois. Sa vision était trouble ; ses yeux secs perdaient de leur efficacité, au fur et à mesure du temps qui commençait à s'éterniser, de la pluie qui battait toujours le carreau, du monde qui tournait - sans doute un peu moins vite, mais c'était déjà ça -. Elle entendait son souffle, qui peinait à se réguler.

Je ne peux pas te répondre.

Elle attendait le rire, le 't'es qu'une pauvre conne, tu ne me connais pas' en un peu plus poli qui suintait la haine de la faiblesse de la rousse par tous les pores - si les mots avaient des pores -. Elle attendait qu'on lui revienne à la figure. Elle récupéra sa baguette en se penchant, gardant les yeux sur son interlocuteur. Elle la rangea, rapidement. Elle attendait le reste, elle discernait un dilemme.
Ash s'appuya contre le mur, sa vision de plus en plus trouble. Ca n'avait rien de commun avec, plus tôt, son asphyxie. C'était plus quelque chose de tourbillonnant.
Comme du vide dans un thermos.
Et elle était le thermos.
Pleine de vide.

Son souffle s'égara pendant quelques secondes, ses yeux fixés sur l'adversaire sans vraiment y voir quelqu'un ou quelque chose. Panique, baisse de tension, peur de la terre. Tout ça et rien d'autre à la fois. Au creux de sa tête, coquille vidée par l'ennui, la peur et ses besoins d'infini, la colère commençait à reprendre ses droits. Elle attendrait.
Si il fallait qu'elle attende, elle attendrait. Elle était encore à un âge où l'adolescence, bousculée par les hormones et les sentiments que l'on veut se cacher à tout prix, modifiait toutes les perceptions et vous faisait retomber dans les caprices de l'enfance sous forme d'ingratitude permanente. Et préparer des vengeances dont on ne voulait même pas entendre parler.
Jamais.

Jpeux pas te juger. Jpeux pas te répondre, ou même souffrir correctement, vu comment tu réagis.
Mais me confonds pas avec toi-même, contre qui tu sembles si en colère.


Elle le contourna discrètement. Mais c'était trop tard. Son esprit fonctionnait à plein régime, avec la pluie battant au carreau. Elle n'avait pas la force physique pour répondre aux coups, elle le savait. Ca ne l'effleurerait même pas. Mais il était temps qu'elle réfléchisse avec sa baguette plutôt qu'avec une logique strictement physique.
Ou elle pouvait allier les deux. Ingéniosité, inventivité haineuse et stupide. Peut-être que ça te fera du bien , mensonge à l'état pur. Elle murmura quelque chose.
Blesser sans réellement blesser. C'était juste histoire de renforcer son corps, le temps d'un coup. Elle envoya son pied percuter son dos, avec plus de force qu'elle ne s'en savait capable.
Ash connaissait les noeuds. Elle n'aurait jamais pensé qu'une chose comme ça pourrait arriver, mais avec sa vision trouble, son esprit flottant et le reste, elle jugea cette solution correcte.
Peut-être était-elle plus aveuglée qu'autre chose.
Sur son cou, les stigmates de l'étranglement commençaient à se former, doigts violacés jurant avec ses cheveux.

Elle tourna les talons, regardant autour. Personne ,toujours. Avec un peu de chance, elle aurait le temps de retrouver son souffle.

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Et ça te coule dans le dos.

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MessageSujet: Re: Réminiscence [Lorias]   Dim 24 Juil - 23:35



Can't stop
~ Theo ~


feat Ash


Il avait l'impression de ne pas être écouté. De ne pas être compris. Elle avait dit n'en avoir rien à faire, mais c'était d'elle dont il avait parlé. C'était elle, la concernée. Pas lui. Elle avait été le sujet depuis le début, et elle ignorait les remarques, encaissant les coups. Sans se défendre. Sans se dire un seul instant que le pacifisme n'était pas un moyen efficace de survie dans ce monde. D'ailleurs, il n'était jamais efficace. Les pacifiques étaient les premiers à mourir, car il y en avait toujours pour s'en prendre à eux. Et même si Theo avait été le premier à s'en prendre à cette fille, il essayait désormais de lui faire comprendre son point. Car il ne cessait de se dire que si lui pouvait la battre autant qu'il le voulait, alors n'importe qui pourrait. Il serait si simple de la tuer. C'était décevant, terrible, et à la fois frustrant. Mourir pour une chose aussi bête que ne pas savoir se défendre, c'était stupide. La défense est l'une des choses les plus importantes à apprendre dans la vie. Il le pensait.

- Alors ne me réponds pas, cracha-t-il. Il ne lui demandait pas son avis sur lui-même, mais elle le lui donna quand même. Et elle avait tort. Il n'était pas en colère contre lui-même, il était en colère contre la colère elle-même, et tous les autres, ceux qui avaient pu la déclencher. Alors que cette colère avait toujours été là, et qu'il l'avait embrassée car il était le seul à pouvoir la gérer. Il avait tout pris, pour Lorias, pour les autres, et avait dérapé. Mais s'il s'en voulait, il ne voulait pas se faire du mal. Il ne le pourrait pas, il aurait trop peur de blesser le corps qui ne lui appartenait pas. Il voulait qu'elle lui fasse du mal en retour, pour ce qu'il lui a fait. Et alors là, et seulement là, les blessures en vaudraient la peine.
- Je ne nous confonds pas. Tu es trop différente pour que je le puisse. Et que je sois en colère ou pas, ça change pas le fait que je pourrais te tuer aisément. Tu peux me dire ce que tu veux, ça changera pas le fait que n'importe qui peut te faire du mal.
Il ne tarda pas à se prendre le coup tant attendu, qu'il avant senti venir. Il l'avait accueilli, laissant le coup faire son effet, poussé au sol, il tomba à genoux. Il avait éteint tous ses réflexes. Enfin, se dit-il. Il releva la tête. La douleur des coups, il ne la connaissait que trop bien. Si c'était loin d'être suffisant, c'était déjà un bon début.
- Tu vois, on n'en serait jamais arrivé là si tu t'étais défendue dès le début. Tout ça se serait fini bien vite.



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Ash G. Lynch
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MessageSujet: Re: Réminiscence [Lorias]   Mar 2 Aoû - 13:35



Réminiscence
ft. Lorias/Theo


Ash réprima son envie de pleurer. C'était ça, donc. Les larmes qui suivent le coup. L'envie de recommencer. Les tourbillons, incessants, de l'esprit qui s'envole.  Mais il s'agissait de larmes de rage : les dents serrées, la haine qui bouillonne, bouillante, dans son ventre ; des larmes de colère, la vision qui se trouble encore plus, le sang qui bat à ses temps ; des larmes qu'elle retient, par incapacité à les laisser couler, fierté malmenée qui s'envole. Elle repira, doucement. Elle ne le passerait pas à tabac, n'irait pas jusque là. Parce qu'elle n'était pas comme cette personne.
Loin de là. De toute manière, tout ça n'était pas elle... Pas vrai ? Elle n'avait pas, au fond de son esprit, l'envie vaguement affolante de se venger envers la personne. Ce besoin malsain n'existait pas. Rien. Rien du tout.
Elle devait s'en convaincre, et s'en convaincrait bien. Elle pouvait y arriver.
Elle secoua sa chevelure rousse et haussa les épaules. Les mots se bousculaient sans vouloir sortir. Alors, elle ne dit rien, ne fit que regarder ses mains, les sentant se glisser dans ses poches sans en avoir vraiment la conscience.
Dehors, la pluie continuait de battre.

"Merci." Ca lui brûlait la bouche, réduisait sa langue en cendres et lui donnait comme une violente envie de vomir des reproches sur tous les murs qui partaient en lambeaux. Tout ça, au final, n'était que du vent. Du vent qui fouettait leurs esprits.
Ash sourit un peu, se détournant de lui. Enfermée, presque, dans son univers vicié et asphyxiant. C'était pas la meilleure manière de vivre : mais se battre non plus.
Elle continuerait à éviter les combats. A ne pas frapper, à rester, silencieuse, dans un coin, prônant la non-violence et le débat houleux plus que les poings et le sang. Pourtant, elle savait que, peu à peu, le goût du bruit, des chocs et des blessures qui s'ouvrent dans un craquement, tout ça, s'inviterait dans son esprit.
On ne combat bien que ce que l'on a déjà expérimenté, même s'il est plus simple de se laisser à nouveau tenter.

Volatile comme elle était, elle n'était pas sûre que ça puisse être une bonne chose.
Avec un soupir, la jeune femme se tourna vers l'autre, au sol.

J'aime compliquer les choses.

C'était d'un ton ironique, emprunt d'une incompréhension qu'elle destinait à elle seule, qu'elle avait lancé cette phrase, ramassant le peu d'affiches qu'il restait, éparpillées au sol. Un accès de colère, sans doute, et rien de plus. Les séquelles ? Monstreuses. Peut-être pour l'autre également... Elle ne connaissait toujours pas son identité, par ailleurs. Mais peut-être cela était-il mieux. Personne à accuser d'autre que soi-même.
Elle se tourna vers le bout du couloir, celui qui était le plus proche d'une porte de sortie du château.

On se reverra.

Elle suivit les escaliers, disparaissant bientôt pour s'engouffrer dans d'autres couloirs, pour arpenter d'autres lieux, courir ailleurs, écrire et s'oublier.
Elle sortirait, bientôt. Elle enlèverait sa robe pour aller marcher, stigmates ou non autour de son cou sur sa peau, sous l'ondée violente qui faisait déjà hurler sa voix au loin. Elle se laisserait marcher, loin, sous les nuages noirs et au milieu du vent. Ca ferait sûrement très con, mais au moins personne ne s'en soucierait. Personne, dans le jour gris, n'oserait regarder par la fenêtre et voir la jeune femme se laisser couler dans la tempête extérieure qui se préparait.

HRP:
 

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Réminiscence [Lorias]
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