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 Kitou - PV Jon

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Charlie A. Carter
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MessageSujet: Kitou - PV Jon   Dim 4 Sep - 22:51


‘’You're everywhere I go
Even though you're miles away.‘’

Jonathan&Charlie


L’été était passé à une vitesse affolante. J’avais repris le chemin de Poudlard sans envie, mais avec une angoisse qui me serrait la gorge. J’avais passé ces quelques semaines à essayer de deviner quel serait mon futur tout en maudissant mon incapacité à le faire. Entre ça et les soirées agitées dans lesquelles j’avais été entraînée... Je ne me rappelais pas de tout, mais une chose était certaine : j’avais essayé de tenir Poudlard le plus loin possible de moi. Je ne pouvais pas m’empêcher de penser à cette dernière année, à ce que cela impliquait, aux ASPICS, à mon futur plus trouble encore que l’eau du Lac, à Jonathan. Merde. Plusieurs fois je m’étais énervée contre tout, contre rien, en essayant de fuir mes propres pensées. Je n’arrivais pas à comprendre et ça m’obsédait. Pourquoi est-ce que le gryffon avait réagi comme ça, pourquoi moi j’avais réagi comme ça ? Qu’est ce qui m’avait pris de m’éloigner brusquement alors que je n’en n’avais même pas envie ? Il avait fini par raser les murs le reste de l’année et je l’évitais aussi, trop honteuse pour aller à sa rencontre. Je devenais folle de rage et d’incompréhension. Le ventre noué, j’avais retrouvé mon père le temps d’un été. Ou du moins ce qu’il en restait. Je ne supportais décidément plus de le voir ainsi alors forcément, j’avais passé le plus de temps possible en dehors de notre taudis.
Et même dans ces moments, je peinais à oublier Poudlard.

J’ai eu tout le trajet pour me calmer et j’ai pu profiter de mon dernier banquet de rentrée. Retrouver ma maison avait quelque chose de rassurant et même si au total j’évitais trois personnes consciencieusement (Allen, Lorias et Jonathan), j’ai pu apprécié les retrouvailles avec quelques rares personnes que j’étais contente de revoir. Quitter mon père me déchirait autant que ça me soulageait. Je me demandais souvent, quand je fermais la porte de la maison, si c’était la dernière fois que je le voyais vivant. Je ne pouvais pas franchement savoir après tout, et je ne savais ce qui était le plus terrible : ouvrir la porte quelques mois après et le voir dans le même état ou le savoir enfin parti pour de bon ? J’aimais profondément mon père, mais le voir était particulièrement douloureux. J’y pensais alors que les nouveaux élèves défilaient sous le choixpeau et que ma table s’agitait de joie dès que l’un d’entre eux nous rejoignaient. Bienvenue chez les vipères : comment pouvait-on en être content ? D’un autre côté, pouvait-on franchement se réjouir d’être chez les blaireaux, les intellos ou ceux qui fonçaient dans le tas ? Les prétendus courageux ne l’étaient pas tous… Et voilà, je me mettais à chercher Jonathan du regard.

On nous a présenté les nouveaux professeurs sans que je m’y intéresse. Ce n’est qu’après que j’ai entendu la rumeur. La nouvelle enseignante de Soin aux Créatures Magiques était apparemment la mère de… Jonathan Shepard ! Décidément. J’étais épuisée d’entendre son prénom partout, fatiguée de l’avoir en permanence en tête et pourtant de m’efforcer à l’éviter. Alors quand je l’ai vu le lendemain, attablé pour le petit déjeuner j’ai fait comme si j’étais Gryffondor : j’ai pris mon courage à deux mains et sans plus réfléchir je me suis dirigée vers lui. Le plus naturellement du monde, je me suis attablée à ses côtés et alors que le silence s’alourdissait, j’ai réfléchis à ce que je pouvais lui dire.

« Alors comme ça ta mère est la nouvelle prof de soin aux créatures magiques ? »

Ça c’était de l’improvisation de compétition.
En espérant que cette fois il ose ouvrir la bouche pour parler.

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MessageSujet: Re: Kitou - PV Jon   Mar 6 Sep - 0:58






Kitou Itouq Toutik

L’été. C’était toujours pareil, qu’importe les années. Ça avait toujours le même goût. Je rentrais chez mon père, comme à chaque fois, seul. Il vivait toujours dans le même appartement, en ville. Celui où j’ai grandi, celui dans lequel on a emménagé juste après s’être retrouvé que tous les deux. De là, je retournais à une vie similaire à celle des moldus, avec mes amis, mon père. Cette année avait pour seule différence que je pouvais faire quelque tour de magie dans ma chambre, ayant passé la majorité. Je ne le faisais pas en dehors de cette pièce, pas devant mon père. Je ne voulais pas lui rappeler une vieille époque, et moi même, je ne l’utilisais que très peu, cherchant oublier Poudlard.
Cet été, comme tous les ans, on était passés faire un tour en écosse, voir mes grands-parents, les sorciers. Leur maison suintait la magie de toute part, tellement qu’on aurait cru que c’est elle qui la maintenait en place. Cette ambiance me rendait nostalgique, bien et un peu triste à la fois. Ils faisaient toujours tout pour me mettre à l’aise, mais étaient toujours dans l’excès. Mon père lui aussi avait du mal, et restait en retrait. Moi j’avais pour habitude de prendre sur moi, pour leur faire plaisir. Mais cet été là, j’avais pas envie. La seule chose qui me disait, c’était de rester seul, dans mon coin.
Cet été là, j’avais envie de voir personne.

C’était pas que cet été d’ailleurs, mais depuis le début du mois Juin. Je rasais les murs, j’évitais les gens, je ne parlais pas. J’essayais de ne plus exister aux yeux du monde. J’avais besoin d’une retraite, comme ces trucs spirituels que les gens faisaient. Loin des yeux, loin du cœur. J’avais besoin de me calmer, de fuir la tempête. Simplement, de reprendre mes esprits.
Autant dire que moi, de base, le type plutôt introverti, légèrement ermite sur les bords, j’étais devenu une sorte de fantôme. Manquait plus qu’on me coupe quasiment la tête et j’aurais fait un quasi-jaloux. Mais j’en avais besoin. Ces mois à oublier, à l’oublier, elle, c’était une sorte de libération. J’avais l’impression d’avoir repris possession de moi même.

Jusqu’à la rentrée. J’appréhendais un peu de revenir à Poudlard, de la revoir, de perdre à nouveau le contrôle. Tout ça, je l’avais tourné et retourné dans ma tête, la semaine précédent la rentrée. J’avais imaginé milles scénarios possibles, et bizarrement, aucun ne se finissait avec un Jon calme et détendu face à elle. Mais dans tout ce cas j’avais pu envisager, tout ce qui était probable de se produire, jamais j’aurais pu prévoir ça. Lucy.
J’étais entré dans la Grande Salle, comme normalement. Je m’étais attablé, sans prêter attention à autre endroit que la table des serpentards. Mes yeux étaient irrésistiblement attiré vers là-bas, à la recherche d’un visage que mon esprit espérait ne jamais trouvé. Evidemment, cet espoir était vain, et j’ai fini par la fixer au loin. Juste la fixer, testant une certaine discrétion plutôt inutile : personne ne semblait faire attention à moi. Et c’était réciproque, finalement.
J’étais complètement absorbé, et je ne sais pas comment je serais sorti de cet état sans l’annonce des nouveaux professeurs. En temps normal, je me contrefiche de ces discours sans intérêt. Mais cette année, j’aurais difficilement pu passer à côté de ça :

“ Et votre nouveau professeur de soin aux créatures magiques…. Lucy Chatterton ! ”

Ce nom. Il me semblait tout droit revenir des profondeurs, et le regard que je jetais instantanément sur elle, c’était le regard d’un sceptique apercevant Nessie surgir du loch. C’était pas possible. Impensable. Elle ne pouvait simplement pas être là. Mon cerveau se mit à tourner dans le vide, reniant complètement l’évidence même qu’elle se trouvait dans mon champ de vision. Non. Elle n’était pas là.
Et le pire, c’est les personnes absentes qui vous font un petit coucou, accompagné d’un sourire et d’une petit bisou soufflé. D’un coup, tout les gens autour de vous qui n’ont pas vu cette personne inexistante parle et font des rumeurs. Des trucs un peu trop juste. Alors on fait l’autruche. Si on ignore tout, rien ne s’est passé. Et elle n’est pas là.

Le lendemain, la stratégie restait inchangée. Il n’existe que ce à quoi l’on porte de l’importance. Alors je gardais ma tête bien enterrée, bien cachée. Tout cela allait me passer par-dessus et ce serait très bien.
C’est là qu’à côté de moi, une nouvelle revenante fit son apparition. Revenante oui. Il avait fallu un retour inopiné d’une personne non désirée pour réussir à faire sortir de ma tête celle qui me hantait depuis des mois. Charlie. Face à elle, maintenant, je n’avais pas envie de faire l’autruche. J’avais envie de la regarder, de lui sourire. Et cette fois-ci, je ne me retins pas. Oui, je préférais milles fois elle à l’autre. Bien sûr, à ce moment là, j’étais bien trop enchantée par sa présence à côté de moi, pour me souvenir du froid, de mon blocage.

“ Charlie… “

Je souriais simplement, avec un petit air niais, mais vraiment heureux de la voir.



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Charlie A. Carter
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MessageSujet: Re: Kitou - PV Jon   Mar 6 Sep - 22:28


‘’You're everywhere I go
Even though you're miles away.‘’

Jonathan&Charlie


Je ne savais pas vraiment si j’étais contente, soulagée ou énervée. C’était peut-être bien un mélange des trois. L’été m’avait offert une porte de sortie mais bien entendu, c’était temporaire et j’étais de nouveau coincée là, avec Jonathan, ses réactions, les miennes, mes sentiments confus et tout ce qui allait avec. Je me suis repassée les évènements qui avaient précédés les vacances et tout-à-coup j’ai eu terriblement envie de partir de la table des Gryffondors. Je n’avais toujours pas eu mes explications, et j’étais agacée de courir après. Je voulais comprendre, les réactions des personnes qui m’entouraient, afin de m’aider à canaliser les miennes. Ce n’était quand même pas si compliqué. Et pourtant, tous semblaient s’être passés le mot pour me laisser dans le flou le plus total. En plus de gérer mes émotions pas toujours claires, il fallait que je reçoive celle des autres en plein figure, que je les analyse et que je réagisse en fonction. Parfois, j’avais réellement envie de m’isoler de tout ce beau monde pour qu’on me laisse enfin tranquille et que je puisse vivre une existence tranquille. Je n’aspirais à rien de plus, quoi que l’on puisse croire. J’ai poussé un soupir avant de me rappeler que Jonathan était juste à côté de moi, j’ai faillis sursauter en revenant à cette réalité.
Et lui, il souriait. Bêtement en plus.

Je suis restée calme alors qu’il avait enfin retrouvé le sourire : allez savoir pourquoi. Peut-être était-il réellement heureux de me retrouver. J’y croyais à moitié, encore trop bloquée par les évènements passés. Il a prononcé mon prénom comme s’il sortait d’un long coma et que j’étais la première personne qu’il voyait en ouvrant les yeux. Et moi, j’étais terriblement frustrée. Un fois de plus il ne répondait pas à ma question et disait ce qu’il voulait. Alors certes, mon interrogation n’était pas franchement essentielle mais y répondre ne devait pas être si difficile, si ? Même moi je connaissais ces bases de la politesse. Je me suis mise à réfléchir sur la raison pour laquelle il aurait évité ma question. Après tout, cette histoire de prof qui était sa mère n’était qu’une rumeur et peut-être qu’il était blasé d’en entendre parler. Ou peut-être aussi qu’il refusait d’admettre que sa mère travaillait ici. Peut-être même qu’il n’avait pas envie de la revoir. J’ai ressenti comme un pincement au cœur que j’ai choisi d’ignorer, je ne voulais pas m’attarder sur toute cette histoire de mère revenante.

« Tu te souviens de mon prénom après m’avoir ignoré pendant des semaines ? Incroyable. »

Je n’ai pas pu m’empêcher, c’est la seule chose qui me venait à l’esprit. Je ne souriais pas, je restais figée malgré tout. Je ne savais déjà plus ce qui m’avait poussé à m’asseoir aux côtés de Jonathan. Je ne réfléchissais pas bien et en plus je disais plutôt n’importe quoi. Je n’espérais ne pas l’avoir vexé mais après tout, il méritait bien ce que je venais de lui dire. Il m’avait complètement rayé de sa vie en fin d’année dernière, il n’espérait tout de même pas s’en sortir aussi facilement ?
Malgré tout, j’avais envie de sourire parce que j’étais heureuse de le retrouver.

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MessageSujet: Re: Kitou - PV Jon   Dim 11 Sep - 15:35





Kitou Itouq Toutik

Elle était là, à ma table, à côté de moi. C'était tout bête mais j'en étais vraiment heureux. Plus je sentais sa présence, là, plus je me disais que j'avais été idiot de la fuir. J'avais été tout ce temps engloutit dans un amas de question qui m'étouffait, et j'avais oublié de respirer tranquillement. J'avais perdu mon recul. Encore une raison pour laquelle j'évitais les relations humaines, trop compliqués, trop prises de tête. Alors que là, j'étais juste bien, sans question, sans penser à rien. Et d'un coup, je dévorais mon petit-déjeuner comme si c'était le meilleur du monde, comme si j'avais été affamé depuis des mois dans une grotte. Ça faisait longtemps que je n'avais pas si bien manger.

J'avais tout sauf envie de penser à ma mère, ou à ce qui s'était passer entre Charlie et moi. J'avais juste envie de revenir à ce moment où nous étions au lac, tranquillement. C'était cet état d'esprit qui m'était revenu d'un coup, celui où on s'amusait. Alors ce n'était pas ses petites piques qui allait me fâcher, non, au contraire. J'avais l'impression que rien ne pourrait gâcher ma bonne humeur soudaine. Ce fut donc pour un nouveau sourire idiot que je lui répondais. Je n'avais même pas remarquer cette tendance que j'avais à ne pas répondre à ces questions. C'était une réaction naturelle, de répondre à côté, d'éviter de trop en dire. Surtout depuis notre première rencontre, trop lourde. Je me reconcentrais sur mon croissant en marmonnant une autre réponse, sans me soucier si elle l'avait bien entendu.

« Personne ne peut oublier ton nom...  »

C'était plutôt une remarque pour moi-même, au final. Après tout, tout le monde connaissait plus ou moins Charlie, au moins par réputation. Elle arrivait même à être amie avec mes amis proche. A se demander comment j'avais réussi à l'éviter ces derniers mois. Un véritable exploit.
Le genre d'exploit que je n'avais plus du tout envie de renouveler. J'avais d'ailleurs du mal à détacher mes yeux d'elle maintenant. En fait, de loin, je devais ressembler à une sorte d'amoureux transi. Forcé de dire que si cette pensée m'avait traversé l'esprit, je me serais certainement trouvé une nouvelle passion pour les miettes sur la table. Mais à cet instant là, comme dit, je me posais pas de question, et je ne réfléchissais absolument pas. J'avais donc l'air profondément débile.

« C'est bien que tu sois là.  »




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MessageSujet: Re: Kitou - PV Jon   Jeu 15 Sep - 23:40


‘’You're everywhere I go
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Il semblait simplement et sincèrement heureux de me retrouver. Et moi je me demandais bien si j’étais la seule de nous deux à continuer à me poser milliers questions et si oui, pourquoi ? Des milliers de question comme : comment pouvait-il passer de l’ignorance la plus totale à ce sourire béat aussi agaçant qu’agréable ? Pourquoi m’avait-il fui ? Qu’est ce qui avait changé pour qu’il daigne rester dans la même pièce que moi ? Je ne me sentais absolument pas aussi à l’aise que lui qui semblait se régaler alors que je ne touchais pas à mon assiette. J’étais à deux doigts de lui proposer de finir la mienne mais je suis restée silencieuse. Je crois que je n’ai jamais connu quelqu’un d’aussi frustrant que Jonathan. Ses réactions n’étaient jamais celles espérées, attendues ou même celles qui paraissaient un minimum cohérentes ou logiques. J’avais un besoin terrible de comprendre et voilà que je tombais sur quelqu’un que j’avais encore du mal à cerné et pire, qui me laissait complètement perdue dans ce que je pensais et ressentais. Je détestais cette sensation : je ne contrôlais rien, ou du moins encore moins que d’habitude. C’était détestable et à la fois doux comme sensation. Je n’arrivais pas à l’expliquer, comme beaucoup d’autres choses concernant le Gryffon d’ailleurs.

J’ai entendu à moitié la réponse qu’il a marmonné, mais je crois que ça voulait dire qu’il était incapable d’oublier qui j’étais. Super. Tu parles d’une réponse. J’avais encore envie de le secouer mais je n’ai rien fait. Je voulais qu’il me parle mais j’étais face à un Jonathan qui me dévorait du regard sans que je sois capable de faire ou dire quoi que ce soit pour changer ça. D’ailleurs, je n’en n’avais pas franchement envie. Je l’ai regardé moi aussi, soutenant son regard j’ai laissé le silence planer sans chercher à le briser. Et je n’ai pas eu à le faire, parce que c’est lui qui a repris la parole. C’était bien que je sois là. Quand je vous disais qu’il était frustrant. Quelques semaines auparavant, il rasait les murs dans l’espoir de devenir invisible et que je ne vienne plus vers lui et maintenant ma présence était un don du ciel. J’étais peut-être pas la seule bipolaire après tout. Je le comprenais de moins en moins et ça m’angoissait. Je me comprenais de moins en moins aussi. J’avais envie de passer du temps avec lui, d’apprendre à le connaître plus, de savoir ce qu’il aimait ou non, de nous trouver des points communs, de discuter de nos divergences de point de vue. C’était stupide comme envie, mais je ne pouvais pas la refréner, c’était une sorte d’obsession qui tournait en boucle depuis la fin de l’année précédente.

« Et tu vas me dire pourquoi c’est bien ou tu vas juste me regarder ? »

Je voulais qu’il me parle, qu’on discute ou qu’on rit ensemble. Mais pas qu’on se regarde dans le blanc des yeux pendant des heures. J’en étais bien incapable et j’espérais qu’il s’en rende compte. Je le provoquais dans l'unique but d'obtenir une réponse satisfaisante : c'était le seul moyen que je trouvais. En attendant, je ne l’ai pas quitté des yeux :
Je ne trouvais aucune raison valable de le faire.

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MessageSujet: Re: Kitou - PV Jon   Dim 18 Sep - 15:10





Kitou Itouq Toutik

J’étais complètement perdu, à la contempler. J’aurais certainement pu passer des heures comme ça, à me promener dans son regard, avant que celui-ci me ramène à la réalité. Oui, j’étais vraiment heureux qu’elle soit là, à cet instant précis. C’était un peu comme si tout redevenait enfin normal, après des mois passé avec elle sans elle, elle remplissait la présence vide. J’avais l’impression d’avoir vécu tout ce temps avec un fantôme de sa personne. L’éviter n’avait servi à rien d’autre qu’à me voiler la face, et me rendre plus morose qu’à l’habitude. Je me rendais aussi compte que j’avais eu peur. J’étais terrifié à l’idée de l’affronter, tout ce temps, l’idée de sa réaction.

C’était ça, je ne voulais pas interpréter son recul, j’avais peur qu’il puisse quelque chose, un truc qui pourrait pas me plaire, alors je préférais rester dans le flou. Pas savoir, c’était très bien. Je savais même pas ce que je voulais de toute façon. Et pour la peine, ma réaction depuis son retour pouvait très bien coller à cette expression : Heureux le simple d’esprit. Le cerveau hors-service, les questions loin, juste le ressenti du moment. C’était ce qui m’avait sortit de mon antre, le trou où je m’étais caché et où j’espérais qu’elle ne me trouve jamais. Finalement, elle m’avait trouvé, et je me sentais plus libéré qu’autre chose.

« Tu m’as manqué. »

La langue déliée, je parlais bien plus facilement, disant des choses que j’aurais normalement eu un mal fou à prononcer. Elle était certainement la seule à réussir à me mettre dans des états de tension extrême ainsi que de détente absolue. Car c’était bien ce qui se passait là, j’étais apaisé par sa seule présence. J’avais ce petit sourire, celui qu’on ne contrôle pas, qui s’échappe et s’incruste quand on est content, quand on se sent bien. Je ne l’avais même pas remarqué.

« Je t’ai manqué ? »

Une question, toute simple, qui reprenait l’aveu que je venais de faire. Elle était partit sans que j’y pense, sans remarquer que la réponse était cruciale. Je l’attendais, sans vraiment avoir peur, sans faire le lien entre la situation qui m’avait fait fuir et cette petite question. Pourtant, nul doute que si elle reculait encore, je m’enfuirais à nouveau. Et là, je n’irais pas seulement dans mon trou, je m’y enterrerais pour y laisser crever cette relation. Mais pour l’instant, j’attendais, insouciant, le sourire aux lèvres. Ce n’était qu’une pauvre petite question.



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MessageSujet: Re: Kitou - PV Jon   Mer 28 Sep - 22:36


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Jonathan aurait pu me faire peur à me regarder comme si j’étais quelque chose d’extraordinaire. Je n’étais pas franchement habituée à ce genre de contemplation, et si au début il m’avait mis mal à l’aise, j’essayais maintenant de l’apprécier. On ne m’avait pas souvent observé comme ça, j’avais donc naturellement du mal à me détendre alors que lui, au contraire, m’avait rarement semblé aussi calme. On aurait presque dit qu’il était défoncé tant il semblait flotter sur son petit nuage. J’ai fixé ses yeux à la recherche d’une preuve d’une quelconque prise drogue mais j’ai bien vite conclu, sans étonnement, qu’il semblait complètement clean. D’un autre côté, je voyais mal Jonathan prendre quoi que ce soit d’illicite, mais après tout je ne le connaissais pas vraiment. Et en même temps, j’avais l’impression de bien le connaître. Ce qui était plutôt curieux. Je ne l’expliquais pas, mais Shepard me permettait d’être moi-même, et d’être à l’aise, enfin en temps normal, quand il ne me fixait pas comme ça. J’ai balayé la Grande Salle du regard, m’attardant un peu sur la table de ma maison avant de revenir à lui.

Je me suis mordue la lèvre inférieure en l’entendant exprimer à haute voix ce qu’il pensait. C’était assez improbable comme réponse, et j’ai senti mon cœur s’accélérer. Soudainement stressée, j’ai arrêté de le regarder dans les yeux. A mon tour de fixer le sol, mais je n’ai pas pu m’y résoudre bien longtemps, j’aimais trop ce contact visuel pour y renoncer. J’avais envie de répondre à son sourire, mais je ne l’ai pas fait, sans trop savoir pourquoi. J’étais terriblement gênée par ce que je prenais pour une déclaration directe. J’étais d’un naturel fermé, et j’évitais en général d’exprimer le moindre sentiment. Me jeter à l’eau me faisait terriblement peur, et je ne pouvais pas m’empêcher de penser aux conséquences que pouvait avoir ce genre de phrases. Et s’il finissait par me blesser ? Ou l’inverse ? Et si je me trompais ? Et s’il trouvait mieux ? J’étais terrifiée par n’importe quelle sorte d’engagement, alors apprendre que j’avais manqué à Jonathan me pétrifiait. Désireuse de faire bonne figure, j’essayais de me décrisper, à commencer par mes poings que j’avais serré presque naturellement. J’ai respiré calmement, même en entendant sa question.
Là pour le coup, c’était un vrai Gryffondor, il n’y avait qu’eux pour être aussi directs.

J’ai essayé de sourire, mais je crois que ça ressemblait plus à une grimace. Il me demandait de répondre à une question qui me faisait stresser, à tel point que je regrettais de m’être assise à cette table. C’était pourtant simple, je ne pouvais pas lui reprocher d’être tordu, ou de ne pas comprendre ses éventuels sous-entendus : il était content de me retrouver, je lui avais manqué. Facile à dire après m’avoir ignoré pendant quelques jours et pas vu pendant deux mois. J’ai respiré, non seulement angoissée par l’idée d’exprimer ce que je ressentais, mais aussi tout simplement par ce que je sentais au fond de moi-même. Mais il méritait une réponse, malgré son air d’imbécile heureux.

« Je… enfin… Ouais... tu… »

Je peux vous assurer que je me suis mis une claque mentale avant de reprendre. Respire Charlie.

« Oui… tu m’as manqué… Je crois bien qu’on peut dire ça. »

Tonnerre d’applaudissement je vous prie. J’étais à deux doigts d’exploser tant mon cœur s’était accéléré. Je détestais faire ça. Pourtant c’était sincère :
Il m’avait réellement manqué.

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MessageSujet: Re: Kitou - PV Jon   Ven 14 Oct - 12:03





Kitou Itouq Toutik

Sa réponse eu l’effet d’une douche froide, certainement celle de la lucidité. Mon esprit jusqu’à lors embrouillé par un amas indéchiffrable s’éclaircissait. Les morceaux du puzzle semblaient trouver leur place, et laisser une surface plane. Je continuais de la regarder, droit dans les yeux, plus comme si elle était la huitième merveilles du monde, mais comme si j’avais à faire à une créature étrange, provenant d’un autre monde. Mon sourire avait disparu.
Je me rendais simplement compte de ce que j’avais dit, de ce que j’avais dit, et de ce qu’elle avait répondu. J’avais du mal à croire à ce qu’il venait de se passer, et je me sentais d’un coup assez mal à l’aise. Partagé entre l’envie de rester en sa compagnie, et de m’enfuir à nouveau. D’un côté il y avait elle, et de l’autre, une pression et un certain manque d’assurance de ma part. Je ne savais même pas comment réagir face à ce qu’elle venait de me répondre. Je savais même pas comment elle avait pu le dire elle, qui n’avait pas l’air d’avoir eu le cerveau déconnecté durant quelques instants comme j’avais pu l’avoir. Et face à ses mots, moi je n’avais pu que sortir quelques bredouillements incompréhensible, du genre : “Emirffeigerigf…”
A ça se suivant une perte d’assurance ne me permettant même plus de soutenir son regard. Mon regard avait fuit vers une fourchette, espérant retrouver ma confiance perdue dans l’observation attentive du triturage que j’en faisais avec mes mains. A ce moment là, une partie de moi espérait tout autant que personne ne me voit dans un état pareil, parce que s’il fallait qu’on me fasse des remarques sur mon attitude actuelle, il était sûr que je n’allais pas faire le fier. J’avais l’impression d’être un gamin qu’on avait pris la main dans le sac, horriblement gêné.

“Ouais, c’est… bien..?”

Je savais plus où me mettre, et je me demandais si Charlie n’allait pas me prendre pour un idiot, elle aussi. J’essayais de me mettre à sa place, et je me disais que moi-même, je me serais pris un type assez pitoyable. Je me sentais encore plus pitoyable d’être pitoyable. Mais peut-être qu’elle ne le verrais pas comme ça. En même temps j’essayais de me dire qu’elle s’en fichait, et que je devais très certainement avoir un problème à me demander ce qu’elle pensait de moi. Après tout, ce qu’on venait de dire pouvait à la fois tout dire et rien dire. Elle avait pu répondre par politesse. Par n’importe quoi. Et je n’avais pas envie de mettre un mot sur le par-”quoi” j’aurais voulu. Même si ça devenait de plus en plus clair dans mon esprit, il n’en restait que j’avais vraiment du mal à l’accepter.

“...Sinon, bien tes vacances ?”

Je préférais changer de sujet. S’éloigner de ce qui me faisait perdre mes moyens, une sorte de fuite, mais une fuite où elle restait présente. C’était ce qui semblait le mieux pour l’instant, tout en me convenant pas du tout.
Ce que j’avais commencé avec ma première question, sans vraiment le vouloir, je voulais savoir la suite, savoir vraiment ce qu’elle pensait. Mais sur l’instant, j’avais perdu tout courage de continuer sur la pente.



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MessageSujet: Re: Kitou - PV Jon   Sam 5 Nov - 23:55


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Even though you're miles away.‘’

Jonathan&Charlie


J’ai pensé à sa réflexion, à sa question, à ma réponse aussi. Oui je crois que quelque part je m’étais déjà habitué à sa présence, et que je l’avais apprécié. Et puis, à cet instant où j’affirmais qu’il m’avait manqué durant l’été, j’ai failli rire, non pas que la situation soit drôle non, mais je me suis trouvée bien naïve. Le début de ce que nous avions, peu importait ce dont il s’agissait, était encore doux, timide, peu assuré. Il me disait que je lui avais manqué, j’osais lui répondre que moi aussi. Et pourtant, j’étais persuadée que dans quelques temps, quelques jours, semaines, mois, années, qu’importe, je cesserai de lui manquer. Aussi naturellement que c’était venu, toute cette magie serait repartie, fatiguée, tout finirait par s’éteindre, j’en étais sûre. Je n’étais pas d’un naturel pessimiste pourtant, mais je me connaissais, je connaissais mes parents, mon entourage, celui de ma famille. Un jour je commencerai à le lasser, j’étais convaincue que je deviendrai… trop. Tout simplement. Trop difficile à gérer, trop épuisante, trop tout. Comme mon père et moi avions épuisé ma mère, je finirai par le lasser, j’en étais sûre, l’issue de cette histoire m’est apparue inévitable. J’étais loin d’être un cadeau, et il semblait tout aussi loin de s’en rendre compte.
Ça ne saurait tarder.

Sa question était trop directe, ma réponse aussi. Forcément, l’instant qui a suivi était plutôt gênant. Je ne savais pas trop où me mettre et je n’avais qu’une envie : quitter cette table où je n’avais rien à faire. J’ai attrapé son regard alors qu’il essayait d’enchaîner comme il le pouvait. Sa réponse m’a fait l’effet d’une douche froide mais je n’ai pas bougé. Mon cœur s’est calmé et j’ai essayé d’oublier que je venais d’ouvrir plus ou moins mes sentiments à quelqu’un, et que j’avais eu l’impression de faire une grande chute dans le vide. Ça n’était pas si désagréable que ça, mais je me suis tout de même promis de ne plus le faire. J’ai accepté le changement de sujet avec soulagement, au moins on allait pouvoir se cacher derrière un échange de banalité qui promettait de rester aussi plat que superficiel. Mes vacances, j’ai retenu un sourire ironique, à la place j’ai haussé les épaules.

« Oui, comme d’habitude quoi ! »

J’ai éloigné mon père de mes pensées.

« Ça fait surtout du bien que quitter Poudlard un moment. »

S’éloigner de tout ce qui m’oppressait tout le long de l’année. Quitter ces murs le temps d’un été me faisait toujours du bien et pourtant, les retrouver avait quelque chose de rassurant. Je me sentais plus en sécurité ici, même après ce qui c’était passé avec Lorias. Poudlard m’éloignait d’une réalité que je préférais fuir. J’ai repris le contact visuel avec Jonathan.

« Et toi ?»

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MessageSujet: Re: Kitou - PV Jon   Mar 20 Déc - 0:09





Kitou Itouq Toutik

Je gardais les yeux rivés sur cette fourchette, continuant à la triturer assez nonchalamment. Le sur-plein de sentiments qui m’avait envahi venait de laisser place à un vide sentimental où je n’avais plus goût à rien. Je commençais à avoir l’habitude des montagnes russes avec elle, et je n’avais même pas l’envie de m’en exaspérer. Le vide que je ressentais ne me rendait pas vraiment triste, un peu mélancolique peut-être, me laissant à mon tour me replonger dans mon propre été. Je revoyais mon père, son éternel costume marron, son appartement, avec chaque chose toujours à la même place. Je repensais aussi à mes grand-parents qu’on était allé voir, et de fil en aiguilles, à mon enfance. J’aurais pu me relancer dans une spirale déprimante, en parlant à nouveau de sujet lourd et démoralisant avec Charlie, mais je ne repensais pas à cette partie là de mon enfance. Cet été me rappelait mes anciens étés, et comment il aurait pu être, me demandant si mon comportement n’était pas la principale raison de la tournure qu’ils avaient pris. Un voyage fastidieux, pas très attrayant, reposant tout au mieux, et surtout obligatoire.

“ Je suis aller tenir compagnie au paternel, faire la visite aux grand-parents. C’est important la famille. “

C’est ce qu’on dit tout le temps après tout. Je n’ai jamais été vraiment sûr d’adhérer à cette idée, mais je n’ai jamais été vraiment contre non plus. Cela me semblait important, comme beaucoup d’autres choses en fait. Mais là, me concentrer sur l’option famille m’allait très bien, car tout ce cheminement vers le passé m’avait rappelé sa présence dans la salle.

“ Enfin pas pour tout le monde. “

Je lâchais ça en jetant un regard noir vers la nouvelle professeure de soin aux créatures magiques, qui n’avait rien remarqué, trop occupée à discuter avec son voisin. Je n’avais aucune idée de ce qu’elle faisait là, et je n’avais pas envie de m’y intéresser. J’aurais préféré ne jamais la revoir, revenant très vite à mon principe d’ignorance totale je reportais mes yeux sur celle que j’avais le moins envie de voir disparaître. L’écart de sentiment que j’éprouvais pour les deux étaient vraiment énorme, l’exact opposé. Ce qui était gênant, c’est qu’autant j’étais heureux de retrouver Charlie pour une nouvelle année, autant je me serais bien passé de devoir supporter l’autre durant plusieurs mois.

“ Même Poudlard peut avoir ses démons. “


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