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 Interlude Musicale - PV Chad

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Charlie A. Carter
Serpentard

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MessageSujet: Interlude Musicale - PV Chad   Mer 27 Juil - 23:29


‘’You're face, to face
With the man who sold the world‘’

Chad&Charlie


Cela faisait longtemps que je me rendais dans cet endroit, et déjà plusieurs mois que j’avais pu me faire un peu d’argent en jouant de la musique. Vous imaginez le rêve ? Passer une après-midi, voire une soirée entière à jouer de la guitare tout en étant payée par les clients qui passaient par là. Je ne roulais pas sur l’or, mais au moins la monnaie que je me faisais me permettait de me faire plaisir, ce qui était complètement impossible avant. En réalité, la première fois, j’étais rentrée ici un peu par hasard, sur un coup de tête, ou bien parce que je devais absolument aller soulager ma vessie, allez savoir. La patronne m’avait regardé de haut en bas, je devais avoir 13 ou 14 ans, enfin dans tous les cas j’étais trop jeune pour être ici. « On ne fait pas garderie ma petite. » J’avais soupiré en me dandinant. « J’en demande pas tant je voudrais simplement utiliser vos toilettes. » J’avais souri comme je pouvais, essayant de me donner un air adorable que je n’avais jamais. Ou peut-être quand j’avais 6 ans ? Enfin pas depuis quoi. « Mais enfin, pourquoi tu n’es pas allée au même endroit que tous les autres élèves de Poudlard, je ne veux pas de mioche moi ! » Grognant à moitié, j’avais levé les yeux au ciel. « Alors du coup c’est oui ?» Elle avait rigolé, et j’avais beaucoup aimé ce rire. Pour sûr, la patronne n’était pas une femme qui faisait dans la finesse. Elle était même un peu bourrue mais son rire était beau. Il était clair et communicatif, alors j’ai souri. « Eh ben, elle ne manque pas d’air celle-ci. » Et puis elle m’avait indiqué la direction de ses toilettes. « Il parait oui. Merci bien !» Et j’avais couru pour pouvoir enfin accéder à ces fameux cabinets. En revenant, la patronne m’avait préparé un jus d’orange en m’assurant que c’était gratuit. Je lui avais plu apparemment et on avait discuté pendant un long moment avant que je me rende compte qu’il fallait que je retourne à Poudlard. Après lui avoir promis de revenir, je m’étais échappée du bar.
Depuis, je venais dès que je pouvais pour discuter avec Nicole.

Elle m’avait un peu raconté sa vie, et j’avais osé lui livré quelques morceaux de la mienne. Je lui avais appris que ma mère avait disparu, que ça n’était pas facile et que je cherchais un moyen de me faire de l’argent. En contrepartie, elle m’a expliqué, non sans émotions, qu’elle était veuve et qu’avant d’ouvrir cette taverne, elle avait beaucoup voyagé. Elle m’a raconté les paysages exotiques ou enneigés et j’ai bu ses paroles, espérant moi aussi un jour aller voir tout ça. Je lui ai dit aussi que j’aimais profondément la musique, que j’en faisais. Alors il y a quelques mois, quand elle m’a offert de jouer dans son bar, je n’ai pas hésité. Je suis revenue la fois d’après, des étoiles dans les yeux alors que je me laissais emportée par la musique. A l’écoute des clients, j’essayais de jouer ce qu’ils me demandaient. En général, ce que je jouais convenait, alors je me faisais plaisir. Les yeux clos, je laissais la musique me faire voyager dans un univers bien loin des paysages exotiques ou froid. Les palmiers et la neige n’avaient plus aucune importance tant je souhaitais me noyer dans ces mélodies.

Cette fois encore j’ai poussé la porte d’entrée et Nicole est venue m’accueillir chaleureusement, un verre de jus à la main. « Tu sais que tu pourrais m’apporter quelque chose de plus fort maintenant ?» Elle m’a donné une petite tape derrière la tête avant de rire. « Sois contente que je t’apporte quoi que ce soit, sale gosse. » J’ai ri à mon tour avant de la remercier et de boire mon verre. Puis je suis allée jouer. Fermant les yeux, j’ai oublié tout ce qui m’entourait, laissant mes doigts courir sur la guitare, j’ai tout oublié. Ma mère, mon père, Poudlard, mes études foireuses, mon avenir probablement minable, mon agression. Rien ne me calmait plus que la musique. J’ai lancé les premières notes de The man who wold the world et le reste est partie tout seul, sans que je ne m’en rende compte.

« I laughed and shook his hand
And made my way back home
I searched for form and land
For years and years I roamed
»

Ma voix était légèrement éraillée, plutôt grave, chargée d’émotions que je ressentais réellement. Je n’avais pas envie que cet instant se termine : j’étais enfermée dans cette bulle ignorant tout ce qui se passait autour de moi : c’est sans doute pour ça que je n’ai pas remarqué cet homme.
J’étais enfin apaisée, au moins jusqu’à la fin de la chanson.

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Where do bad folks go when they die ?
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©alas.
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Chad Whittaker
Poufsouffle

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MessageSujet: Re: Interlude Musicale - PV Chad   Lun 15 Aoû - 19:10

La soirée n'est pas une grande réussite. Chad l'a passé à écouter les plaintes d'une vieille connaissance de Poudlard, qui, après avoir raté ses études à Lir, ne sait plus vraiment quoi faire de sa vie. Ils se sont croisés totalement par hasard dans les rues de Pré-au-Lard. L'invitation de l'autre a  fusé presqu'aussitôt : 'Et si on allait boire un verre ?'. Chad aurait bien trouvé une excuse mais la façon dont l'autre s'est jeté sur cette occasion l'a intrigué. Il a immédiatement deviné, de par son empressement, que le jeune homme avait besoin de vider son sac. Plus attiré par la curiosité et l'envie d'admirer le malheur d'autrui, Chad a accepté. Les premières minutes de confessions ont été drôles, Chad s'est délecté du discours déprimé de l'autre. Très vite, il en a eu assez. Il tourne en rond, ressassant les mêmes choses en permanence. Chad lui apporte quelques conseils sur la façon d'aborder ses soucis, lui parlant de recul, de réflexion, toutes ces paroles bateau qu'on offre dans ce genre de cas. La vérité ? Chad a envie de lui dire “Sombre merde, arrête d'attendre que les choses s'arrangent et bouge toi le cul, ça ira mieux”.  Bien sûr, il ne peut pas. Ce serait trop violent, trop soudain. Ce n'est pas ce que l'autre veut entendre de toute façon, quand bien même ce serait la seule chose qui pourrait le faire réagir. Alors Chad adopte le rôle sympathique de celui qui essaye de comprendre et de réconforter. Il sourit d'un air rassurant, adopte un air désolé quand l'autre est à deux doigts de pleurer. Comme trop de gens, il croule sous le poids de ce que le monde attend de lui. Qu'il prenne sa vie en main et en fasse quelque chose. Il vient de se faire larguer, pour couronner le tout. Chad a envie de rire, c'est tellement courant. L'autre se sent seul, sans voir que sa misère est partagé par la quasi totalité du monde – ou en tout cas, des sociétés bien lotties dont ils font partie. Chad boit au fil de l'histoire qu'on lui conte, son attention cherchant à s'éparpiller à cause de l'ennui que lui inspire cette pauvre créature. Au bout de pas loin de deux heures de supplice, le téléphone de l'autre sonne. Il décroche, une rapide conversation semble s'engager. Le visage de l'autre s'éclaire. Il raccroche, et adopte un air gêné. C'est son ex. Elle veut le voir, parler, elle a besoin de lui. Il est désolé, il ne veut pas partir comme ça. Chad fait semblant d'être content pour lui. Il lui dit qu'il n'y a vraiment aucun soucis, qu'il doit profiter de cette occasion. L'autre part, enfin.

Chad vide son verre d'un trait. Il se dit qu'il faut vraiment qu'il arrête, à chaque fois qu'il trouve quelqu'un de misérable, c'est le même cirque. Il s'éclate au début et fini par s'ennuyer. Enfin, se delecter du malheur des autres est un de ses passe-temps favoris. Son pêché mignon, dirait-il. Non, il ne s'arrêtera probablement jamais. Il a en permanence besoin d'étudier les mécanismes humains, au cas où ceux-ci décideraient subitement de s'améliorer. Dans un tel cas, il serait bien obligé de s'adapter. Cette totale private joke lui tire un sourire. Il se lève alors, décrétant qu'il mérite bien un autre verre. Il attrape l'étui de sa guitare, incapable, bien sûr, de la laisser sans surveillance, même pour une poignée de secondes. Il a répété un peu avec son “groupe” cet après midi là, c'est d'ailleurs la raison de sa venue à Pré-au-Lard. Il arrive au bar et commande un nouveau verre. Il est rarement venu dans cet endroit, mais il a remarqué la patronne. Une femme qui, d'une certaine façon, force le respect. Chad l'a un peu observé, préférant se tenir à l'écart. C'est le genre de personne qu'il préfère éviter.  C'est au moment où il récupère son verre qu'il l'entend. Le son des cordes attire immédiatement son oreille, puis son oeil. Et puis, la voix. Une voix féminine un peu grave, très agréable à son oreille. Mais ce n'est pas tant la voix qu'il retient. La jeune femme a l'air de s'être totalement oubliée. Les yeux clos, elle joue, elle chante. Elle n'est plus que musique. Elle est belle.

Chad a les yeux rivés sur elle. Voilà que sa soirée est sauvée. La musique, la seule chose qui peut encore l'atteindre, use encore de sa magie. Il ignore qui est cette fille. Elle a l'air jeune, un peu trop pour trainer dans un bar. Trop jeune pour ce qu'elle chante. The man who sold the world. Une chanson qu'il aime beaucoup, et qu'il prend lui même un grand plaisir à reprendre. Le temps que dure la chanson, Chad admire la jeune fille. Elle porte la musique avec une telle force qu'il ne trouve rien à redire. Il entend quelques imperfections peut être, mais qui ne font, au pire, que renforcer la beauté de cet instant. Il s'approche alors de la jeune femme, verre en main. Avec une grande délicatesse, il attrape une chaise qu'il non loin de la jeune femme, sous les regards intrigués des clients. Mais Chad ne se soucie pas vraiment d'eux. Il s’assoit tranquillement, avec son aisance naturelle, comme s'il était parfaitement évident qu'il se conduise ainsi. Elle est tellement absorbée qu'elle ne s'en rend pas compte. Il savoure les dernières notes de la musique. Il aurait pu la rejoindre sur ce morceau, mais il n'avait pas voulu troubler cet instant d'harmonie musicale. Lorsqu'elle termine, l'audience se met à applaudir. Chad aussi. “Impressionnant.” Il sourit à la jeune fille. “C'était une bonne reprise. Et une bonne chanson.” Il se saisit alors de l'étui à guitare, et en sort respectueusement l'instrument. “Si tu le permets, j'aimerais me joindre à toi.” Il gratte doucement les cordes pendant quelques secondes, jouant un air quelconque, simplement pour chauffer un peu l'instrument. Son visage est totalement détendu, et il a une expression plutôt chaleureuse. Celle ci, pour une fois, n'est pas feinte. C'est l'un des effets qu'à la musique sur la garçon, quand elle sonne bien à son oreille.
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Charlie A. Carter
Serpentard

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MessageSujet: Re: Interlude Musicale - PV Chad   Ven 19 Aoû - 19:48


‘’You're face, to face
With the man who sold the world‘’

Chad&Charlie


Je m’envolais dans cette bulle musicale. Je me laissais porter par les notes, par le doux chant de la guitare. Avec mon pied droit, je battais la mesure, et ma tête se balançait de gauche à droite. Je me laissais emporter, loin de tout ce que je pouvais vivre. Loin de Poudlard, des notes, de la pression, des enseignants, des élèves, loin de ma vie moldue, de mon père. J’étais légère, tellement légère. Heureuse aussi. Sans m’en rendre compte, un long sourire étirait mes lèvres, mes traits étaient parfaitement détendus. Quand je jouais, tout s’effaçait, et il ne restait plus que l’instrument, plus que la musique. Entêtante, enivrante, envoutante. Je me laissais attraper par l’univers musical sans même essayer de résister. C’était là que je me sentais le mieux, là que je me sentais humaine, normale. C’était dans les bras rassurants de la musique que je préférais me réfugier. Rien n’égalait ce sentiment de sécurité, d’exaltation, de joie, de bien-être. C’était inexplicable, la musique me rendait douce et en même temps, elle m’éloignait du monde réel dans lequel je retombais toujours, non sans un frisson de dégoût. Parfois, alors que j’écoutais une musique, je me rendais compte que mon amour pour-celle-ci était si puissant que ça en devenait douloureux. Je me jetais à corps perdu dans la musique, elle était mon seul refuge depuis toujours.

Presque à regret, je terminais la chanson. Je profitais des quelques secondes de plénitude que la fin de la chanson m’offrait quand il s’est installé à côté de moi. J’ai sursauté en entendant la chaise se poser à mes côtés. En rouvrant les yeux, j’ai découvert celui qui s’invitait dans ma bulle musicale. Parfaitement calme, à mille lieux de la Charlie habituelle, je lui ai adressé un sourire sincère. Il devait avoir plus ou moins 25 ans, ses cheveux bruns n’étaient pas franchement en bataille mais pas franchement coiffés non plus, ses yeux bleus brillaient, animés par la même force que les miens. Etonnement, je n’avais aucun mal à imaginer son regard glacial se poser sur les autres. Mais alors qu’il me contemplait, je sentais que c’était différent : j’étais une inconnue mais pourtant, je me sentais plutôt proche de lui. Un lien immédiat semblait s’être créé entre nous, un lien qui ne durerait peut-être pas une fois l’instant passé mais que je sentais terriblement puissant. La musique avait ce pouvoir, bien sous-estimé d’ailleurs. J’ai failli ne pas lui répondre, persuadée que cela ne servait à rien. J’ai balayé la salle du regard, m’arrêtant quelques secondes sur la patronne. Les sourcils froncés, Nicole m’interrogeait silencieusement sur la présence de cet inconnu. D’un geste de la tête, je l’ai rassuré, elle a levé les yeux au ciel et a préparé un verre, rempli de je ne savais quoi. Je la connaissais assez pour savoir que c’était sans doute la même chose que ce que buvait celui qui m’avait rejoint sur scène et que, dans un élan de bonté, elle allait lui offrir.  Je lui ai souris à elle aussi, parce que décidément, c’était une belle personne. Je me suis tournée vers l’inconnu qui grattais doucement les corde de sa guitare, pour s’échauffer sans doute.

« Merci beaucoup.» Je l’ai remercié pour ses compliments que je sentais réellement sincères. « Je t’en prie, ça me changera de jouer avec quelqu’un.» Je l'ai directement tutoyé, comme je le faisais avec tout le monde. J’avais peu l’habitude, normalement, je m’enfermais seule avec ma guitare dans cette bulle. J’étais souvent un peu réticente à jouer avec d’autres personnes. Pas par égoïsme, mais à cause d’expériences ratées. Parfois, il n’y avait strictement aucune alchimie entre deux musiciens, et le plaisir des deux était alors amoindri. Mais d’autres fois, l’alchimie était si forte, si belle que les musiciens ne faisaient plus qu’un. Parfois, jouer avec quelqu’un me touchait tellement que j’avais envie de pleurer devant la beauté de la chose. Et cette-fois ci, je ne ressentais aucune méfiance. J’avais envie de partager mon univers avec cet inconnu. « Je crois que Nicole t'offre un verre, c’est l’un des avantages à jouer avec moi.» J’ai ri en voyant la patronne déposer un nouveau verre aux pieds du jeune homme. J’ai terminé mon jus avant de reprendre ma guitare convenablement, et puis j’ai décidé de le laisser prendre la main. Je lui ai indiqué ma décision en un regard qu’il comprendrait sans doute, je l’espérais. Je le suivais aveuglément dans cette musique. Un frisson d’excitation a couru le long de mon échine.
J’aurai pu me perdre éternellement dans cet univers.

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Chad Whittaker
Poufsouffle

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MessageSujet: Re: Interlude Musicale - PV Chad   Mar 30 Aoû - 1:24

A la réponse de la jeune fille, Chad arbore un nouveau sourire. Un sourire léger, un de ces sourires sincères, un de ceux qu'il ne formate pas. Il n'a pas besoin de prétendre : cet instant le réjouit sincèrement. La jeune fille est douce, elle sourit, elle est musicale. C'est comme s'il entrevoyait un peu son âme, et c'est apaisant. La musique est la seule chose qui lui permet cette vision plus douce de ses pairs, c'est probablement la raison pour laquelle les seules personnes qu'il a jamais réellement considérées avaient à voir avec elle. Il aperçoit la jeune fille faire un signe de tête, et suit tranquillement son regard. Un nouveau petit sourire lui vient, il comprend presque instinctivement que la gérante du bar s'inquiète pour la jeune fille - qu'elles sont, d'une certaines manières, liées. En d'autres circonstances, elle n'aurait pas tort. En cet instant précis, en revanche, les intentions de l'homme ne sauraient être plus pures. Non seulement la musique le purifie, mais elle semble également décupler son intelligence sociale. Il comprend totalement le geste de la patronne, et il ne lui viendrait pas à l'idée de s'en offusquer. Tout comme il a appris à ne plus s'étonner de ses propres accès de douceur dans ce genre de situation. Son talon d’Achille s'est glissé là, dans ce corps jeune et féminin, et il n'avait pas l'intention de lui porter le moindre préjudice. Il voulait simplement savourer un instant d'harmonie, de beauté. Accorder ses notes aux siennes. Venant de lui, c'est probablement la plus grande marque de respect qu'il peut avoir.

Ainsi, elle doit avoir l'habitude de jouer ici. La patronne doit probablement bien la connaître. Elle a comme un petit air maternel avec elle, du peu qu'il a put apercevoir. La jeune fille doit bien la connaître également, puisqu'elle emploie son nom avec aisance. Nicole. “Peut être que je vais considérer sérieusement l'idée de t'accompagner plus souvent, alors” répond-il encore dans un sourire. La jeune fille semble complètement à l'aise face à lui, ce qui est une bonne chose. Il y a beaucoup de simplicité dans leur rencontre, et pour une fois, Chad n'a aucune prétention. Il se surprend à apprécier la manière un peu familière, simple, avec laquelle elle lui parle. Une de ces rares fois où Chad à l'impression d'être face à son égal. Elle a un rire un peu communicatif alors que la patronne dépose un nouveau verre vers lui. Il se tourne alors vers elle et lui sourit avec une douceur assez rare. Elle le toise un peu, peut être du fait du sixième sens des femmes de sa trempe. Ses lèvres articulent des remerciements tandis que ses yeux, eux, se veulent rassurants. Ils font comme une promesse silencieuse, avant de se reporter sur Charlie. Elle doit être jeune, plus jeune que lui en tout cas. Mais ses yeux ont quelque chose de plus vieux que son corps, comme si elle avait déjà bien vécu. Enfin, peut être divague-t-il à cause de sa pseudo transe musicale. Son sourire persiste, mais ses lèvres n'en souffrent pas. Peut être serait-il temps de lancer un peu de musique ?

Ses doigts se mettent à gratter les cordes.  “J'ai comme l'intuition que celle-ci ne te sera pas étrangère”, lui dit-il alors. Les notes s'emmêlent pour former la mélodie de la si célèbre chanson “I want to break free” de Queen. C'est la chanson qui lui a paru la plus évidente, pas dans son sens littéral, mais d'une façon plus métaphorique. Et il serait fortement étonné qu'elle ne la connaisse pas. Après tout, elle a chanté du Bowie juste avant. Il lance un regard un peu complice à la jeune fille, alors que sa voix, un peu grave, lance les premières paroles de la chanson.

“I want to break free
I want to break free
I want to break free from your lies
You're so self-satisfied I don't need you
I've got to break free"


Il vit la musique. Totalement.

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Charlie A. Carter
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MessageSujet: Re: Interlude Musicale - PV Chad   Dim 4 Sep - 1:48


‘’You're face, to face
With the man who sold the world‘’

Chad&Charlie


Il y avait quelque chose de magique dans la musique, j’en étais intimement convaincue. Une magie bien plus forte que celle du monde des sorciers et surtout, une magie dont n’importe qui pouvait profiter. Une magie qui rapprochait, sans aucun doute. Là, dans cet univers, il n’y avait pas de déchirure entre les sang-purs et les né-moldu. Pas de conflits. Du moins je le voyais ainsi. Je me laissais transporter dans ce monde magique qui m’émerveillait chaque fois un peu plus si cela était possible. En compagnie d’une guitare et perdue dans n’importe quelle mélodie, j’étais une personne tout à fait différente et j’en étais consciente, mais je ne contrôlais pas l’effet de bien être que pouvait m’apporter ces moments où je fuyais consciencieusement la réalité. Bien plus efficace que n’importe quelle drogue, la musique me donnais l’impression de fuir, ou même de résoudre, tous mes problèmes. Et alors que j’étais là, avec ma guitare et à côté d’un parfait inconnu, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à mes parents. Aux moments aussi rares que merveilleux que nous avons passés, chacun laissant entrer l’autre dans son monde musical. Mon père redevenait lui-même, ma mère rayonnait et j’étais comblée.
J’ai retenu un soupir en revenant à une réalité qui était toujours terriblement décevante.

Enfin, le bon côté de la chose c’est que je pouvais continuer à jouer, en compagnie de ce total inconnu. J’ignorais tout de lui, mais quelqu’un qui venait pour partager avec moi sa musique ne pouvait pas être mauvais. La naïveté de cette pensée m’a fait sourire, mais j’en étais tout de même convaincue. J’ai continué à sourire en entendant sa réponse : nous avons peu échangé, mais c’était toujours avec une simplicité déconcertante. Je ne le connaissais pas, et en même temps, j’avais l’impression de l’avoir toujours connu. J’ai attendu qu’il se lance, acquiesçant quand il a introduit la chanson. En effet, elle ne m’était pas inconnue, loin de là. La musique moldue était celle que je connaissais le mieux : j’avais été bercée toute mon enfance avec, et même si j’avais écouté quelques musiques de sorciers, je n’avais pas pu me détacher des mélodies avec lesquelles j’avais grandi. En l’occurrence, Queen n’avait rien d’étranger pour moi, et j’écoutais même régulièrement différentes chansons du groupe. J’ai souri en entendant les notes de « I want to break free ». La chanson résonnait étrangement en moi et après quelques secondes d’adaptation, j’ai finalement suivi le jeune homme sur sa lancée. L’accompagnant à la guitare, je lui ai laissé le chant sauf pour faire les chœurs de temps à autre.
J’ai laissé la musique m’envahir, sans essayer de réfréner la sensation de bienêtre qui m’a envahi.

Il a fallu laisser partir la musique à un moment donner et alors que les dernières notes s’éteignaient, j’ai rouvert les yeux que j’avais fermé automatiquement, sans m’en rendre compte. J’ai réintégré un monde que j’ai rapidement trouvé sans saveur. Mon regard s’est posé sur mon compagnon de musique et je lui ai adressé un sourire. Je l’ai remercié pour l’instant passé d’un regard. Petite pause syndicale : je le laissais reprendre ses esprits, de désaltérer aussi, avant de replonger dans mon univers qui était un peu le sien aussi. « Je m’appelle Charlie au fait.» Je me suis présentée rapidement, pensant qu’il était toujours pratique de connaître le prénom de quelqu’un. Mon regard s’est porté à nouveau sur ma guitare tandis que je réfléchissais à ce que je -enfin nous- pouvais bien chanter. A chaque fois, j’essayais de montrer au rare public de nouvelles chansons : au moins ça n’était pas répétitif, c’est ce que je me disais. Et puis ça m’allait bien, je jouais ce que j’avais envie de jouer sur le moment, je n’étais pas coincée dans une sorte de routine et pour une fois, ça m’allait très bien. J’avais besoin de cette liberté pour me sentir à l’aise. Et ça convenait aussi à Nicole alors tout était parfait. J’ai finalement opté pour une chanson un peu plus récente. « Bon allez, tu connais forcément.» Je lui ai dit ça comme je l’aurai balancé à une connaissance vieille de plusieurs années. J’étais presque sûre qu’il connaitrait tout ce que je pouvais jouer et inversement, et peut-être que ça n’était pas le cas mais tant pis, je tentais le coup tout de même. C’est comme ça que j’ai lancé les premières notes du fameux Take me out de Franz Ferdinand. L’avantage, c’est qu’on pouvait facilement se partager le chant là-dessus, alors s’il connaissait les paroles, il suffisait simplement de me compléter.

« So if you're lonely
You know I'm here waiting for you
I'm just a cross hair
I'm just a shot away from you
And if you leave here
You leave me broken, shattered, I lie
I'm just a cross hair
I'm just a shot, then we can die
»

J’attendais qu’il me suite, sans plus vraiment songer à quoi que ce soit. Je n’avais pas besoin de réfléchir, je me laissais complètement portée et c’était le but après tout.
Je me fichais bien de ce qui nous entourait, seul comptait la bulle dans laquelle nous étions enfermés.

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Chad Whittaker
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MessageSujet: Re: Interlude Musicale - PV Chad   Sam 24 Sep - 1:11

La musique file tranquillement son cours, la jeune fille l'accompagnant à la guitare et le rejoignant pour les chœurs. C'est un peu comme une présentation : il se dévoile musicalement, simplement, d'une façon qui ne requiert pas de mots. Ce sont les notes, les intonations, les appuis qui le présentent. Un peu comme une carte d'identité mélodieuse. Il n'y songe même pas vraiment, en fait, parce que ce qui est en train de se produire est totalement naturel. Alors il n'a pas besoin de se soucier de ce qu'il montre : tout se passe sur un plan bien différent de ce qu'est la socialisation “classique”. Il n'a pas besoin de tricher ou de mentir, et c'est en cela que la musique représente pour lui une véritable respiration. C'est un peu comme une pause au milieu de l'agitation du monde. Une petite bulle où se replier. Un instant de partage sincère, qu'il ne pourrait pas se permettre en d'autres circonstances. C'est tellement agréable de jouer comme ça que Chad s'en retrouve un peu surpris malgré tout. Mais le genre de surprise agréable qui vous entraîne, qui vous donne envie que ça continue. Ses yeux se ferment de temps à autres pendant la musique, lorsqu'ils ne sont pas rivés sur la demoiselle. Il a le temps d'observer un peu ses traits : elle est totalement décontractée, elle a l'air bien. Il a l'intime conviction qu'ils sont sur la même longueur d'onde : d'une certaine façon, il comprend. Sans parvenir à mettre de mots dessus, il ressent ce qu'il se passe. C'est instinctif, c'est viscéral : c'est une plénitude, un bien être. Comme lui, elle se retrouve, à cet instant précis. Elle est juste à sa place : la bonne place. Chad sourit avec ses yeux.

Le morceau prend fin, et ses yeux sont encore sur la jeune fille. Ce n'est pas un de ces regards accrocheurs “fait exprès”. Ce n'est pas une intention déplacée. Ce n'est pas un regard insistant. C'est simplement cette connexion inexplicable, quoi qu'elle trouve son sens en un mot : “musique”. Il finit par se détacher brièvement d'elle pour prendre son verre et avaler tranquillement une gorgée. La bière descend le long de sa gorge, rafraîchissante. C'est un de ses “alcools” préférés. Il y a quelque chose dans ses bulles, dans le goût, qu'il apprécie tout particulièrement. Alors qu'il repose le verre à côté de lui, la demoiselle lui offre son prénom. Charlie, alors ? Même son prénom a quelque chose de musical. Il sourit. “Chad.” Il n'en dit pas plus, parce qu'il n'estime pas en avoir besoin. Il n'y a pourtant rien d'abrupte dans sa façon de répondre. Il parle juste avec simplicité. Il est enchanté de cette rencontre, mais il n'a pas besoin de le dire : elle l'a sans doute déjà remarqué. Plus Chad parle, plus il s'éloigne de son “essence”. Alors autant ne rien dire. Elle enchaîne alors, lui parlant d'une façon encore une fois familière, comme une vieille connaissance. Il s'en rend compte sans vraiment le penser, ça ne le choque pas : c'est normal. Et en s'y attardant un instant, de toute façon, elle est déjà étonnamment plus proche de lui que bon nombre de personne qui l'ont côtoyé pendant des années. C'est assez drôle, au final.

La jeune fille comme alors à jouer un nouveau morceau, qu'il reconnaît. Ce choix lui tire un sourire. Décidément, ils ont un bon répertoire commun. C'est assez drôle, de se retrouver dans le seul village entièrement sorcier de Grande-Bretagne et de se concentrer sur des musiques uniquement moldues. Il se dit que comme lui, elle doit avoir des influences moldues bien ancrées. Peut-être est-elle née moldue, comme lui ? Mais peu importe. Il prend un instant, à son tour, pour s'adapter à ses accords, et la rejoint à la guitare. Il apprécie le son de sa voix, la façon dont les notes s'échappent à la fois de ses mains, qui jouent les cordes, et de sa bouche. Il se sent plein d'entrain. Le partage des paroles se fait naturellement, facilement. Il s'éclate littéralement sur les notes, jouant la musique mais surtout jouant avec la musique. Quelques paroles éclatent, lorsqu'ils donnent de la voix ensemble. Ils dégagent une harmonie un peu cassée, pour ce que ça évoque. Du pied, il bat la mesure. Et puis, ils s'approchent de la fin de la chanson. Pour les dernières notes, Chad choisit de se taire. Il la laisse terminer. Il la regarde, toujours avec le sourire. D'une voix douce, il lui lance “Tu as un vrai don, Charlie.” Il se demande si elle en a conscience, mais, de toute façon, il lui semble important de le lui rappeler. Il récupère une encore une fois son verre, boit une nouvelle gorgée. Il se souvient soudainement du public, qu'il balaye d'un petit coup d'oeil. Les gens ont l'air de s'amuser. Pas qu'il s'en soucie réellement. Quoi que. Ses yeux se reposent sur la jeune femme. Il a bien sûr un milliard d'idée de chansons, mais il est encore curieux de voir ce qu'elle aurait encore à lui proposer.

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Charlie A. Carter
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MessageSujet: Re: Interlude Musicale - PV Chad   Dim 2 Oct - 22:03


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With the man who sold the world‘’

Chad&Charlie


J’ai souri alors qu’il m’offrait son prénom, en échange du mien. Chad. J’aimais la façon dont son nom chantait à mon oreille. J’aimais la sonorité et la simplicité de son prénom. Je ne m’étonne plus de la proximité entre nous deux que la musique a créé. C’était comme si quelque part, peut-être dans un monde parallèle, nous nous connaissions depuis des mois, des années. Depuis le début peut-être même. J’aimais cette idée que la musique nous avait réuni ce jour-là mais qu’en réalité, nos liens remontaient à bien longtemps avant cette rencontre fortuite. J’étais normalement quelqu’un de plutôt terre-à-terre, mais cette possibilité me plaisait tellement que je ne pouvais pas la remettre en question. C’était certain, Chad et moi nous nous étions connus avant grâce à la musique. Je me sentais proche de lui, sans qu’il y ait la moindre ambiguïté tout simplement parce qu’étais à mille lieux de ce genre de pensées. Peut-être que dans un autre contexte, j’aurai détesté Chad, peut-être qu’en réalité il incarnait un personnage détestable, et peut-être bien qu’il n’aurait pas pu me supporter non plus. Mais là, alors que nous baignons dans la musique, nous avions la possibilité de voir la réelle personne. Il n’y avait dès lors plus aucun artifice : nous étions dépouillés de nos masques, les murs que nous érigions pour nous protéger des autres étaient réduit à néant. Mais qu’importe ? Je m’étais rarement sentie autant en confiance.

La musique s’est achevée, j’ai rouvert les yeux, rencontrant le regard de Chad. Regard rassurant, familier, ami même. J’ai accueilli son compliment en silence, à vrai dire je ne savais pas quoi lui répondre. Je n’ai pas franchement conscience de la façon dont je joue. Je joue, c’est tout. Je ne m’interroge pas vraiment sur un quelconque niveau, je ne me force pas pour essayer de faire passer des émotions, je ne surjoue pas. Je joue, tout simplement. Alors j’ai souris pour lui répondre, mais je n’ai rien dit de plus. Lui aussi avait un don, je crois que je pouvais le sentir. Cette alchimie ne venait pas uniquement de moi, c’était un réel partage, on donnait tout ce qu’on avait avec un plaisir non feint. Je savais d’avance que cette expérience allait me laisser épuisée, vidée de tous ces sentiments que je laissais courir sur le manche de ma guitare. J’hésitais encore sur le morceau à jouer alors j’ai saisi mon verre à mon tour, pour me désaltérer un peu.

« Allez Charlie, on vous attend toi et ton… ton prince charmant là ! »

Je suis revenue dans le monde réel en rigolant. Après avoir balayé la salle du regard, j’ai repéré la voix. Denis était un habitué et à force, je le connaissais un peu. C’était un cinquantenaire pas méchant, pas franchement fin non plus.

« C’est mon frère Denis, pas un prince charmant, désolé de te décevoir.
- Mince moi qui me voyait déjà être le parrain du gosse !
»

J’ai secoué la tête, à moitié étonnée de la répartie dont il semblait pouvoir faire preuve parfois. J’ai lancé un regard mi amusé, mi désolé à Chad.

« Allez, qu’est ce qui te ferait plaisir ?
-La chanson de ton vieux moldu là. Tu sais celle que je te demande tout le temps ?
»

J’ai levé les yeux au ciel, il pouvait au moins faire l’effort de retenir le titre de la chanson non ?

« Mama you been on my mind de Bob Dylan ?
- Oui peut-être bien ce que tu dis là
»

J’ai hoché la tête en me tournant vers Chad, replongeant sans difficulté dans ma bulle musicale. Les premières notes se sont élevées. La chanson avait une saveur particulière pour moi. Je n’ai pas pu m’empêcher de penser aux quelques fois où nous avions joué tous les trois, ma mère, mon père et moi. Je me souvenais que ces moments étaient les plus beaux de ma vie, et que je chérissais chaque seconde de ces quelques minutes volées à notre pauvre existence. J’aimais chaque note, chaque chanson, chaque intonation de mes parents. En reprenant cette chanson qu’ils m’avaient souvent chantés, je revenais sans cesse à ces moment-là. Je revoyais ma mère rayonnante, mon père encore un peu humain et je ne pouvais alors pas empêcher ma voix de se briser par moment. Etrangement, le public l’aimait et je la faisais presque à chaque fois. Elle semblait faire écho chez pas mal de personne, comme chez Denis. Les yeux clos, je partageais cet instant avec Chad, me laissant porter par ce flot d’émotions, de musique, de souvenirs.

« I don't mean trouble, please don't put me down, don't get upset
I am not pleadin' or sayin', "I can't forget you"
I do not walk the floor bowed down an' bent, but yet
Mama, you just on my mind
»

_________________
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Chad Whittaker
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MessageSujet: Re: Interlude Musicale - PV Chad   Mer 18 Jan - 19:10

Alors que Charlie lance les premières notes de leur nouvelle interprétation, Chad s’étonne encore, à moitié. Quel répertoire. Ces chansons sont déjà plus âgées que lui, alors par rapport à elle… Il se demande brièvement d’où lui viennent ces influences. Les a-t-elle découvertes uniquement par passion ou bien lui viennent elle de quelqu’un ? Il met un petit instant à se remémorer les accords. Il ne l’a pas jouée très souvent, peut être une fois ou deux. Probablement une de ces chansons qu’il écoutait avec sa mère. Lui-même aurait du mal à se souvenir d’où lui viennent toutes les musiques qu’il a pu jouer depuis qu’il sait tenir une guitare, et surtout, depuis qu’il sait s’en servir. Finalement, la musique lui revient, comme si elle avait toujours été là, cachée quelque part entre ses doigts. Il s’adapte au rythme de Charlie, qu’il observe toujours. Il ne doute pas une seule seconde que quelque chose de fort se produit derrière les yeux clos de la jeune fille, elle voyage encore. Où est-elle ? Loin du bar, loin des gens, loin de Denis, ce type qu’elle avait recadré aussi simplement que si elle lui avait dit « bonjour ».  Comment l’avait—il appelé déjà ? Prince charmant ? Il avait doucement rigolé à l’intérieur, pas franchement certain qu’on puisse lui attribuer ce titre. Il avait pensé avec cet humour mauvais qui lui est propre que si cet homme avait une fille, il aurait généreusement accepté d’être son prince charmant, et que ça lui aurait probablement servi de leçon pour avoir entaché ce moment. Le regard de Charlie et la façon dont elle avait géré la situation l’avait fait sourire. Cette fille dégage une force qu’il sent rarement chez les gens. Elle est totalement éloignée des petites filles qui réclament protection et attention à longueur de temps. Et elle est si loin. Lui-même finit à nouveau par s’échapper alors qu’il la rejoint sur le chant, légèrement plus grave.

“Even though my mind is hazy an’ my thoughts they might be narrow
Where you been don’t bother me nor bring me down in sorrow
It don’t even matter to me where you’re wakin’ up tomorrow
But mama, you’re just on my mind”


Il a passé une journée à répéter avec son “groupe”, pourtant, il est resté sur sa faim. C’est dur à définir, mais il réalise qu’il n’a pas pris autant de plaisir à jouer tout cet après-midi qu’il en prend à cet instant, jouant avec une presque totale inconnue. En vérité, cela fait un petit moment que ces sessions musicales avec eux sont une habitude un peu pénible. Il ne se sent plus vraiment en accord avec eux. Il les trouve fades. Fades et vides. Il a le sentiment que ce qu’il partage avec Charlie, il ne l’a plus partagé avec eux depuis bien longtemps. Cette harmonie, cette osmose musicale qui donne du sens à tout. Les yeux clos à son tour, Chad se promet de ne pas oublier ça. Mais il ne peut y penser plus sérieusement pour l’instant, car cela signifierait s’éloigner de l’instant afin de l’observer avec plus de recul. Il n’en a pas envie.

“When you wake up in the mornin’, baby, look inside your mirror
You know I won’t be next to you, you know I won’t be near
I’d just be curious to know if you can see yourself as clear
As someone who has had you on his mind”


Alors que la musique s’arrête une fois de plus, Chad rouvre les yeux. Celle-ci fait réellement sensation, visiblement. Les gens ont l’air paisible. Un de ces rares moments où l’humanité ne lui apparaît pas totalement fichue. " Bien joué, petite sœur " murmure-t-il à l’intention de la jeune fille, un clin d’œil dans la voix. Il ne sait pas quel genre de grand frère il aurait pu être réellement, mais s’il avait eu une petite sœur, quelqu’un comme Charlie n’aurait pas été trop mal. Il se tourne alors vers l’audience, cherchant le dénommé Denis, levant son verre comme pour lui porter un toast. Ce geste, pour lui, est totalement ironique. Il ne se soucie même pas de sa réaction, reportant son attention immédiatement vers la jeune femme, avalant une nouvelle gorgée. Finalement il repose son verre. " Tout ça m’a donné une petite idée. Tu me suis ? " Il sourit à la jeune fille alors que ses doigts se remettent au travail.

"Help! I need somebody
Help! Not just anybody
Help! You know I need someone
Help!

When I was younger so much younger than today
I never needed anybody's help in any way
But now these days are gone and I'm not so self assured
Now I find I've changed my mind, I've opened up the doors

Help me if you can, I'm feeling down
And I do appreciate you being 'round
Help me get my feet back on the ground
Won't you please, please help me?”

_________________


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