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 It takes one to know one - ft Allen

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MessageSujet: It takes one to know one - ft Allen   Lun 26 Sep - 1:06

Charlyn avait fait tout son possible pour ne pas laisser ses émotions déborder. Elle s'était focalisée au maximum sur Jonathan, plutôt que sur elle. Oui, vraiment, elle avait fait tous les efforts du monde pour ignorer ce qui se produisait en elle. Toutes les secousses émotionnelles, toutes les pensées parasites, toutes les petites voix néfastes, elles les avaient repoussées. Ca avait été la chose raisonnable à faire, le bon comportement à adopter, la bonne posture. Elle n'avait pas vraiment eu le choix, de toute façon, en face de lui. Elle n'avait pas pu laisser ses émotions prendre le pas, et elle savait que Jon, dans tous les cas, ne méritait pas ça. Il s'était ouvert à elle, et elle n'avait pas pu le rejeter. Pas plus qu'elle n'avait pu rejeter ses paroles ou se boucher les oreilles. Et pourtant, elle aurait voulu. Ca aurait été beaucoup plus simple. Parce que, ce qu'elle avait appris, elle ne savait pas quoi en faire. C'était comme un puzzle avec des pièces qui ne faisaient aucun sens, comme un minuscule puzzle avec deux-mille pièces. Charlyn n'avait jamais trop aimé les puzzle. Peut être par manque de patience. Mais celui-là était peut être le pire qu'elle ait rencontré au cours de ses seize années à arpenter la planète Terre. En faisait-elle trop ? Etait-elle une drama-queen ? Deux questions parmi toutes celles qui flottaient dans son esprit. Deux questions qui flottaient dans un océan de quoi ? De colère, un peu, peut être. De tristesse, aussi. Elle avait le cafard, c'était peu dire. La vérité, c'est qu'une folle envie de pleurer lui serrait la poitrine, l'empêchant un peu de respirer. Les confidences de Jon l'avait retournée, et remettaient en question beaucoup de choses. A commencer par Charlie et ses sentiments envers la Serpentard.

Elle n'en voulait pas à Jon de l'avoir embrassée. Non, ce n'était pas ça, ce n'était pas aussi stupide. Elle s'en voulait à elle-même, d'avoir nié tout en bloc comme une idiote. Elle s'en voulait pour toutes ses réactions auprès de la Serpentard qu'elle n'avait pas maîtrisé, simplement parce qu'elle n'avait pas voulu comprendre. Parce qu'elle savait, sans vouloir s'en rendre compte, qu'elle ne l'avait jamais vue comme une simple amie. Qu'elle avait toujours secrètement désiré plus, sans trop savoir dire ce que ce « plus » désignait. Parce que ce « plus » là lui faisait peur. Parce qu'elle n'avait jamais vraiment éprouvé de sentiments envers qui que ce soit, à part pour elle. Des sourires bêtes quand elle pensait à elle à la colère de ses absences. Au final, elle lui en avait voulu alors qu'elle-même était la seule responsable de ses problèmes. Elle s'en était déjà plus ou moins rendue compte au cours de leur colle ensemble, mais elle n'avait toujours pas su voir le fond du problème. Encore à cet instant, se dire que peut être elle avait été amoureuse de la Serpentard lui faisait instinctivement monter le rouge aux joues, et la plongeait dans une colère noire. Elle ne savait pas ce qu'elle voulait, au final. Etait-elle jalouse de Jon ? Ce serait bien stupide. Et maintenant qu'il n'était plus en face d'elle, Charlyn avait le plus grand mal du monde à maîtriser le flux d'émotions dont elle était victime. Elle avait simplement envie d'arrêter de ressentir tous ces sentiments contradictoires, de le faire taire. Elle détestait ça. Elle avait l'impression d'être une enfant. Elle se sentait bête.

Elle marchait sans même savoir où elle allait. Elle s'en fichait, dans le fond. Il fallait juste que son corps reste en activité, sinon, elle allait se rouler en boule dans un coin et pleurer toutes les larmes de son corps. Elle regardait ses pieds, sans vraiment les voir, écrivant ses pensées sur les dalles de pierre du château. Elle avait l'impression d'avoir onze ans à nouveau, d'être étrangement perdue, seule, et impuissante. Comme si un gros nuage gris la suivait partout. Elle dévalait les escaliers sans même s'en rendre compte, laissant à ses jambes une totale autonomie. Elle ne rentrait pas dans les murs : c'était déjà ça. Il semblait donc que son corps n'avait pas besoin de son cerveau pour se frayer un chemin. Il lui fallut un certain temps et un peu de fraîcheur pour se rendre compte qu'elle était descendue. Pendant quelques secondes, elle se demanda où elle était, un peu comme quand on se réveille au milieu de la nuit, et qu'on ne comprend plus dans quel sens on est. Et puis, elle observa le sol, les murs, l'obscurité. Elle ne descendait pas très souvent au cachot, allez savoir pourquoi. Ses yeux, un peu brillants des larmes contenues, se mirent à cligner un peu. Elle se remit à marcher, rasant le mur, d'un pas un peu lent. Finalement, elle s'arrêta à nouveau. Elle se sentait fatiguée. A tous les niveaux. Alors, elle fut étrangement soulagée de ne voir personne quand elle se laissa glisser lentement contre le mur froid. Elle ramena ses jambes contre sa poitrine et se mit à inspirer fortement. Pourquoi diable se sentait-elle aussi minable ?

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MessageSujet: Re: It takes one to know one - ft Allen   Lun 26 Sep - 13:04



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La salle commune était trop bruyante, trop occupée. Le dortoir était trop silencieux, vide. Allen suffoquait. Il avait de plus en plus de mal à accepter le bruit ces derniers temps, à accepter la présence des autres élèves de sa Maison. Si habituellement il aimait le calme et la solitude, la trouvant réconfortante, il l'appréciait de moins en moins. Il y avait ces voix qui lui répétaient toujours la même chose. Ces flashs qui lui rappelaient ce qui était arrivé et sa culpabilité qui rejetait la faute sur lui. Allen était fatigué. Des cours. Des autres. De tout. Il était fatigué d'être celui qu'il était. Toute sa vie il avait essayé de faire le bien, essayant toujours de s'améliorer, et à chaque fois ses efforts avaient été écrasés par l'échec. Tout retombait toujours sur lui. Même quand il n'y pouvait rien. Même quand la faute n'était pas censée lui revenir. Mais si seulement il n'y avait que ça, si seulement la culpabilité était tout ce qu'Allen ressentait, il pourrait encore la combattre. Résister, se relever, essayer encore, comme il l'avait toujours fait. Mais cette fois, c'était d'autant plus dur que tout le monde finissait par lui tourner le dos. Allen avait toujours été abandonné. Cela lui avait fait encore plus mal d'apprendre que ce fait n'avait pas changé.
Il y avait tant de causes à sa peine qu'il n'arrivait plus à les trier, à en tirer le bon côté. D'abord, il y avait Lorias. Il la connaissait depuis si longtemps, la considérant comme sa famille, et jetait un œil sur elle de temps en temps. Alors, quand elle avait disparu une énième fois ce soir-là, évidemment qu'il était parti à sa recherche. D'autant plus car il avait remarqué l'absence de Charlie, et n'avait pas noté aucune autre absence. Il fallait toujours se poser des questions avec Lorias. S'il connaissait bien Lorias, il connaissait peu Charlie. Il lui avait déjà parlé, et la considérait comme quelqu'un de bien, d'appréciable même, ils semblaient partager quelques points communs. Peut-être qu'ils seraient un jour devenus amis, s'il n'y avait pas eu Lorias. Cela, d'ailleurs, provoquait de la colère chez Allen. Mais comment lui en vouloir ? Lorias ne contrôlait rien. Et ce soir-là, ce n'était pas Lorias qu'il avait trouvé. Qui, il ne le savait pas, mais il était clair qu'il n'y avait pas une once de sa cousine dans cette personne. Quand il avait ouvert la porte de la Salle sur Demande, qu'il avait vu – un fragment de seconde – le regard froid et cruel de sa cousine, il avait failli lâcher sa baguette. Abandonner. Il était censé l'aider, il était censé trouver un moyen de rendre à Lorias son corps pour de bon. Il avait échoué. Et non seulement il avait échoué, mais en plus il avait laissé un être de cette sorte prendre possession de sa cousine. Et encore. Prendre Charlie. Elle en portait la marque. Mudblood. Comme si Lorias aurait été capable d'écrire ça. C'est ce qu'était Allen, aussi, un sang-de-bourbe, un être infâme dont personne n'avait jamais voulu.
Ce qui était arrivé à Charlie, ça n'était pas de sa faute. Il était venu l'aider. Il l'avait sauvée. Pourtant, elle lui en voulait. Il était certain qu'elle le haïssait. Et ce parce qu'il avait essayé d'expliquer que ce n'était pas Lorias qui l'avait attaquée, mais quelqu'un d'autre. Il voulait juste le dire à Charlie, lui donner le moyen de se défendre si jamais ça recommençait. Parce qu'il ne savait pas ce qui pouvait arriver avec Lorias. Mais il ne pensait pas que sa cousine méritait d'être enfermée. Elle ne le supporterait pas. Et lui non plus ne supporterait pas de la perdre. Son seul lien avec son enfance. Son seul lien positif.
Un jour, peut-être arriverait-il à parler à Charlie. Peut-être accepterait-elle de l'écouter. D'échanger quelques mots. Mais la honte, la culpabilité et la colère l'en empêchaient. Il avait honte d'avoir été mêlé à tout ça, d'avoir été dans le camp des méchants – si tant était qu'il fut vu comme ça – et se verrait mal aller essayer d'arranger ça avec une salutation. Prendre des nouvelles. Quand on essayait d'oublier ce qui s'était passé. Impossible. Surtout quand l'épée de la culpabilité se dressait au-dessus de sa tête. Et au fond, il était bien en colère pour ça. Il en voulait à tout le monde, pour lui en vouloir, il en voulait à Lorias pour sa différence ingérable, il en voulait à Charlie pour lui avoir tout remis sur le dos. Alors que, en toute logique, il aurait très bien pu ne pas venir. Il aurait pu dîner, ce soir-là, se dire que Lorias n'avait pas besoin d'être surveillée. Se dire que Charlie était sûrement toute seule, isolée quelque part car Charlie n'avait pas l'air d'apprécier être mêlée aux autres. Il aurait vécu, tout simplement, et aurait sûrement appris la mort de Charlie en fin de soirée. Ou le lendemain. Ou peut-être que le mal en Lorias aurait joué avec Charlie plus longtemps. Très longtemps. Trop longtemps. Un supplice qu'Allen ne se serait jamais pardonné. Et il détestait se dire que, au moins, ça n'aurait pas été de sa faute. Car penser ainsi était égoïste, et qu'on parlait de la vie de quelqu'un. On parlait de la vie de Charlie.
Allen avait quitté la salle commune, sur le point d'exploser. Aujourd'hui, c'était plus dur qu'hier, et plus dur qu'avant-hier, et que le jour d'avant encore. Il se sentait sur le point d'exploser. Il essayait de contenir toute l'amertume qui l'étouffait. Mais il avait si mal que ça en devenait impossible. Car il y avait encore une chose, quelqu'un, qui avait planté la dague en plein dans le mille, quand il avait réussi à esquiver légèrement toutes les autres. De toutes les dagues plantées dans son abdomen, seule une s'était plantée dans son cœur. Car il n'avait pu empêcher des sentiments de naître à l'égard d'une personne. Il se l'était refusé, au début, mais plus il l'avait regardée, plus il l'avait admirée, et quand il lui avait enfin parlé, peut-être trop tard, peut-être trop tôt, bien que cela n'aurait pas changé grand chose au résultat, il l'avait tout de suite appréciée. De loin, elle était éblouissante. De près, elle brillait dans ses yeux qui avaient tant de mal à retrouver la lumière. Une personne heureuse, lumineuse. Quand lui était piégé dans un monde si sombre. Alors évidemment, quand elle s'était éloignée, quand elle lui avait fait comprendre que ce n'était pas possible, qu'elle ne partageait pas ces sentiments uniques et irréfutables, Allen avait compris l'expression « avoir un cœur brisé ». Car il l'avait senti. Cela paraissait cliché, comme expression, mais elle existait pour une bonne raison. Il l'avait ressenti. Et cette douleur ne l'avait jamais quitté.
L'amertume et l'abandon l'arrêtèrent au bout du troisième couloir des cachots. Allen n'aurait pas la force d'aller plus loin. Heureusement, il n'y avait personne. Hormis une, dont il finit par remarquer la silhouette. Une silhouette aussi grise que lui. Semblant partager une souffrance similaire. Se trouvaient-ils dans un purgatoire ? Allen se laissa glisser contre le mur de pierre, alors qu'il avait eu pour intention de s'y adosser. Il tomba vite au sol, à côté de l'élève, qu'il avait à peine aperçu. Peut-être aurait-il le courage de la regarder, de l'aider. Mais la peine l'étouffait, alors il se tut. C'était peut-être mieux ainsi. Si habituellement il aurait essayé d'aider cette personne, il ne savait plus s'il en était capable. Il ne supporterait pas un nouvel échec. Alors il laissa son regard se perdre dans le vide. Pas de bruit. La solitude écrasante. Allen était sur le point de craquer. Il n'en pouvait plus. D'un geste désespéré, il saisit le poignet de l'élève à côté de lui, et l'observa à peine avant de glisser sa main au creux de la sienne. Peu importe la réaction de la personne, il avait juste besoin de s'accrocher à quelqu'un. Juste besoin de s'enfuir du monde et de la solitude. Et il semblait que l'élève, elle aussi, en avait besoin.


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MessageSujet: Re: It takes one to know one - ft Allen   Lun 26 Sep - 20:41

Les minutes s'égrainaient, lentement, ou très rapidement, impossible de savoir. Le temps n'avait pas vraiment de consistance, encore moins de logique, alors que le mur froid contre son dos faisait comme un rempart qui l'éloignait du reste du monde. Tant que le couloir humide restait désert. Et quand bien même il y aurait eu quelqu'un, elle ne l'aurait pas vu : ses yeux scrutaient inlassablement la petite portion de sol qui s'offrait à elle, mais là encore, la seule chose qu'elle parvenait à y voir était ses pensées, qui défilaient devant elle sans trop de cohérence. Elle n'en suivait même plus le court : elle se laissait simplement porter, perdant pied un peu plus à chaque seconde. Elle n'arrivait plus à les maîtriser, et elle n'en avait pas envie. Si elle avait bien conscience d'une chose, c'était qu'à force de chercher à contrôler les choses un peu néfaste qui se passaient sous son crâne, elle n'arrivait qu'à s'enfoncer davantage. Parce que rejeter les émotions étaient le meilleur moyen de se laisser submerger quand elles revenaient vous frapper, un peu comme les vagues qui s'écrasent contre les rochers. Mais Charlyn n'avait rien d'un rocher à cet instant : elle était plutôt une de ces brindilles qui s'envolent avec le vent. Une brindille, et encore. Une feuille serait peut être le terme le plus adapté. Une petite feuille qui se laissait trimballer, sans trop de résistance, vestige d'un arbre qui avait perdu ses racines. Sans même qu'elle n'en ait conscience, cette simple métaphore lui serra violemment le cœur et elle en oublia presque de respirer. Sa vision se brouilla un instant, c'était le premier signal. Mais elle ne pouvait pas... Non, elle ne voulait pas pleurer. Il ne fallait pas qu'elle pleure. Pas pour cette histoire. Pourquoi ne pouvait-elle pas simplement éprouvé de l'engouement à l'idée que Jonathan ait pu embrassé quelqu'un ? C'était tordu, stupide, et compliqué. Pour trois fois rien. Pour deux bouches qui se rencontrent, et des certitudes qu'elle n'avait pas. Pourquoi diable se mettait-elle dans cet état là ? Ce serait si simple de le reprocher à Jon, ou à Charlie. Beaucoup plus simple. Mais totalement impossible : ils y étaient liés, mais ce n'était pas eux. C'était elle.

Elle essayait de reprendre un rythme de respiration plus normal lorsqu'il fit son apparition. Au début, elle ne le vit même pas. Elle ne calculait pas grand chose en dehors de sa détresse et du dégoût que celle-ci lui inspirait de surcroît. Elle comprit sa présence seulement lorsqu'il se laissa glisser, lui aussi, un peu brutalement contre le mur. Son corps se raidit un instant, elle ne comprenait pas trop ce qu'il faisait là. Elle se surprit à espérer qu'il ne lui parlerait pas. Elle n'en avait pas envie. Ses lèvres étaient comme une tombe, et les délier demanderait un effort surhumain, lui semblait-il. Mais il garda le silence. Il n'ébaucha pas le moindre mot. Et sans même le regarder, elle comprit, à l'aura qui planait autour d'eux deux, qu'il n'était pas très joyeux non plus. Qu'il portait lui aussi son petit nuage. Son corps se détendit, et elle expira doucement, presque comme si elle soupirait. Alors elle ferma doucement les yeux. Peut être était-ce odieux et malsain, mais elle se sentait soulagée qu'il ne soit pas venue l'énergiser ou la réconforter. Elle préférait un autre nuage pluvieux qu'un petit soleil, à cet instant. Perdue dans un chaos mental, il n'y avait pas de place, dans son cœur, à cet instant, pour contempler le bonheur de quelqu'un. Et puis, aussi soudainement que l'orage qui éclate, il saisit sa main. Elle sentit le désespoir de ce geste qui effaça presque la surprise qu'il lui évoqua. Et sans trop qu'elle sache pourquoi, elle s'y cramponna. Elle pressa un peu sa main autour de celle du garçon, se rendant compte de son propre désespoir alors qu'elle se raccrochait à la chaleur de cette peau contre la sienne. Une chaleur triste, une chaleur éprouvée. Elle serra sa main avant même de tourner sa tête pour le regarder.

Peut-être l'avait-elle déjà aperçu. Dans un couloir ou quelque chose comme ça. Peut être, elle n'aurait pas su le dire à cet instant là. Ses yeux fatigués le détaillèrent un bref instant, sans trop d'insistance, sans vraiment chercher à comprendre. Simplement parce que son cerveau avait envoyé un signal, que son corps avait bien dû suivre. Mais elle le voyait bel et bien, un peu comme un détail de texture qui ressort sur un mur. Elle aurait peut être dû voir ceci comme une intrusion, comme un parfait inconnu qui venait saisir sa main au détour d'un couloir. Elle aurait peut être dû lui dire de partir, de la laisser tranquille. Mais elle n'en avait pas le courage. Et elle n'en éprouvait pas le besoin. Elle n'aurait pas su dire pourquoi, mais sa présence, totalement imprévue, n'était pas malvenue. Alors ses yeux retombèrent lentement vers le sol, alors que son corps se détendait encore. Elle laissa aller sa tête contre le mur, conservant encore la main du garçon dans la sienne. Ce contact faisait comme une ancre à la réalité, et de toute façon, la Charlyn qui s'en serait offusquée n'était pas présente actuellement. Alors ses jambes s'étendirent au sol, et ses yeux se fermèrent à nouveau. Elle inspira. Pendant un instant, ses pensées avaient été distraites. Elle se demanda si elle devait parler ou non. Elle se demanda si elle y arriverait, même. Et puis, pour dire quoi ? Il y avait peut être un merci quelque part, qui traînait pour lui, ou d'autres mots aussi, mais elle ne les trouvait pas. Alors, à la place de mots, Charlyn, de sa main libre, sortit sa baguette, et à travers la semi-obscurité des cachots, elle dessina des formes abstraites d'un trait de fumée magique.

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MessageSujet: Re: It takes one to know one - ft Allen   Lun 26 Sep - 22:27



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Il ne pouvait pas dire qu'il avait eu peur, à n'importe quel moment, d'avoir fait quelque chose de mal. Quelque chose d'impoli, de vulgaire. Quelque chose qu'il ne faisait pas habituellement. Allen était plutôt du genre à garder ses distances avec les gens. Il aurait été étonné de son geste si les circonstances ne l'avaient pas rendu aussi désespéré. Il avait fui la foule, le bruit, et la présence des autres, l'impression qu'ils le jugeaient, la paranoïa naissante, pour s'isoler quelque part, tout en fuyant la solitude de son dortoir, celle qui laissait son esprit le torturer librement. Alors ici, seul, mais pas complètement seul, juste ce qu'il fallait de présence, juste ce qu'il fallait de solitude, il était un peu plus rassuré. La chaleur qui émanait de la main féminine l'aurait peut-être dérangé autrefois, à l'époque où le souvenir de sa mère le faisait hurler de rage tous les soirs. Sa mère qui lui avait tenu la main par dédain. Sa mère qui l'avait rejeté. Comme tous les autres ensuite.
Il s'avoua être un peu surpris de sentir la main resserrer sa prise sur la sienne. C'était logique, pourtant, si cette fille allait aussi mal que lui, voire pire peut-être, qu'elle s'accroche. Ce besoin de se tenir pour ne pas tomber. Ce besoin de s'accrocher à quelque chose, juste histoire de dire qu'on n'abandonne pas. On lâche prise. Temporairement. Mais on n'abandonne pas.
Il aurait pu être surpris, aussi, qu'elle le dévisage ainsi. Mais il fit de même. Une discrétion indiscrète. Curiosité. Besoin de mettre un visage sur cette main. Autre façon de s'accrocher, en quelque sorte. Allen connaissait ce visage. Il l'avait vu dans le coin. Evidemment, ils étaient à Poudlard. S'il ne se souvenait pas lui avoir déjà parlé, c'était toujours possible. Difficile à dire. Il avait tant en tête en ce moment, tant de choses dont il n'arrivait pas à se débarrasser ! Tant de choses, mais à présent ce visage vint s'ajouter et Allen, parmi tous les maux écrasant son esprit, ne put s'empêcher de se sentir concerné. Cette douleur dans ce regard, ces traits crispés. Elle se retenait de pleurer. Il le sentait bien. Il le comprenait bien. Parce que lui aussi, en fait. Lui aussi était sur le point de craquer, d'exploser et de laisser sa rage et sa peine s'écraser contre les murs de pierre. Après tout, ce n'était que de la pierre. Personne ne viendrait. Personne n'aiderait. La solitude.
Presque. Allen s'accrochait encore. Il sentit la fille se détendre un peu à côté de lui. Il avait pu voir une certaine nuance de rouge en la dévisageant. Gryffondor. C'était tout ce qu'il savait d'elle. Pour l'instant. Il voulait en savoir plus. Il s'accrochait sûrement aussi à ça. Quelque chose à faire. Quelqu'un à écouter. Peut-être quelqu'un à qui parler. Quelqu'un présent au même endroit que lui. Quelqu'un de réel. Pas une illusion qui disparaîtrait aussitôt.

Elle était plus calme. Moins crispée. Allen essayait de faire de même. Prendre exemple. Si ça n'avait été que la colère et la peine à laisser de côté un instant, peut-être aurait-il réussi. Mais la peur l'écrasait. Si lourde, pesante au-dessus de lui. La peur de l'échec. La peur de l'abandon. La peur de souffrir encore plus. La peur, peut-être, de faire souffrir cette fille encore plus en agissant de manière incorrecte. En la blessant d'une façon ou d'une autre, car Allen ne semblait pas doué pour aider les gens. Allen s'agrippa un peu plus à cette main. Il n'arrivait pas à se détendre. Il voulait se montrer rassurant, au fond, pour elle, car il comprenait sa douleur sans en connaître la cause. Mais la sienne était trop vive, à sang. Il porta une main à son visage. Il ferma les yeux un instant, posant un doigt sur chaque œil. Mais cela ne suffit pas et, quand il les rouvrit, la première larme s'écoula. Allen détestait pleurer, abandonner, apparaître faible. On ne pleurait pas dans son cas, on se battait pour survivre. Pleurer, c'était quand tout allait bien et qu'on n'avait plus de raison de combattre. Mais lui devait se battre encore, son combat n'était pas terminé. Un combat interminable. Qui perdait de plus en plus son sens au fil des années.
La couleur de ces formes, apparues comme un rêve, une fumée magique, pour s'éloigner un peu de la réalité. S'éloigner un peu du champ de bataille. Allen sourit. Faiblement, mais il sourit. C'était une réaction soudaine, lui-même ne s'y attendait pas.
- Merci, souffla-t-il sur un ton neutre.
Il ne s'attendait pas à ça non plus. Mais il avait besoin de lui dire. Il avait besoin de dire quelque chose. Il n'était pas doué avec les mots, mais il voulait lui faire savoir que sa réaction avait été un énorme cadeau. Et il voulait le lui rendre. La douleur était encore là. Mais il avait essuyé sa larme de sa main, se jurant de ne pas en laisser couler d'autres, sans être sûr de pouvoir tenir sa promesse. Il ouvrit la main qui tenait celle de la Gryffondor et tourna cette dernière, paume ouverte. De son autre main, il sortit sa baguette et en déposa délicatement le bout sur la paume. Des traits formèrent des filaments, qui créèrent une forme disctinte. Les couleurs se mirent en place. Rouge et or. Vert et argent. Un mélange. Pour lui dire que ce qu'elle avait fait, aussi banale sa réaction avait pu être, était la première goutte d'eau qui remplirait le vase pour sauver les fleurs de la sécheresse. Une petite fleur, qui prendrait la forme qu'on lui voudrait. Allen aimait bien l'adonis. La première fleur qu'il avait connu. Elle était simple et particulière à la fois. Cette forme était rassurante et inquiétante. Libre à la jeune femme de la changer ensuite si ça ne lui plaisait pas. Après tout, Allen avait eu ses propres pensées sur les fumées. Elle pouvait bien faire ce qu'elle voulait de cette fleur. D'ailleurs, il espérait que cela devienne un symbole positif. Et peut-être qu'après ce petit instant de positif, Allen aurait le courage de demander quel négatif avait pu mener cette jeune femme ici. Quels événements avaient bien pu les amener là, dans ce couloir morne, à jouer avec des fumées et à cultiver une fleur.


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MessageSujet: Re: It takes one to know one - ft Allen   Mar 27 Sep - 0:26

Les formes s'envolaient paresseusement sans que Charlyn ne le regarde. Elle avait encore les yeux fermés, se contentant d'imaginer les dessins plutôt que de les voir. C'était une projection un peu abstraite, d'un message tout aussi abstrait, et elle n'avait pas vraiment conscience de tout ce que cela était sensé vouloir dire. Elle recherchait simplement une forme d'apaisement, et pas simplement pour elle. Pour eux deux. Pour ces deux fantômes perdus au fin fond du château, pour ces deux individus qui ne se connaissaient pas mais qui partageaient une émotion forte et douloureuse. Elle avait vu quelque chose de familier sur le visage du garçon, qui brisait la barrière de l'inconnu. C'était comme si, à cet instant, il était la personne dont elle se sentait le plus proche sur Terre. C'était un peu biscornu, un peu inattendu, mais c'était vrai. Elle en avait conscience à demi-mots, elle le ressentait vivement sans trop s'y attarder. Elle sentit la main du garçon se resserrer autour de la sienne, et ce contact lui sembla encore plus important. Alors qu'elle s'était un peu détendue, il semblait toujours trop crispé. Elle ne vit pas l'unique larme qui se fraya un chemin sur la joue du garçon, et auquel cas, qu'aurait-elle fait ? Elle sentait déjà sa détresse. Elle n'avait pas la prétention de le rassurer, ou de le réconforter, et probablement n'en avait-elle pas les moyens. Mais pourtant, elle voulait qu'il se détende aussi. Elle voulait que son nuage s'éclaircisse aussi un peu, parce qu'avec un simple contact, il avait éclairci le sien. Il n'avait pas pris sa douleur, il ne l'avait pas envoyé au loin, mais il lui avait remis un pied dans le monde plus concret : celui qui n'était pas seulement fait d'émotions en pagaille. Elle aurait aimé faire cela pour lui. C'était son but inconscient, au travers de ces volutes de fumées tranquilles qui s'envolaient finalement vers le plafond. Alors, quand elle entendit le son de sa voix, ce fut comme un soulagement, contrairement à ce qu'elle avait pu pensé à l'instant où il s'était glissé à côté d'elle. Un simple « merci », mais il était lourd de sens.

Charlyn rouvrit les yeux, et à nouveau, tourna la tête vers lui. Alors que les volutes de fumée magique s'interrompaient, ses yeux parcoururent à nouveau le visage du garçon, qui souriait. Un peu. Un sourire léger, discret. Charlyn ne sourit pas en retour, mais ses yeux s'agrandirent un peu, et posèrent sur lui un regard un peu plus vivant. Et puis elle sentit la main du jeune homme s'échapper. Un bref instant de panique. Allait-il s'en aller ? Rien ne le retenait ici, rien ne retenait aucun d'eux ici. Mais une part d'elle refusait qu'il s'en aille. Parce que là, comme ça, les choses semblaient mieux. Son regard se détacha du visage, pour se poser sur la main. Il ne s'en allait pas. Un inaudible soupire de soulagement lui échappa. Elle ne se sentait pas prête à retourner dans cette solitude recherchée mais rendue totalement caduque par cette présence un peu rassurante. Elle observa le bout de la baguette s'agiter, tisser des couleurs et des formes pour donner naissance à un nouveau message graphique. Alors, à son tour, ses lèvres s'étirèrent pour former un petit sourire. Elle n'était pas sûre de reconnaître la fleur que c'était, mais elle lui trouvait définitivement quelque chose. C'était une jolie réponse. Une réponse qui se fraya un chemin vers son cœur, l'émerveillant et l'apaisant un peu plus à la fois. Et puis, elle observa plus attentivement les couleurs. Des couleurs de maisons. Elle n'avait pas fait attention à l'écusson du garçon. Alors il faisait partie de la maison « rivale » ? Elle leva les yeux vers lui à nouveau pour confirmer cette nouvelle information avant de diriger à nouveau ses yeux sur la fleur magique. « C'est joli » souffla-t-elle doucement. Une réponse simple, prononcée un peu comme une confidence. Une réponse qui pouvait sembler un peu bateau, mais qui voulait dire beaucoup.

Ramenant à nouveau ses jambes contre sa poitrine, elle ne détacha plus ses yeux de la fleur. Elle la percevait comme un symbole – était-ce ce qu'il avait voulu faire ? Comme s'il avait voulu dire « les choses s'arrangeront » ? Elle ne pouvait s'empêcher de le voir comme ça. C'était un joli message, définitivement. Elle se demanda brièvement si cela voulait dire que lui s'était un peu apaisé. Son observation silencieuse durant un court instant, avant qu'elle n'approche sa baguette de la fleur. Elle ne voulait pas la modifier, pas vraiment. Juste renforcer un peu le message. Elle l'étira alors un peu, la rendant plus haute. Et puis, délicatement, elle lui dessina une feuille à la base, une feuille aux contours argenté. C'était sa couleur – c'était pour lui. Elle aurait eu bien du mal à expliquer ce qu'il se passait, mais c'était quelque chose d'incroyablement doux au milieu de la tempête. Alors la Gryffondor eut encore un petit sourire. « C'est comme si on crachait sur des années de rivalité entre nos deux maisons. » Là encore, elle avait murmuré, et les mots étaient partis tous seuls. Elle n'avait pas vraiment eu l'intention de parler, c'était juste sorti. Et il y avait une touche d'amusement dans sa voix, légère, subtile, mais bien présente. La petite feuille qu'elle était se sentait portée par un vent un peu plus clément désormais.

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MessageSujet: Re: It takes one to know one - ft Allen   Mar 27 Sep - 18:27



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- John Lennon


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Une simple phrase. Très courte. Suffisante pour rassurer un peu Allen. Cela prouvait encore une fois qu'il n'était pas un monstre par nature, du moins pas physiquement, car la jeune Gryffondor ne s'était pas aussi éloignée de lui, elle ne l'avait pas délaissé à peine arrivé. Une simple phrase, sur cette petite fleur aux airs insignifiants pour quiconque la voyait, qui signifiait pourtant beaucoup pour Allen. C'était son passé et son présent en même temps. C'était ce qu'il essayait d'oublier. Ce qu'il essayait d'arranger. Pour peut-être avoir un futur meilleur, ou au moins vivable. Survivable. Car Allen avait du mal, ces derniers temps, à voir du positif au-delà du négatif. Il essayait de ne pas se précipiter, penser trop vite, mais il ne put s'empêcher de voir du bon chez cette fille, d'entrevoir quelques couleurs dans l'obscurité dans laquelle il était plongé. Dans laquelle elle aussi, semblait-il, était plongée. Alors ces premiers mots échangés représentaient beaucoup. Il n'avait pas les mots ni le courage de la remercier pour ça, mais il lui en était extrêmement reconnaissant. Aussi ridicule que cela puisse paraître, cette brève interaction avec réussi à ramener un peu d'espoir chez le jeune homme. Une once d'espoir quand il se sentait aussi désespéré. Inutile. Incapable. Menant les autres à leur fin.
Alors cet espoir,  s'il grandissait encore un peu, le lancerait sûrement dans une réelle conversation. Il trouverait enfin le courage de dire quelque chose de sérieux, de demander ce qui n'allait pas, de dire peut-être, car il sentait bien qu'il finirait par lâcher à un moment ou à un autre, ce qui l'avait amené ici. Le comportement de l'élève à côté de lui avait changé. Moins maussade. Moins sombre. Il supposa qu'elle aussi avait retrouvé un peu d'espoir. Qu'elle aussi s'imaginait que les choses n'étaient pas aussi terribles qu'elles en avaient l'air. Que peut-être le futur ne s'annonçait pas si sombre. Il l'observa approcher sa baguette de la fleur et l'agrandir légèrement. Il vit apparaître une couleur si familière qu'il identifia aussitôt. La fleur s'embellissait un peu au mélange des couleurs. L'espoir s'étendait.
Allen ne put empêcher un petit rire de s'échapper à la réplique de sa nouvelle interlocutrice inattendue. La situation paraissait si dérisoire qu'il lui était difficile de croire qu'ils étaient en train de blaguer. Rien de bien sérieux. Des formes de fumées. Une fleur. Une plaisanterie. Le poids du monde semblait glisser des épaules d'Allen pour reprendre sa place en son sol.

Il fronça légèrement les sourcils, une pensée lui traversant l'esprit. Rien de bien sérieux. Le sérieux l'avait trop écrasé pour qu'il ne le laisse revenir de sitôt.
- Cette rivalité est un peu irrationnelle au fond, répondit-il, son regard se promenant sur la fleur.
Après tout, les deux Maisons n'avaient pas vraiment de raison de se haïr. La compétition sévère entre les deux était liée à leurs fondateurs, pas aux élèves. Depuis la création de l'école, beacoup de temps s'était écoulé. Aujourd'hui, cette vieille querelle n'avait pu vraiment de sens. Surtout qu'Allen aimait croire qu'un peu de chaque maison était en chacun. Il n'était pas seulement Serpentard. Elle n'était pas seulement Gryffondor. En fait, maintenant qu'il y pensait, il aurait dû faire une fleur représentant les quatre maisons. Mais le sujet n'était pas à elles toutes, mais plutôt aux deux maisons rivales, plutôt à ce qu'elles représentaient, et à l'appartenance d'eux deux à ses maisons. Allen releva la tête.
- Garde-là, souffla-t-il. Si tu le veux. Il fit une pause, hésitant. Il n'était pas doué pour faire la conversation. Trouver les mots. Sans se tromper. Exprimer ses idées. Je l'aime bien, en la gardant j'aurais trop peur de l'abîmer.
Parce qu'après tout, il détruisait tout sur son passage. Il soupira, releva la tête. Un pincement au cœur lui fit regretter ce qu'il venait d'insinuer, mais la boule de feu consumant son ventre lui indiquait le temps qu'il lui restait avant de devoir tout dire. Juste une fois, à quelqu'un qui pourrait l'écouter. A quelqu'un qu'il voudrait écouter en retour. Quelqu'un en qui il aurait confiance.


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MessageSujet: Re: It takes one to know one - ft Allen   Sam 1 Oct - 17:21

Cette fleur était définitivement d'une importance cruciale. Elle avait l'air de canaliser un peu les différentes émotions, comme si elles les aspiraient pour les relâcher sous des formes plus douces. Comme si son processus de respiration n'engageait pas des molécules mais des sentiments. Elle faisait comme une lumière dans l'obscurité, et Charlyn n'arrivait pas à en détacher ses yeux. Jusqu'à ce que le jeune homme soit prit d'un petit rire. Un rire très léger, mais qui était déjà quelque chose. Les yeux de Charlyn se détachèrent brièvement de la fleur pour se poser sur le visage du garçon. Bien qu'il n'ait pas encore l'air remis de ses émotions, ce simple rire avait un peu détendu ses traits, et elle ne put s'empêcher de se dire qu'il était joli, avec une expression plus déridée. Pas qu'elle le trouvait laid auparavant, elle ne s'était simplement pas attardés sur ce détail. Alors elle sourit une nouvelle fois avant de reposer son regard sur la fleur. « Je la trouve un peu stupide cette rivalité, en fait. Parfois je me dis que ce système de maison est vraiment archaïque. En fait, elles sont complémentaires. Plutôt que de se taper dessus, on devrait essayer d'apprendre un peu les uns des autres. » Là encore elle avait murmuré, détachant ses syllabes plus lentement qu'à l’ordinaire. Elle ne s'était pas attendue à parler autant, et s'il n'avait pas été là, probablement serait-elle restée muette encore quelques heures. Mais la réflexion du Serpentard avait trouvé un réel écho en elle : elle n'avait jamais trop compris pourquoi une école comme Poudlard se reposait sur ce système de maisons. D'un œil simpliste, on attribuait les gens à des groupes en fonction d'une caractéristique principale. La vérité, bien sûr, et les choix du Choixpeau étaient plus complexes que ça, mais toute l'école reposait sur un clivage entre quatre maisons fondatrices. C'était un peu étouffant parfois. Comme si un Gryffondor devait sans cesse affronter tous les dangers pour s'affirmer, comme si un Serpentard avait pour seule fonction au château de pourrir la vie aux autres. Même lors de la Grande Bataille de Poudlard, on n'avait renvoyé les Serpentards. Comme si Serpentard signifiait mauvais. Et que faisait-on des exceptions ? Des gens qui se sentaient aussi intelligents que loyaux, aussi courageux qu'ambitieux ? Dans le fond, Charlyn n'aimait pas ça du tout. Et cultiver une rivalité par pur principe, c'était une idiotie sans nom.

Elle fut tirée de ses pensées par la voix du garçon. Il lui proposait de garder la fleur, expliquant qu'il avait peur de l'abîmer. Elle sentit comme une grande douleur derrière ces mots, et son cœur se serra. Ce qu'il disait lui paraissait étonnamment dur. Elle leva à nouveau ses yeux vers lui et se retrouva à nouveau confronter à cette expression de détresse, qui lui serra encore plus le cœur. Elle songea alors qu'il avait probablement besoin de parler. Cette idée ne lui était pas trop venue à l'esprit avant, probablement parce qu'elle était en proie à ses propres démons, et qu'elle essayait elle même de ne pas exploser. Mais face à tout ceci, elle ne pouvait pas rester muette. Elle ne pouvait pas le laisser comme ça. Il avait saisi sa main dans un geste de désespoir, et ce contact lui avait permis de reprendre pied. C'était stupide, peut être même qu'elle n'était pas en mesure d'écouter les malheurs de quelqu'un. Mais elle en avait envie. Et elle lui devait bien ça, au final. Avec une grande douceur, elle glissa une main sous celle du garçon qui tenait la fleur, et de l'autre, elle agita à nouveau sa baguette. Tout autour de la fleur, il y eut comme un crépitement, et une petite paroi de verre se forma alors. Elle s'étendit tout autour de la fleur, adoptant la forme d'une petite cloche. Cette magie était délicate, parce qu'elle était très précise. Il fallait que le verre soit parfait, pour ne rien gâcher de la beauté de la fleur, mais qu'il soit résistant. Voire incassable. Une fois que la forme eut finit de prendre vie, Charlyn tapota légèrement sur la cloche de verre avec sa baguette, pour tester. Ca avait l'air solide. Ce n'était pas du verre fragile, au moins. « Tu ne risques pas de l'abîmer comme ça. Et puis, toi ou moi, ce serait pareil. Pas que je n'en veuille pas. Juste...» Elle tourna à nouveau ses yeux vers lui. Elle avait encore sa main sous la sienne, et elle cherchait son regard. Un peu hésitante, elle ajouta : « Pourquoi tu dis ça ? » C'était bête. Ça n'avait rien de subtile. C'était gros comme un camion, mais pourquoi enrober les choses ? C'était plus efficace que de chercher une façon poétique de poser la question.

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MessageSujet: Re: It takes one to know one - ft Allen   Dim 2 Oct - 23:26



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Pourquoi disait-il ça ? Par fatigue, première réponse qui lui vint à l'esprit. Cette fatigue de tout, cette lassitude d'être fatigué, cet épuisement moral qui l'écrasait physiquement dans le seul but de le faire tomber au sol et de l'empêcher de se relever. Cela le menait à l'abandon. Ce sentiment qui le narguait depuis un bout de temps déjà et qui n'avait cessé de lui tourner autour dans son enfance. Quand sa mère était dans un état terrible, quand il essayait de l'aider, quand elle refusait son aide pour aller dégrader son état un peu plus, quand Allen se recroquevillait dans un coin, impuissant, en espérant que rien de mal n'arrive à sa mère. Mais du mal, il en arrivait toujours à cette femme car elle lui courait après, toujours plus vite, en espérant se faire elle-même attraper. Si Allen avait réalisé ça à cette époque-là, peut-être aurait-il moins souffert de l'abandon de sa mère, abandon qui se reflétait encore aujourd'hui dans la vie du jeune homme. Son père les avait abandonné sa mère et lui. Cet abandon avait rattrapé sa mère qui avait à son tour abandonné Allen. Et aujourd'hui, Allen était prêt à tout abandonner lui aussi. C'était comme une malédiction, lancée sur un être et maudissant ainsi les générations futures. Un sort auquel, peu importe ce que l'on faisait, on ne pouvait échapper.
Il avait pris du temps à réfléchir sur ce qui avait été dit précédemment. La rivalité entre les deux maisons, l'apparition de la cloche protectrice, la raison pour laquelle il avait fait remarquer sa peur d'abîmer cette fleur symbole de tant de choses. Il releva la tête, dévisagea son interlocutrice avec plus de sérieux que précédemment. Il avait envie de lui faire confiance. Ce visage la lui inspirait. Cet air doux marqué par la tristesse. C'était dommage, il le pensait sincèrement, qu'une telle douleur puisse ternir un si joli regard. S'il s'obligeait à se montrer indifférent à la souffrance de tous les autres, douleur, tristesse, qui n'était malheureusement pas si rare, il y avait bien des moments où ça lui était impossible. Et là, c'était le cas. Il voulait simplement lui demander ce qui pouvait bien lui faire mal, ce qui l'avait amenée à se réfugier dans un coin si sombre et si froid du château, mais il avait peur de réveiller une vive douleur, il ne savait pas si cette jeune fille était prête à parler. Il se dit que, peut-être, elle s'ouvrirait à lui s'il commençait à s'ouvrir lui-même. Et si ça lui paraissait compliqué et particulièrement douloureux, il espérait qu'exposer les choses apaiseraient un peu sa peine et qu'il pourrait ainsi relativiser, se rendre compte d'un certain ridicule de sa situation. D'autre part, il se disait qu'avec un peu de chance sa camarade aussi relativiserait. On avait chacun ses problèmes mais ceux des autres pouvaient nous paraître plus graves. A moins que rien ne puisse dépasser la gravité des problèmes de cette jeune fille.

- J'ai déjà appris quelque chose, dit-il en observant la cloche de verre lisse.
C'était une protection, englobant quelque chose à préserver, une chose à laquelle on tenait. Allen aurait encore remercié son interlocutrice s'il ne trouvait pas ça un peu redondant. Il lui offrit un sourire, du mieux qu'il put, en guise de remerciement. Son regard remonta, se perdant un instant, cherchant des indices dans le vide. Il voulait lui expliquer les choses mais il ne savait pas comment. Son cœur lui heurtait la poitrine, il lui fallait trouver un moyen de dire les choses simplement, de manière compréhensible.
- Il y a juste des fois où rien ne va, dit-il maladroitement. Quand tu tombes et que la chute ne s'arrête jamais. C'est juste que...
Par où commencer ? Le moins complexe, peut-être. Il trancha parmi ses principaux problèmes et décida par lequel commencer.
- Il y avait cette fille de Serdaigle, que j'appréciais beaucoup, commença-t-il doucement. Je le lui ai fait savoir et je n'aurais pas dû. Enfin, tu vois...
Il espérait que c'était assez clair dit ainsi car il se voyait mal tout expliquer en détails. Comment décrire Emily à quelqu'un ? Comment expliquer ce qu'il ressentait à son égard ? C'était trop complexe, et du bien plus complexe restait encore à être évoqué. Il soupira et porta une main à ses cheveux avant de la laisser retomber. Comment expliquer ça ?
- Et puis... reprit-il. Il y a cette chose qui est arrivée... tu as dû en entendre parler, la sorte de... d'agression sur une fille de Serpentard.
Il ne savait définitivement pas s'exprimer correctement. Non pas que cela fut nouveau, mais c'était particulièrement handicapant dans ce genre de situations.
- Disons que, je sais qui a fait ça. J'aurais peut-être pu l'empêcher, je savais pas que ça allait arriver, mais j'aurais peut-être pu... je suis arrivé un peu tard. Charlie, elle était... je sais pas exactement ce qui lui a été fait, mais son bras était en sang avec « sang-de-bourbe » gravé...
Il fit une pause, se pinça les lèvres. Il avait déjà commencé. Il ne pouvait pas s'arrêter là. Il lui fallait dire toute la vérité, et au fond, il en avait besoin. Peu importe ce qui se passerait ensuite.
- Charlie m'en veut, et je crois qu'elle a raison, au fond. La personne qui l'a attaquée... j'ai dit à Charlie que c'était pas de sa faute. J'ai réagi trop vite. C'est juste que... c'est un peu vrai au fond. Cette personne, cette fille... elle est un peu comme ma cousine, officieusement. Enfin... c'est que... elle est pas...
Comme les autres ? Normale ? Humaine ? Si. Humaine, elle l'était. La vie s'était juste joué d'elle. Allen aurait aimé pouvoir arranger ça.
- Elle n'est pas comme les autres. Je sais bien que ce qu'elle a fait à Charlie n'est pas bien, mais ce n'était pas elle, c'était comme quelqu'un d'autre. Parfois, elle n'est plus elle-même. Je l'avais jamais vu comme ça. Si j'avais su, je l'aurais jamais laissée seule. J'aurais jamais laissé ça arriver, encore moins à Charlie. Mais je pensais assez connaître Lorias...
Lorias. Il avait laissé glisser son nom. Et si son interlocutrice la dénonçait ? Et s'il venait de signer un aller simple pour Ste Mangouste à sa cousine ? Ou pire, Azkaban ? Il fallait qu'il le lui dise, ce n'était pas de sa faute.
- C'est pas vraiment de sa faute, justifia-t-il. Elle sait pas ce qui se passe, elle, c'est que, elle est habitée par différentes personnes, en quelque sorte. Je savais pas qu'il y avait ce genre de personne en elle, quelqu'un capable de faire autant de mal. Sinon, je l'aurais jamais laissé faire.
Il posa la cloche sur le sol et ramena ses jambes contre son abdomen, tapotant le couvercle de la cloche du bout de l'index.
- Charlie ne m'a pas parlé depuis alors qu'elle pourrait être encore en danger. Lorias n'a pas recommencé et j'ai pas encore trouvé le moyen de la libérer de ce monstre. Je sais pas quoi faire pour arranger les choses, je peux aider personne.
Il arrêta son tapotement nerveux, bien que toujours angoissé à l'approche de la réaction de son interlocutrice.


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MessageSujet: Re: It takes one to know one - ft Allen   Sam 22 Oct - 1:00

Le sourire du garçon fut comme une lueur d'espoir. Ce n'était pas le sourire du siècle, ce n'était pas le sourire des pubs, ce n'était pas le sourire qui disait que tout allait bien. C'était un petit sourire, plein d'effort, un sourire qui montrait la peine derrière la gratitude. Mais s'il soulignait la tristesse, il soulignait aussi quelque chose de beau. Elle se demanda brièvement à quoi le jeune homme pouvait bien ressembler lorsqu'il souriait pleinement, qu'il était heureux. Avait-il déjà eu cet air là ? A le voir comme ça, elle en doutait. La douleur était tellement présente sur ses traits qu'elle semblait y avoir creusé ses sillons. Une tristesse née d'empathie lui étreignit le cœur. Non, il ne pouvait être fait que de tristesse. Personne n'était fait ainsi. Elle l'observa se perdre un peu dans le vide. Allait-il vraiment parlé ? Et si sa question avait été déplacée ? Et si elle n'avait fait que remuer ses tourments ? Il se mit alors à parler. Sa voix trébucha un peu sur les mots, comme s'il ne savait pas trop comment les poser. Elle ne put l'en blâmer : les mots n'étaient que des vaisseaux, qu'ils sortent d'une façon fluide ou non n'avait aucune importance. Elle l'écouta avec attention, sur cette première phrase qui n'avait rien de rassurant. La suite arriva assez rapidement. Une peine de cœur alors ? Elle pouvait bien s'identifier à cela. Elle comprenait amplement. Mais au moins, lui avait eu le courage de se mettre à nu. Elle ne pouvait pas en dire autant. Elle aurait aimé lui dire qu'il avait du courage. Qu'il ne devrait pas souffrir d'un rejet. Elle ne put qu'acquiescer lentement. Elle avait peur de l'empêcher de continuer si elle prononçait le moindre mot. Elle avait le sentiment que les choses ne s'arrêteraient pas là. Il avait encore l'air grave. Il porta sa main à ses cheveux, main qu'elle suivit du regard lorsqu'elle retomba. Il cherchait encore ses mots, et elle respecta cela en gardant le silence. Elle s'en voulut un peu d'avoir poser la question, et elle espérait, peut être égoïstement, que quelque chose de positif viendrait de ses révélations.

La suite fut plus étrange. Il fallut qu'il prononce son prénom pour qu'elle réalise qu'il s'agissait bien d'elle. Lorsqu'il avait simplement énoncé l'histoire de la Serpentard se faisant agresser, ça avait été comme si son cerveau avait fait un blocage, lui interdisant de réaliser explicitement qu'il parlait bien d'elle. Et puis le prénom était sorti, lui arrachant un battement de cœur ou deux au passage. Et étrangement, son cerveau se remit à fonctionner à pleine vitesse. Charlie, l'agression. Sa cousine, Lorias. Alors que la douleur saisissait à nouveau son cœur, il lui sembla assister à la réalisation magique d'un puzzle. Lorias, avec qui elle avait passé un moment, cette personne qui lui avait parut si particulière, si différente d'un instant à l'autre. Etait-ce possible ? Et Charlie, toujours Charlie. C'était à nouveau le chaos sous la chevelure rousse. Les révélations étaient ce qu'elles étaient, mais en plus, Charlyn commençait à se sentir stupide. Qu'allait-elle lui dire ? Qu'elle s'était mise dans un tel état simplement parce qu'un ami avait embrassé la fille qu'elle aimait ? Il s'était fait rejeté, par celle qu'il aimait, et par celle qu'elle aimait, et il se sentait incroyablement responsable de sa cousine. Il portait un secret terrible, et il gérait cela comme il pouvait. Elle se sentait tellement bête. Tellement bête qu'un rire lui échappa alors qu'elle détournait son regard du garçon. Un rire qu'elle ne sut pas contenir, qui lui écrasa les poumons et lui coupa rapidement le souffle, lui tirant même une larme. C'était tout : c'était son sentiment de stupidité, le souvenir de Lorias et elle, la dérision et la démesure de ses émotions, c'était la pression qui s'était glissé dans les mots de son interlocuteur. Ce n'était pas un rire moqueur, ce n'était pas un rire ironique ou malveillant. C'était un trop plein qui avait choisi de se déverser comme ça.

Elle reprit son souffle après ce fou-rire qu'elle n'avait pas vu venir. Elle tourna alors la tête vers le garçon avant de la laisser s'appuyer contre le mur. « Désolée », lança-t-elle alors d'une voix encore un peu saccadée. « Ne m'en veux pas, ce n'est pas que tu me fais rire. » Elle ne voulait certainement pas qu'elle croit que son récit avait quoi que ce soit qu'elle trouvait hilarant, bien au contraire. « C'est que, vois-tu, moi, je me sentais au fond du gouffre parce qu'un de mes amis a embrassé la fille que j'aime. » Elle essuya d'un revers de manche le vestige de larme qui avait coulé sur sa joue pendant son fou rire. « Et ca me fait plus mal que je n'ai jamais eu mal, et je me dis que vraiment, vraiment, c'est bête. J'ai l'impression qu'on m'a saigné le cœur à vif et pourquoi ? Juste pour un baiser ? Et toi tu... » Elle s'interrompit. Elle n'était pas sûre que c'était la meilleure façon de l'aider. Elle soupira alors doucement. Sa tête se décolla encore du mur, et ses yeux s'attachèrent à la cloche protectrice autour de la fleur. Son humeur retomba totalement. « Toi tu... » Elle ne savait pas encore comment cette phrase allait finir, mais elle voulait que ce soit quelque chose de positif. Quelque chose d'encourageant. « Charlie. C'est marrant : c'est elle la cause de mon problème aussi. Pas elle, directement, bien sûr. Je pense qu'elle ne sait même pas... Tu vois, encore une fois on a prouvé que la maison ne veut rien dire : le Serpentard qui s'expose et la Gryffondor qui fuit la queue entre les jambes ? Qui fait preuvre de courage là ? » Elle soupira encore.

Elle ne voulait pas enfoncer le garçon. Elle ne voulait pas avoir l'air d'avoir pitié de lui : elle n'avait pas pitié. Elle se sentait plutôt gagner par du respect. La façon dont il avait parlé de Lorias, de l'agression, la façon dont il prenait la responsabilité de tout ça. Ce n'était pas de la pitié, certainement pas. On a pitié des faibles, mais pas des forts. « J'ai rencontré Lorias, tu sais ? On a joué aux poulets, elle et moi. Enfin, elle, ou un autre, du coup. Maintenant que je sais ça, je comprends mieux. » Cette révélation, en soi, ne faisait qu'éclairer d'une nouvelle façon le personnage. Elle s'interrogea un instant sur la façon dont elle avait reçu l'information : ne devrait-elle pas être choquée ? Dérangée ? Furieuse contre Lorias de ce qui était arrivé à Charlie ? Devrait-elle être moins crédule et remettre en doute les mots du Serpentard ? Mais rien de tout ça ne la tentait. Elle le croyait, simplement. Et de ce qu'il disait, Lorias était peut être la plus à plaindre dans l'histoire. Enfin, lui aussi. « C'est pas ta faute si ta cousine est le vaisseau d'un sadique » conclut-elle alors. Ses mots tombèrent simplement, mais fermement. « Et puis tu viens d'aider une parfaite inconnue au fin fond des cachots. Et c'est pas que je veuille me donner de l'importance, hein, mais je pense quand même être quelqu'un. Alors dire que tu ne peux aider personne, c'est un peu comme si tu crachais sur ça. » Et alors elle posa à son tour son index sur la cloche. Oui, il l'avait aidée. Elle ne le laisserait pas diminuer ça. Elle avait encore un million de mots à lui adresser à présent, mais elle préféra marquer un silence. Elle voulait qu'il comprenne que ses mots étaient sérieux. Qu'elle lui était reconnaissante de tout ce qu'il avait fait.

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MessageSujet: Re: It takes one to know one - ft Allen   Dim 23 Oct - 0:42



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Allen n'en voulut pas à Charlyn d'avoir ri suite à ses propos. Il comprenait ce rire. Il lui arrivait aussi de rire ainsi. C'était souvent la seule façon de ne pas s'effondrer. Et puis, pouvaient-ils s'effondrer un peu plus dans les bas-fonds de ce château ? Il n'avait pas vraiment envie de descendre plus bas qu'il ne l'était déjà. Il rirait des heures sans arrêt pour éviter ça. Allen ne répondit pas aux premières répliques de son interlocutrice. Il le jugea inutile. Il préférait la laisser parler. Il la laissa exposer son problème à son tour. Ils ne se connaissaient pas et pourtant ils se les échangeaient. En quelque sorte, c'était rassurant de tout dire à quelqu'un qu'on connaissait à peine. Car justement, il était plus simple de se dire que la personne ne nous jugeait pas sur la personne que l'on était puisqu'elle ne nous connaissait pas. Mais d'un autre côté, c'était aussi effrayant. Allen espérait pouvoir faire confiance à Charlyn. Avec ce qui lui avait dit, le fait qu'il y soit arrivé, c'était comme s'il lui faisait déjà confiance. Une confiance aveugle, pourtant si nécessaire. Il comprit la raison de sa confiance soudaine lorsque Charlyn évoqua son soucis. Charlie. Alors, les deux étaient liés par une même personne. C'était drôle de se dire que Charlie faisait partie de leurs soucis à tous les deux.
Allen se mit à rire à son tour. Un rire fort, nerveux mais honnête. Cette situation était tout simplement dingue. Ils s'étaient croisés au hasard et étaient pourtant liés d'une façon ou d'une autre. Et cela ne s'atténua pas au fil du récit de Charlyn. La Gryffondor avait aussi rencontré Lorias. Allen s'arrêta doucement de rire, commençant à avoir des crampes. Joué aux poulets? Il arqua un sourcil. C'était difficile de s'arrêter de rire là-dessus, mais il pensait savoir de qui Charlyn parlait. Allen se dit qu'il présenterait Lorias à Charlyn. Lorias, et tous les autres. Mais il ne voulait pas non plus risquer de la mettre en danger. Il y avait une personne que Charlyn ne devait pas rencontrer, ni personne d'ailleurs. Charlie en avait déjà fait les frais. Une personne était déjà de trop.
Charlyn avait raison, et Allen lui en était une nouvelle fois reconnaissant pour cette affirmation. Non, ce n'était pas sa faute si Lorias était dans cet état-là. Mais c'était bien sa faute s'il ne faisait pas assez attention à elle. La culpabilité lui serra les mâchoires un instant, jusqu'à ce que Charlyn intervienne à nouveau. Il sourit. C'était vrai. Il voulait l'aider. Mais en venant s'asseoir ici il n'avait su quoi faire. Il était perdu lui-même.
- Tu m'as aidé, fit-il. Tu n'imagines pas combien tu m'aides. Tu m'as redonné envie d'aider. Je commence à me dire que, peut-être, tout n'est pas perdu.
Il baissa la tête, en pleine réflexion, et reprit :
- Et tu sais... si ça n'avait été que la peine de cœur, je serais probablement en train de pleurer dans mon lit...
Il garda la tête baissé, sentant ses joues chauffer pour avoir dit ça. Cela lui amena une nouvelle question.
- Charlie et toi, enfin, je veux dire... tu... tu aimes les filles ?
C'était une question bête, mais Allen était piqué par la curiosité. Cela le lança d'ailleurs sur un nouveau rire. La situation avait changé si vite ! Et désormais, elle paraissait si ironique ! Le monde se moquait-il d'eux ?
- C'est pas contre toi non plus, désolé... c'est juste que... la fille dont je t'ai parlé tout à l'heure... celle que j'apprécie, ben... disons qu'elle est pas du tout tournée garçon, en fait.
Dit comme ça, cela paraissait tellement idiot, mais aussi tellement bénin ! Allen sentait le rire se promener dans son ventre. Après toute la peine qu'il avait accumulé, il semblait tout libéré ainsi, aux côtés d'une Gryffondor, au fin fond des cachots. Il se dit que ce n'était pas plus mal de libérer sa douleur ainsi. Peut-être que son interlocutrice devrait faire de même, sans devoir s'arrêter par politesse. Car après tout, pouvaient-ils vraiment se vexer ? Vu la situation, c'était peu probable. Ils pourraient se dire n'importe quoi que cela passerait aussi légèrement qu'une feuille au vent.
- Et d'ailleurs, reprit Allen qui espérait arracher un rire à son interlocutrice, je crois savoir avec qui tu as joué au poulet. S'il s'est foutu de toi, c'était sûrement Adrian. C'est un petit abruti mais il est sympa. Je l'aime bien. Comme un petit frère.
Il se servit de ses informations pour introduire un sujet un peu plus sérieux.
- Mais maintenant que tu connais Lorias... enfin, qu'elle te connaît... fais attention, d'accord ? Je voudrais pas que... qu'elle s'en prenne à toi. Il ou elle d'ailleurs, je sais pas trop... enfin reste quand même sur tes gardes, d'accord ? Et si jamais quelque chose ne tourne pas rond, préviens-moi. C'est pas comme si j'étais difficile à trouver.
Avec ces paroles, il eut peur d'avoir alourdi l'atmosphère. Il tenta de l'alléger avec une phrase qui se voulait sympathique et drôle :
- Et si jamais elle commence à te draguer... fais gaffe aussi, c'est pas Lorias. Et tu veux pas fréquenter ce genre de gars-là.
Il se rendit compte de la maladresse de ses propos et essaya de rectifier :
- Enfin, gars... fille... disons que c'est un gars dans une fille... euh... enfin bref le prends pas personnellement. Fais juste attention.
Il avait l'impression de s'étouffer avec ses paroles. Le cruel souvenir du fait qu'il ne savait pas s'exprimer correctement.


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MessageSujet: Re: It takes one to know one - ft Allen   Dim 23 Oct - 2:11

Charlyn ne s'étonna même pas que le Serpentard se mit à rire à son tour. Elle comprit ce rire un peu comme son propre rire, et s'il ne s'était pas formalisé du sien, elle n'allait pas s'en formaliser non plus. Il y avait de toute façon quelque chose d'assez cocasse dans le fait que ces deux âmes en peine là se soit rencontrées ainsi, au fond de ce cachot, deux parfaits inconnus qui pourtant avaient une chose en commun. Une personne, même. Charlyn ne pouvait empêcher une petite voix dans sa tête de lui souffler que Charlie était finalement bien omniprésente, et pas seulement dans sa tête. Ca n'allait certainement pas faciliter le deuil de ses sentiments nouvellement reconnus. Des sentiments qu'elle avait officiellement avoué, lorsqu'elle avait parlé à Allen de la fille qu'elle aimait. Et dire qu'elle avait passé ça sous silence, même pour elle, pendant des mois. Et elle lui avait dit ça simplement, comme si c'était une évidence. C'était une bonne chose, autant qu'elle était bizarre. C'était ce garçon : elle avait n'avait même pas réfléchit au fait qu'elle n'avait jamais parlé de ça à qui que ce soit. Ca ne lui avait posé aucun problème de le dire. Et le rire du Serpentard était si communicatif qu'elle ne pouvait s'empêcher de sourire à demi en continuant de parler. Il s'arrêta au bout d'un moment, et alors qu'elle finissait de parler, elle crut voir son visage se tendre encore un peu. Elle ne sut si c'était vrai, mais ça n'avait rien de bien étonnant au vu du sujet de leur conversation. C'était à la fois tellement dérisoire et tellement sombre. Finalement, il lui répondit, et ses mots la touchèrent. Elle, elle l'avait aidé ? Comment ? Par sa simple présence peut être. Par le fait de ne pas l'avoir rejeté certainement ? Son index se détacha de la cloche alors qu'un sourire timide se formait sur ses lèvres. Si elle avait pu lui apporter au moins ça, cette envie d'aider, l'idée que tout n'était pas perdu, ça lui suffisait. Elle refusait de s'en attribuer le mérite, bien sûr, mais elle était profondément touchée qu'il puisse penser ainsi. Sa seconde remarque la plongea dans son imaginaire. Elle le vit recroquevillé sous une couette, ses yeux chargés de larmes et cette image lui déplut fortement. Elle fronça les sourcils et l'observa, mais rien ne lui vint sur-le-champs pour répondre à cela. A part que n'importe qui, probablement, agirait de cette façon.

Et puis la question du garçon la prit au dépourvu. Aimait-elle les filles ? Elle n'avait même jamais pris le temps d'y penser. Elle ne savait pas, dans le fond. Elle l'entendant rire à nouveau, elle ne put s'empêcher de rire elle aussi. Ca lui faisait du bien, de rire ainsi avec lui. Il avait un rire qui l'apaisait, qui l'entraînait. Elle se calma un peu, et tenta de formuler une réponse, au fur et à mesure que ses pensées s'organisaient. « Eh bien je... je ne sais pas, en fait. Je veux dire, c'est elle. Je n'y avais jamais trop pensé. C'était la première fois que je... que je ressentais quelque chose comme ça pour quelqu'un. Je ne m'y attendais pas et.. j'y ai même pas réfléchi, en fait. D'ailleurs, je l'ai blessée à cause de ça. Alors... » Elle s'arrêta un bref instant, cherchant comment répondre plus spécifiquement. « Je ne crois pas tellement que ce soit ça. Je veux dire, je suis attirée par les garçons comme toi aussi... Enfin. Je veux dire pas spécialement toi, mais.. enfin, tu as compris. » Elle soupira après avoir perdu pieds dans ses propres explications, s'inquiétant un peu de l'image qu'elle renvoyait. Soucieuse de la façon dont il pouvait recevoir ses mots. « Pas que tu ne sois pas attirant, hein. Je veux dire... » Elle s'interrompit encore, consciente que sa phrase n'allait pas vraiment dans le sens où elle voulait. Finalement, elle soupira un peu, secouant la tête. «  Pour la fille c'est moche. La compétition était déloyale de toute façon. Je suis désolée. » Ses yeux papillonnèrent dans le noir. Elle pensa à Charlie à nouveau, se disant que, pour elle aussi, la compétition avait dû être déloyale. En fait, il n'y avait même pas eu de compétition. Et puis, elle ne savait même pas si Charlie avait des sentiments pour Jon.

Le Serpentard l'entraîna vers un autre sujet. Il lui parla d'Adrian. Ca avait l'air de correspondre. Elle rit encore un peu, avant de lui répondre « Oui, ça devait être lui. Il a débarqué de nulle part avec une GameBoy et a commencé à m'attaquer sur mon style vestimentaire figures-toi. Au début j'avais un peu de mal à comprendre ce qu'il se passait, je me suis énervée, et finalement, il a eu raison de moi. » Un sourit lui vint en repensant à la scène. Le masculin s'était appliqué naturellement après ce que venait de lui dire le garçon. C'était une drôle de sensation, mais elle ne s'y attarda pas. Elle écouta avec attention ses mises en garde, touchée également qu'il se soucie d'elle. Il nota, encore une fois, la façon dont il se sentait responsable de sa cousine. Elle laisse un bref instant de silence après ses paroles, simplement le temps de réorganiser les mots. Lui même n'avait pas l'air trop à l'aise avec eux, mais c'était plutôt mignon, si on lui avait demandé son avis. Charlyn se tourna à nouveau vers lui et, souhaitant témoigner au garçon à la fois sa gratitude et son envie de l'aider, posa sa main sur son épaule. « Ne t'inquiète pas, je resterais sur mes gardes. Mais j'espère bien que j'arriverais à retomber sur Lorias, un jour. Je suis sûre que c'est quelqu'un de bien. Et si je tombe sur l'autre et bien..  espérons que ça n'arrivera pas ? » Elle sourit doucement. « Mais si je vois quoi que ce soit de louche, je te préviens. » Sa main quitta l'épaule du garçon pour replacer tranquillement une mèche de cheveux derrière son oreille. Son regard, en revanche, resta fixé sur le garçon, et se fit un peu plus sérieux. « Dis moi... Lorias n'a personne d'autre que toi ? » Sa voix se fit un peu plus basse. La question n'était pas évidente à poser, mais elle devait le faire. Elle espérait simplement ne pas le blesser davantage.

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Allen Kalon
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MessageSujet: Re: It takes one to know one - ft Allen   Lun 24 Oct - 0:13



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Allen écouta calmement les réponses de Charlyn. Il était apaisé. Peut-être était-ce le fait d'avoir parlé, ou peut-être était-ce l'effet de la Gryffondor sur les gens. Il ne savait pas trop. Après tout, au début, il n'y avait pas eu besoin de mots. Un réconfort soudain. Naturel. La simple présence de l'autre.
Il sourit en entendant la Gryffondor patauger autant que lui. Etait-ce passager ou avait-elle autant de mal que lui avec les mots de manière générale ? Cela le rassura de voir qu'elle n'avait pas pris à mal ses paroles et, qu'en plus, elle avait aussi une certaine maladresse. Son interlocutrice confirma la présence d'Adrian et la description qu'elle en fit retira tout doute à Allen. Il connaissait toutes les personnes présentes dans l'esprit de sa cousine. Du moins, il le pensait. Jusqu'à l'apparition d'une personne sadique et cruelle. Il imagina Charlyn jouer aux poulets avec Adrian, et cela le fit sourire encore une fois. Le jeune garçon avait une certaine audace. D'ailleurs, cela ne l'étonna pas quand elle lui dit qu'il était venu juger son allure. Connaissant Adrian, il avait dû faire ça par pure provocation. Si Allen n'était pas forcément d'accord avec tout ce que faisait le jeune adolescent, il admirait sa franchise. Il fallait dire qu'Adrian n'avait pas froid aux yeux et disait les choses avec force et simplicité. Allen aurait voulu être capable de faire la même chose. Peut-être que s'il avait été doté de cette capacité moins de monde aurait souffert.
Allen ressentit un peu de fierté quand Charlyn affirma vouloir revoir Lorias. C'était comme si on complimentait sa famille. Et après tout, Lorias était sa seule famille. Il espérait sincèrement que Charlyn n'aurait jamais à rencontrer la mauvaise personne en Lorias. Non seulement il ne voulait pas qu'il lui arrive du mal, mais il ne voulait pas non plus que l'image de sa cousine soit biaisée par un être infâme. Ce que n'était pas Lorias.
Puis la question vint. Question simple. Evidente. Mais Allen hésita tout de même un instant. Il se décida à répondre, cherchant ses mots.
- Je n'ai personne d'autre qu'elle. Elle, elle a... elle a une famille.
Les souvenirs lui revenaient en mémoire et reconstituèrent le fil de l'histoire.
- Je l'ai rencontrée quand j'étais tout petit. Je me souviens pas trop de ce jour-là. On était trop jeune pour comprendre alors on a grandi en pensant qu'on était des cousins. Je pensais que c'était sa mère que ma mère venait voir. Mais j'ai appris que tout était faux. Je comprenais pas trop à l'époque. On est arrivé et je suis allé dans leur jardin à la recherche de Lorias. Elle était toujours dans la lune, un peu maladroite aussi, mais là c'était différent. Elle était allongé par terre et son regard divaguait. Je l'ai appelée mais elle a pas répondu. Quand je lui ai pris la main pour la relever c'est là qu'elle a réagi.
Il fit une pause, les souvenirs revenaient vite. Il hésita un instant et décida de reprendre. Il ne pouvait pas s'arrêter là dans son récit.
- Elle est restée assise dans l'herbe et je suis retourné à l'intérieur pour aller demander ce qui se passait avec Lorias. J'ai surpris une conversation entre sa mère et la mienne.
Il s'arrêta encore. Non. Il ne pourrait pas tout dire. Ce n'était pas son histoire à raconter. Et, de toute façon, il n'y avait pas besoin de détails pour comprendre.
- Comme je t'ai dit, j'étais jeune, je comprenais pas trop... c'est quand mon père est parti et qu'on est plus allé voir Lorias que j'ai commencé à comprendre. Ma mère voulait pas m'emmener la voir, elle était tout le temps défoncée de toute façon.
Il savait que parler de sa mère ainsi n'était pas correcte mais l'amertume l'avait empêché d'être poli.
- Quand j'ai revu Lorias ici, j'y croyais pas, mais c'était logique en fait. On m'a expliqué, enfin tu vois, l'une d'elles, tu comprends ? Tout s'est éclairci. Lorias a une famille, mais... c'est pas une bonne famille. J'aurais voulu être là pour elle à l'époque. C'est que... ses parents, ils sont morts dans un accident quand elle était encore jeune et du coup, sa tante cracmole l'a prise à charge. Elle a grandi comme une moldue.
C'était la première fois qu'il racontait cette histoire à quelqu'un. Il ne pensait pas que cela lui ferait autant de bien malgré la douleur réveillée. Mais au fond, la douleur avait toujours été là. Alors, pourquoi ne pas la libérer un peu ? L'exprimer, au moins.
- Le copain de sa tante à cette époque-là, elle a longtemps pensé qu'il était son père.
Il avait les larmes aux yeux face à cette histoire. Il hésitait à le dire, mais il sentait qu'il en avait besoin. Et avec tout ce qu'il avait déjà dit, pourquoi s'arrêter là ? Les mâchoires crispées par la colère, il avoua :
- Ce connard a non seulement prétendu être son père mais il a aussi abusé d'elle pendant des années. Presque tous les soirs. Quand on m'a raconté ça, j'ai promis de pas laisser arriver ça à nouveau. A personne. Alors, quand j'ai vu ce monstre s'en prendre à Charlie...
Il serra les dents et ses mains firent bientôt de même.
- C'est injuste, souffla-t-il. J'ai l'impression que le mal n'arrive qu'aux gens bien.
Il prit une grande bouffée d'air et parvint à offrir à son interlocutrice un sourire qui se voulait rassurant. Il ne voulait pas qu'il pense qu'elle l'avait blessé. Alors, pour adoucir un peu la conversation, il demanda :
- Je te demanderais bien à propos de ta famille mais... je connais même pas ton nom. Je suis Allen, fit-il en tendant une main.
Il sourit à nouveau, ayant ravalé sa rage. Il n'arrivait pas à croire qu'il avait raconté tout ça à une fille dont il ne connaissait même pas le prénom. Mais c'était peut-être ça, aussi, qui l'avait rassuré. Nouvelle personne, nouvelle confiance. Et cette Gryffondor semblait réellement être une bonne personne. Allen avait cette intuition-là. Et des mauvaises personnes, il en connaissait un rayon, alors si cette fille en était une, il l'aurait remarqué.


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MessageSujet: Re: It takes one to know one - ft Allen   Lun 24 Oct - 1:33

Un bref instant de silence suivit sa question, et Charlyn se demanda avec appréhension si elle était allée trop loin. Elle avait cette fâcheuse tendance à poser des questions et réaliser seulement après coup qu'elles pouvaient être déplacées. Elle se sentait simplement curieuse, et même si elle souhaitait respecter l'intimité de chacun, il lui arrivait de ne pas distinguer la frontière entre ce qui était toléré ou non. Elle vécut ce bref instant avec angoisse, avec cette peur un peu panique qu'il se ferme ou s'enfuit et la laisse retourner à sa solitude. Si c'était ce qu'elle avait recherché avant leur rencontre, elle savait que celle-ci lui serait néfaste. Mais il reprit la parole et sa gorge se dénoua. Si elle se sentit heureuse d'entendre à nouveau sa voix, elle ne put empêcher son cœur de se tordre au fil du récit du garçon. Mais ce n'était pas seulement son récit, car au delà de la difficulté que tentaient d'exprimer les mots, c'était l'expression de son visage qui serrait le cœur de la Gryffondor. Alors qu'il lui racontait les faits, elle se disait qu'il devait y être. La douleur s’accaparaient ses traits, et elle ne pouvait rester de marbre face à cela. Elle se sentit un peu révoltée, également. En entendant le commentaire d'Allen sur sa propre mère, elle tenta de s'imaginer à quoi son enfance avait pu ressembler, avant de chasser cette idée déplaisante. Qui fut rapidement suivie d'une autre, tout aussi déplaisante, lorsqu'il en vint à mentionner le « père » de Lorias. Et elle se rappela immédiatement de l'histoire qu'Adrian, probablement, avait laissé échappé : celle du viol. Alors c'était une vraie histoire. Et dire qu'elle en avait reparlé à Lorias... Elle se sentit vaguement dégoûtée de sa propre naïveté, à cet instant, se rappelant même de l'attitude de la jeune Serdaigle à ce moment.  Elle se promit de trouver un moyen de se racheter pour ça, dès qu'elle en aurait l'occasion.

C'est à l'instant où le visage du Serpentard se fendit d'un léger sourire qu'elle se rendit compte que ses yeux la brûlaient un peu, comme si elle accumulait des larmes qui refusaient de couler. Elle avait toujours été du genre compatissante, mais sa fragilité psychologique, à cet instant, lui faisait visiblement prendre les choses encore plus à cœur. Elle se sentait réellement triste pour Allen, comme pour Lorias, et un sentiment de dégoûts face à l’entourage des deux lui écrasait l'estomac. Elle ne pouvait s'empêcher de se comparer à eux : elle avait toujours éprouvé une certaine tristesse à l'égard de la mort de ses propres parents, mais quand elle regardait son enfance, elle avait été plutôt heureuse. En fait, il lui était même arrivé de se dire qu'au vu de la vie que menait ses parents, leur mort avait probablement assuré le salut de sa vie d'enfant. Elle imaginait mal qu'elle aurait put être plus heureuse avec eux qu'elle ne l'avait été avec son oncle. Toute sa jeunesse avait été bercée d'amour et de tendresse, et si son oncle n'avait jamais assumé le rôle de père, il avait très clairement fait en sorte de lui donner les meilleures bases pour la vie. Elle ne l'avait jamais perçu comme son père non plus, mais il représentait bien plus pour elle. Elle n'avait pas de quoi s'apitoyer, en définitive. Ses parents n'étaient qu'une légère ombre, mais elle n'avait pas le luxe de les idolâtrer et de rêver de leur présence. C'était ce poids en moins sur ses épaules, même s'il lui avait fallut un certain temps pour le réaliser. Elle se sentait désolée que Lorias n'ait pas eu cette chance, et se dit que parfois, pas de parents valait mieux que d'en avoir. Mais cette idée lui parut un peu trop déplacée, et elle s'en voulut de penser ainsi, se disant que Lorias aurait probablement autre chose à dire là dessus. Quant au Serpentard, il ne voulait certainement pas qu'on s'apitoie sur son sort, et ce n'était pas non plus ce que Charlyn voulait faire, encore une fois.

Sa dernière remarque fit écho au fil de ses pensées, alors qu'il finissait par lui offrir son prénom. Elle observa sa main se tendre, réalisant que, même si son sourire avait quelque chose de rassurant, elle était encore tiraillée par ce qu'il venait de lui dire. Elle resta quelques secondes immobile, et réalisa qu'elle ne pouvait se permettre de rester là, les bras ballants, comme une idiote, les mots manquants pour répondre à tout cela. Peut être n'attendait-il rien en retour que de connaître son identité, mais il lui semblait indispensable de faire plus que cela. Elle tendit sa main pour serrer la sienne, mais la suite lui échappa un peu. Le contact de sa peau fit comme un coup de jus qui se transféra dans tout son bras, puis le reste de son corps : il lui sembla qu'elle comprenait subitement qu'il y avait une personne derrière tous ces mots. Qu'ils n'étaient pas juste une histoire, qu'ils appartenaient à quelqu'un. Elle se sentit complètement submergée par ce sentiment, et alors qu'elle serrait encore sa main, son corps se rapprocha soudainement de celui d'Allen. En un instant qu'elle ne saisit pas trop, elle se retrouva contre lui, l'enlaçant comme s'ils étaient les derniers êtres humains sur Terre. Une larme coula le long de sa joue qui n'était pas contre celle du Serpentard, ses yeux fermés devant le mur froid du cachot. « Je suis tellement désolée. » Sa voix fut un murmure à l'oreille du garçon, un murmure pressant. Son étreinte dura quelques secondes encore, avant qu'elle ne réalise ce qu'il s'était passé. Elle s'éloigna alors avec une expression un peu indécise, surprise elle même de la façon dont son trop plein d'émotions et de pensées s'était finalement déversé. Un peu gênée, elle détourna la tête. Elle n'était pas vraiment tactile d'ordinaire, mais visiblement, la Charlyn chamboulée l'était. Elle fronça les sourcils, hésitant un instant à s'enfuir. Puis finalement, elle laissa échapper un petit rire, tentant d'alléger la pression qu'elle venait de se mettre toute seule. « Désolée. Je... je sais pas. Tout ça m'a retournée... Surtout qu'Adrian m'en avait plus ou moins parlé. Enfin, de l'histoire de Lorias et j'ai... enfin bref, j'ai un peu merdé. » Elle poussa un léger soupire avant d'oser se tourner à nouveau vers lui. « Moi c'est Charlyn. Et y a pas grand chose à dire sur mes parents. Mais t'en as peut être déjà entendu parlé, le couple d'idiot qui a tenté de voler un apothicaire et sont morts piégés dans un champs de Bubobulb. » Elle lui fit un petit sourire, tentant de retrouver une certaine contenance.

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MessageSujet: Re: It takes one to know one - ft Allen   Lun 24 Oct - 17:15



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Les excuses de la Gryffondor le surprit, mais son geste plus encore. Allen ne s'attendait pas à ce qu'elle réagisse ainsi. En fait, il n'attendait jamais ce genre de réaction de la part des autres. Il fallait dire que cette histoire particulière, il ne la racontait pas. Ni celle de Lorias, ni la sienne. Elles étaient dures et il ne voulait pas être pris en pitié. Mais dans la façon dont son interlocutrice l'étreignait, il avait plutôt l'impression qu'elle comprenait ce qu'il lui avait raconté. Il se demanda si elle aussi avait connu des faits similaires, que ce soit elle ou quelqu'un dans son entourage. Si au début il n'avait pas osé bougé, il se surprit à poser sa main sur le dos de jeune fille. Il repensa à ce qu'elle traversait et il voulait lui faire savoir qu'il comprenait tout à fait. Après tout, il avait vécu la même chose avec Emily. Il n'était pas certain de regretter les aveux de ses sentiments à la blonde, car au moins il était fixé. Mais tout de même, cela faisait mal. Aussi banal que cela pouvait être. Le jeune homme ouvrait rarement son cœur, alors le fait de s'être fait rejeté était un coup dur. Il pouvait imaginer la douleur de Charlyn, surtout si elle ne savait toujours pas ce que ressentait Charlie. Connaissant un peu cette dernière, il savait qu'il était peut-être mieux pour Charlyn de ne jamais savoir. Lui avait reçu les pensées de la Serpentard à son égard et, même s'il la savait sous le choc de son agression, ça avait été douloureux. Il s'était senti si impuissant et s'était fait envoyer balader alors qu'il voulait simplement aider. Si ce simple fait l'avait blessé, qu'en serait-il pour quelqu'un qui avait des sentiments pour sa camarade ?

Charlyn se redressa et s'excusa à nouveau. Elle n'avait pas besoin de s'excuser. C'était inutile. Allen ne pouvait pas la blâmer. Il haussa un sourcil quand elle lui dit qu'elle avait été maladroite envers Lorias. Il releva la tête et la tourna vers elle.
- Je ne sais pas ce qui s'est passé, mais je suis sûr que Lorias va bien. Elle a des gens pour la protéger de tout ça. Peu importe ce que tu lui as dit, elle a sûrement oublié. En tout cas, je doute qu'elle t'en tienne rigueur. Elle n'est pas du genre à en vouloir aux gens.
Il était sincère pour ce qui était de Lorias, mais un peu déçu d'Adrian. Peu importe la façon dont il avait raconté l'histoire de Lorias, il aurait dû se montrer plus prudent, sachant que Lorias pouvait se réveiller à tout moment. Allen se jura de faire passer quelques mots à Adrian. Il ne pouvait pas se permettre de laisser le garçon faire ce genre de gaffe. Lorias n'avait pas besoin qu'on lui remémore son enfance.
Allen sortit de ses pensées quand Charlyn se présenta. Il sourit, trouvant ce prénom plutôt joli. C'est qu'il n'était pas si courant et Allen trouvait que ça allait particulièrement bien à sa camarade. Comme son prénom, ce genre de personne, on en trouvait pas partout. Elle évoqua sa famille, qu'Allen était apparemment censé connaître. Le jeune homme fut un peu déçu de ne pas savoir de quoi Charlyn parlait. Il aurait voulu pouvoir en parler avec elle, mais c'était impossible.
- C'est-à-dire que... je suis complètement moldu... j'ai grandi comme tel, j'ai découvert le monde magique à mon arrivée ici alors... non, je connais pas tes parents...
Ceci dit, cela avait l'air d'une drôle d'histoire qu'il commenta de suite :
- Ils ont l'air de drôles de personnages... désolé, je devrais pas dire ça au vu de ce qui leur est arrivé. Je me dis juste que c'est une sacrée histoire à raconter. Ils étaient courageux, tes parents.
Il ne sut quoi dire d'autre. Il espérait ne pas avoir dit quoi que ce soit de méchant, cela n'étant pas son intention.
- Au fait, reprit-il, pour Charlie... peu importe ce que tu ressens, je comprends. Simplement, si tu décides de lui dire... sois consciente que ça sera pas forcément en ta faveur. C'est pas pour t'effrayer ou quoi, c'est juste que j'aurais dû faire plus attention, avec Emily. Je pensais pas que ça ferait aussi mal...


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MessageSujet: Re: It takes one to know one - ft Allen   Mar 25 Oct - 0:18

La main qu'Allen avait posé dans son dos avait eu pour effet de créer un petit courant chaud glissant sous sa peau, un courant somme toute plutôt agréable et rassurant, bien qu'elle n'eut pas le loisir d'en profiter longtemps. Peut être était-ce ce geste qui lui avait également permis de ne pas prendre ses jambes à son cou, tant sa propre réaction l'avait surprise. Cette rencontre avait quelque chose de si particulier que Charlyn se laissait totalement porté par le fil des événements. Son pauvre cœur n'était pas épargné, il tressaillait encore sous les assauts des pensées néfastes qui restaient en arrière-plan, et dans le même temps, se faisait balayer par des vagues de chaleur, dont les interactions entre Allen et elle étaient responsables. Il y avait quelque chose d'extrêmement doux dans tout cela : un vrai partage, et surtout, cette impression d'être totalement en dehors du moindre jugement. Elle avait été très rassurée de voir qu'il n'avait pas émis la moindre réaction négative à l'égard de son étreinte aussi soudaine qu'inattendue, et l'idée un peu stupide de le remercier pour cela lui traversa l'esprit. Elle la balaya rapidement, estimant que cet instant ne méritait pas plus de mots, et acquiesça doucement lorsqu'il répondit à sa remarque sur Lorias. Ses paroles la rassurèrent un peu également, et ne firent que conforter son idée de revoir la Serdaigle et de la connaître davantage. Sa curiosité avait déjà été piquée lors de leur rencontre, bien sûr, mais elle ne faisait que se renforcer. Et ce n'était pas de la curiosité vis-à-vis de sa particularité, même si bien sûr c'était tout à fait fascinant. Il s'agissait d'une sincère curiosité à l'égard de la personne qu'elle représentait, des formes qu'elle imaginait, elle aussi, dans le ciel. Cette rencontre lui avait laissé un double souvenir : d'une part assez drôle, mais également assez poétique. Néanmoins, elle ne put s'empêcher de relever un point dans ses paroles : des 'gens pour la protéger'. Parlait-il de personnes physiques ou des autres habitants du corps de la jeune femme ? Elle se promit de garder cette question dans un coin de sa tête, et de l'aborder au moment opportun. Elle ne put s'empêcher aussi de se demander s'il s'était compté lui même parmi ses personnes, ce qui lui paraissait plus que légitime au vu de la façon qu'il avait de parlé d'elle et de s'impliquer. Mais ces questions là n'avaient pas encore leur place, lui semblait-il, et ils étaient déjà partis sur autre chose.

Cela faisait longtemps que la Gryffondor n'avait plus parlé de ses parents, aussi fut-elle soulagée que leur histoire lui soit inconnue. Elle en riait un peu parfois, avec certains proches. Parce qu'elle trouvait l'histoire risible, et qu'elle aimait en prendre de la distance. Mais quelque part, quand les gens s'en rappelaient parce qu'ils avaient lu ou entendu ce fait divers, elle avait l'impression qu'on empiétait sur son espace vital. Qu'on violait son intimité. Son commentaire ne la froissa pas le moins du monde : à son sens ils étaient véritablement de drôles de personnages, d'une histoire dont elle ne se souvenait pas vraiment. Elle fut cependant surprise de la violence du sentiment de colère qui s'empara d'elle finalement lorsqu'il supposa qu'ils étaient courageux. C'était un commentaire gentil, et sa colère n'était en rien destinée à Allen. Elle s'adressait à eux, ce couple d'irresponsable qui n'avaient même pas été capables de s'engager dans une vie décente, même pas pour elle, même pas lorsqu'ils en avaient les moyens. Elle fronça les sourcils, alors qu'il continuait sur Charlie. Cette dernière réplique la laissa un peu pensive, alors qu'elle sentait encore son cœur se soulever à la simple pensées de ses parents. « Je ne lui en parlerai jamais. Je ne suis vraiment pas douée pour ça. J'ai eu l'occasion de tout lui expliquer déjà, et même là, je n'ai rien su lui dire de concret. Non, je ne lui dirai pas... c'est mieux comme ça. On recommence à peine à se parler et elle est distante, ce que je comprends totalement après la façon dont je l'ai laissée tomber quand je me suis rendue compte de ce que son absence signifiait pour moi... » Ses yeux se perdirent à nouveau dans le vague. Il était possible que Charlie ne lui pardonne jamais vraiment de l'avoir simplement évitée pendant des mois sans rien lui dire. Qu'allait-elle faire maintenant ? Elle savait que la voir allait être douloureux. Mais elle ne pouvait pas se remettre à l'ignorer, à faire l'autruche. Cette fois-ci, elle allait devoir affronter ses sentiments. Mais les lui avouer ? C'était impossible. « Pour ce que ça vaut, je trouve que c'est incroyablement courageux de lui avoir dit. Mille fois plus que de voler les autres juste pour le plaisir. » La seconde partie de sa phrase était partie si vite qu'elle n'y avait même pas réfléchi. « Mes parents n'avaient rien de courageux, en fait. » Son ton claqua un peu sèchement alors que ses yeux accrochaient à nouveau le visage du jeune homme. La colère dansait à présent dans ses pupilles. « Ils n'avaient pas besoin de ce style de vie. Ils aimaient juste ça. Ils voulaient vivre comme s'ils n'avaient aucune attache. Dans le fond, ils étaient terriblement immatures, et vraiment pas prêt à avoir un enfant. J'étais plutôt une erreur pour eux. » Il n'y avait pas vraiment de tristesse dans sa voix, ce qu'elle énonçait, à son sens, c'était simplement des faits. Des faits qui ne la rendaient plus triste, mais qui l'enrageaient plus tôt.

Elle se rendit compte de son brusque changement de ton presque immédiatement, et s'en voulut un peu. Elle se radoucit, et ajouta d'un ton plus léger : « C'est mon oncle qui m'a vraiment élevée, en fait. Lui est moldu, alors jusqu'à ce que mon Grand-Père décide qu'il fallait me préparer à Poudlard, j'ai vécue en totale moldue aussi. » Elle se permit même un petit sourire, espérant réellement qu'il ait prit sa colère pour ce qu'elle était, et pas un emportement contre lui. Réalisant soudain quelque chose, elle arqua un sourcil : « Quand j'y pense, Salazar Serpentard doit se retourner dans sa tombe , de te savoir dans sa maison. » Elle lui sourit un peu plus largement, espérant que sa remarque aurait l'effet comique qu'elle souhaitait. Elle ne s'était pas attendu ce que le souvenir de ses parents la cueille ainsi, mais ça n'avait rien d'étonnant, dans le fond, au vu de l'instant qui se déroulait. Elle aurait simplement aimé être capable de mieux le maîtriser, pour éviter les quiproquos. Mais quelque chose lui disait que dans le fond, Allen saurait ne pas le prendre pour lui. Ca lui apparaissait un peu comme le fondement même de cette nouvelle et bienheureuse rencontre.

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MessageSujet: Re: It takes one to know one - ft Allen   Mar 25 Oct - 16:48



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Allen s'en voulait presque de comprendre ce que pouvait ressentir Charlyn. Car la façon dont elle parla de Charlie le ramena à ses longs moments d'hésitation. Il lui avait été difficile d'aller voir Emily et, même s'il se disait que ce n'était pas plus mal de l'avoir fait, d'avoir été fixé, il se disait parfois qu'il n'aurait pas dû, qu'il aurait pu éviter cette douleur vive au cœur qui était bien plus réelle que les clichés de fiction ne le laissaient penser. Mais il était aussi soulagé, inconsciemment, d'entendre Charlyn dire ça. S'il aurait pu penser que cela concernait Charlie, ça n'était pas le cas. Il l'avait appréciée, Charlie, mais sans plus. Il n'y avait pas eu le temps d'avoir un quelconque plus. Si Allen pensait qu'il aurait pu voir Charlie en amie, l'incident avec Lorias était arrivé et il avait tout de suite été refoulé dans le camp des ennemis. Même s'il n'en était pas un. Même s'il avait juste voulu aider. Et ça, quand bien même il essayait de l'oublier, tournait dans son esprit. Il prétendait ne pas se soucier des autres, tout détaché d'eux qu'il se montrait, mais ne pouvait s'empêcher de vouloir les aider. De vouloir rendre le monde meilleur. Une tâche ardue pour un jeune homme de dix-huit ans.
- Peut-être que si tu n'as pas pu lui dire... c'est que tu n'es pas destinée à le faire.
Il avait dit ça, pensif, sans imaginer que ces mots étaient réellement sortis de sa bouche. Car au fond, il ne croyait pas vraiment au destin. Il ne pouvait croire en un au-delà quand le monde autour de lui lui apparaissait si injuste. Il se disait souvent que, si les humains avaient un être pour les protéger, alors toutes ces horreurs n'arriveraient pas. Mais alors cette pensée rejoignait la question religieuse et Allen ne s'étendait pas là-dessus. Il ne cherchait pas à comprendre la foi des gens, chacun pouvait bien croire ce qu'il voulait, et faire part de ses pensées serait sûrement se mettre des gens à dos.
Il ne voulait pas de tout ça. Il voulait la paix. C'était cliché, mais il fallait dire que le monde serait plus beau si chacun vivait paisiblement.
Allen s'éloignait du sujet en divaguant ainsi. Il avait du mal à rester sur sa pensée principale, celle qui le mettait mal à l'aise. Même en pensée, c'était difficile à avouer. Car ce qu'il ne pourrait pas admettre, c'était le fait qu'il était soulagé de voir Charlyn abandonner plus ou moins ses sentiments envers la Serpentard. Abandonner était un bien grand mot bien sûr. Et Allen n'était pas très doué en conseils, il ne pourrait pas vraiment aider Charlyn à se rapprocher de Charlie. Déjà que lui-même n'avait pas réussi à sortir de la catégorie "détesté".
Mais non, ce n'était toujours pas ça auquel il pensait. Ce n'était pas faux, bien sûr, mais pas totalement vrai non plus. Il passait à côté du plus important. Il se disait que, peut-être, il avait trouvé une amie en Charlyn. Quelqu'un à qui il avait fait si rapidement confiance qu'il lui avait raconté des choses trop importantes pour être racontées à n'importe qui. Et puis, Charlyn, il l'appréciait déjà. Si vite. Si simplement. Ce n'était pas seulement le réconfort qu'ils s'étaient apportés, mais aussi la personnalité et l'histoire de la jeune femme. Nouveau. Différent. C'était peut-être ça dont Allen avait besoin. Voir la vie d'une nouvelle perspective. Ne plus rester enfermé dans sa bulle de noirceur.
- Pour une erreur, tu ne t'en sors pas si mal, commenta-t-il.
C'était une histoire assez étrange. Cette histoire de parents téméraires qui n'étaient pas assez responsables pour un enfant. Pourtant, ils avaient eu raison d'en avoir un. Allen le pensait sincèrement. Si le couple n'avait pas été irresponsable, il n'aurait pas eu Charlyn. Et alors, une chose aurait manqué à cette école. Quelqu'un.
Allen ne cessait d'être surpris. La nouvelle remarque de la Gryffondor le fit de nouveau tourner la tête. Il ne s'était jamais demandé s'il n'était pas fait pour une autre maison. Il savait que Serpentard lui correspondait, d'une façon ou d'une autre, mais de là à se poser la question pour les autres maisons, cela ne lui était pas venu à l'esprit. Il ne pouvait remettre en question son appartenance aux Serpents.
- Le Choixpeau ne s'est pas trompé. Ni pour moi, ni pour toi d'ailleurs, ajouta-t-il avec un sourire.
Il ne doutait pas des qualités de Charlyn, qui pour lui avait tout à fait sa place à Gryffondor. En un sens, c'était une bonne chose que Charlyn ne soit pas à Serpentard. En ce moment, une ombre planait au-dessus des Vert-Argentés. Et il savait que c'était en partie de sa faute. De la même façon qu'un danger planait sur toute l'école car il n'avait pas le courage nécessaire à la dénonciation de Lorias. Au fond, il était peut-être trop orgueilleux. Il voulait régler le problème lui-même. Car il savait que la prison ou l'hôpital psychiatrique n'aiderait en rien sa cousine.


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MessageSujet: Re: It takes one to know one - ft Allen   Mer 26 Oct - 2:14

Le destin alors ? Cette remarque d'Allen la laissa un peu pensive, d'autant plus qu'elle n'était pas réellement sortie sur le ton de la conversation. Il avait plutôt eut l'air absorbé par ses propres pensées lorsque ces mots étaient sortis, aussi les médita-t-elle en silence. Charlyn croyait en quelque chose de plus grand qu'elle mais elle ne savait pas vraiment mettre de mots dessus. C'était plus une force générale de l'univers pour elle, comme une balance naturelle qui s'équilibrait d'une manière totalement insaisissable. Mais elle ne voulait pas penser que quelque chose la dirigeait naturellement vers une voie ou une autre, et elle s'interrogea rapidement sur ce qu'Allen mettait réellement derrière ces mots. Peut être, un jour, l'occasion se présenterait, et peut être lui demanderait-elle. En tout cas, destinée ou non, elle faisait vœux de silence vis-à-vis de ses sentiments pour la Serpentard. Et à présent, elle réalisait qu'il ne s'agissait pas simplement d'elle. Elle était pieds et poings liés après ce que Jonathan lui avait appris. Quelle que soit la nature de ses sentiments à lui, elle se devait de faire passer sa loyauté envers lui avant elle même. C'était la façon dont il abordait le sujet, sa façon de se comporter : c'était un autre Jon, qu'elle n'avait encore jamais vu, et c'était un autre Jon probablement à cause ou grâce à Charlie. Quoi qu'il puisse dire à présent, ce qu'il s'était passé forçait Charlyn à faire le deuil de ses sentiments. Et c'était probablement mieux ainsi, car elle était persuadée qu'après la façon dont elle avait tenue Charlie en dehors de sa vie, il n'y avait rien à espérer, pour peu qu'elle ait véritablement espéré un jour. Si Allen ne l'avait pas trouvée dans ce recoin froid du château, aurait-elle seulement pu réaliser tout cela ? Elle n'en était pas sûre.

Lorsqu'il commenta l'idée qu'elle était une erreur, disant qu'elle ne s'en sortait pas si mal, elle sourit. Un sourire amusé alors que ses mots la touchaient véritablement. Elle prit alors un air faussement hautain, tenant son dos le plus droit possible, levant légèrement le menton et se pointant elle même du doigt. « En effet, regarde moi cette perfection. Rien à redire. Un 20/20, quoi qu'Adrian ait pu en dire ! » Un petit rire s'échappa de sa gorge alors qu'elle se laissait retomber tranquillement contre le mur. Elle se surprit à penser qu'en définitive, elle n'était pas si mécontente de la personne qu'elle était. Elle ne se voyait pas comme quelqu'un de particulièrement captivant ou intéressant, mais elle devait reconnaître qu'elle n'avait pas mal tourné non plus. Probablement grâce à son oncle, qui avait été projeté dans une forme de parentalité malgré lui, et qui avait totalement assuré malgré qu'il ne s'y était jamais préparé. Une vague d'affection la saisit, et elle repense à Jack, Mary et leur petite fille. S'il y avait une illustration de la famille parfaite, ce serait celle-ci. Parfois, elle se demandait si c'était une forme d'idéalisation, mais quand bien même, son oncle et sa tante était des gens formidables, débordant d'amour et compréhensifs. Elle ne pouvait imaginer de meilleurs parents pour qui que ce soit. Elle se surprit à imaginer un instant ce qu'il se passerait s'ils les avaient vu tous deux comme ça. Mary aurait probablement sorti le thé et les gâteaux, et Jack se serait employer avec passion à raconter des blagues absolument nulles dans le seul but de faire décompresser son auditoire. Cette simple pensée la fit sourire largement, et éloigna le sentiment désagréable que celle de ses parents avait généré.

A la mention du Choixpeau, Charlyn sourit encore. « Ouais, je doute qu'il se trompe souvent. Je me suis toujours interrogée sur ce qu'il était vraiment. Je trouve ça à la fois inquiétant et fascinant qu'il se glisse dans nos têtes comme ça. » Elle se rappela alors de sa répartition. Elle s'était senti en phase avec le drôle de chapeau qu'on lui avait posé sur la tête, même si elle avait eu la drôle de sensation qu'on se promenait dans son crâne. Qu'y avait-il vu ce jour là ? Il lui arrivait encore de se poser la question. Alors elle se demanda ce qu'il avait pu voir dans la tête d'Allen. Elle repensa à certaines personnalités célèbres qui avaient été à Serpentard. Il semblait que les plus connues l'avaient été pour des crimes. Elle avait du mal à imaginer Allen à leur image, et moins encore à l'image de la réputation des Serpentard. Mais elle savait bien qu'ils ne se connaissaient encore que très peu, et qu'il pouvait lui réserver des surprises. Mais elle en était plus curieuse qu'elle n'en avait peur, elle avait envie d'en savoir plus sur ce garçon là. Et elle se sentait déjà proche de lui. Entre les confessions et la détresse partagée, il semblait à la Gryffondor que cette première rencontre ne serait pas la dernière. « A ton avis, pourquoi il t'a envoyé là ? » C'était peut être une question un peu étrange à poser, mais elle était curieuse de sa réponse.

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MessageSujet: Re: It takes one to know one - ft Allen   Mer 26 Oct - 15:40



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Allen partagea le rire de sa camarade de cachots. Cela faisait du bien d'entendre quelqu'un rire à ses côtés, surtout si cette personne était en aussi mauvais point que lui. Il releva le nom d'Adrian et il réalisa qu'il n'avait jamais entendu quelqu'un d'autre dire le nom de l'un des hôtes de Lorias à voix haute. Encore moins dit de cette façon là. Comme si cette personne existait vraiment. Car c'était le cas. Adrian était bien réel, même si la science échappait à Allen. La façon dont toutes ces personnes s'étaient retrouvées dans le corps de sa cousine lui était encore indécise. Mais il ne cherchait pas à comprendre cela. Il ne voulait pas faire d'expérience sur sa cousine. Sauf s'il avait un moyen de l'aider à se sortir de ses mauvais esprits. Sauf s'il trouvait un moyen de se débarrasser de l'enfoiré qui utilisait Lorias pour faire le mal. D'ailleurs, il était temps pour lui de faire quelque chose. N'importe quoi. Sa conversation avec Charlyn lui avait redonné un peu d'espoir et, même si ça allait être compliqué, il avait retrouvé sa détermination à régler cette histoire. Ne plus jamais laisser Lorias possédée par cet être immonde qui avait enlevé Charlie.
- Je sais pas ce qu'Adrian a dit mais c'était sûrement pour t'embêter. Surtout s'il te connaissait pas. C'est un gosse honnête... quand il a des vérités à te dire, tu le sens qu'il est sérieux. Honnêtement, je sais pas comment Lorias aurait tenu le coup sans lui. Mais bref, l'écoutes pas. 20/20, souviens-toi.
Il se surprit à lui envoyer un clin d'oeil. Ses sourcils se froncèrent. Il hésitait à lui demander un service. Il ne savait pas si c'était vraiment une bonne idée, mais après tout, elle avait déjà rencontré Lorias.
- D'ailleurs... tu viendrais avec moi parler à Lorias un de ses quatre ? Je n'ai pas vraiment reparlé avec elle de ce qui s'est passé avec Charlie. Et je ne compte pas le faire, du moins pas tout de suite, mais il faut que j'en parle à quelqu'un. Ils sont notre seule chance d'en découvrir plus sur celui ou celle qui a fait ça.
Allen se disait que ce serait plus simple si Charlyn l'accompagnait. Il pouvait très bien le faire seul, et il était plus favorable à se débrouiller seul sur ce genre de problème, mais avec Charlyn, il n'avait pas l'impression qu'autrui était un danger. Du moins, elle ne l'était pas. Et puis, il pourrait lui présenter Delphine. C'était à elle qu'il voulait surtout parler, elle l'avait lâchement abandonné dans la Salle sur Demande pour soi-disant aller chercher des informations. Il espérait qu'elle en avait trouvé. Mais peut-être qu'elle aussi était dépassée par les événements.

Allen s'étonna à trouver une certaine ressemblance entre Lorias et le Choixpeau. Combien de personnes s'étaient-elles glissées dans la tête de Lorias ? Qu'avait vu le Choixpeau quand il avait été posé sur la tête de la future Serdaigle ? D'après ce qu'on lui avait dit, Kelsey était éveillée à ce moment-là. Cette fille était une véritable Serdaigle. Mais Lorias le semblait aussi. Allen n'aurait jamais pensé à une autre maison pour elle.
Tout comme il ne voyait pas Charlyn ailleurs qu'à Gryffondor.
La question du Choixpeau était bien floue. Personne ne savait vraiment comment il pouvait voir si clair en nous quand nous-mêmes étions encore indécis sur la personne que nous étions. Alors la question de Charlyn le fit réfléchir un instant. Il pensait ne pas pouvoir trouver de réponse mais une chose lui parut plus qu'évidente une fois la question posée. La colère. Celle qui bouillonnait en lui à son arrivée ici. Celle qui ne l'avait pas quittée depuis le départ de son père, le violent abandon par sa mère, la prétendue famille de Lorias, la cruauté de beaucoup, son isolement à l'orphelinat pour supporter sa vie là-bas. Alors, tout prit sens. Il était bel et bien un Serpentard. Déterminé à changer les choses. Tout et n'importe quoi, pourvu que le monde soit un peu plus supportable. Il ne pouvait pas dire ne pas être orgueilleux non plus. Pendant un long moment, il avait été convaincu qu'il était capable de tout régler. Il avait pensé que tout problème avait une solution. Et suite à cette chaleureuse rencontre dans ces cachots sombres et froids, il commençait de nouveau à penser que les problèmes pouvaient être réglés. Peut-être pas par lui, ou par lui tout seul, mais ils avaient une solution. Il ne restait plus qu'à la trouver.
- Je crois savoir pourquoi, répondit-il doucement. Avant d'arriver à Poudlard, j'étais en orphelinat. J'allais à l'école pas loin alors j'y passais beaucoup de temps. C'était pas très sympa là-bas. En fait, ça m'a mis encore plus en colère. Le monde paraît vachement injuste quand il bouge autour de toi et te laisses planté là où tu es. Alors... je voulais vraiment changer ça, en quelque sorte. Je pense que le Choixpeau a vu ma détermination. Et puis... il a vu ma rage, aussi. C'est pas une belle colère.
Il se pinça les lèvres un instant. Il n'avait jamais fait part de tout ça auparavant. Mais encore une fois, cette conversation avait perdu ses limites dès son début.
- Si je peux me permettre de répondre à ta place, reprit-il, je pense vraiment que t'es quelqu'un de courageux. Mais surtout, tu m'as l'air de quelqu'un d'assez loyal. Je veux dire, ce que tu m'as raconté par rapport à Charlie et ton ami... tu n'essaies pas de gâcher ça. Et puis, tout ce que je t'ai dit... tu l'as pris d'une façon étonnante. C'est une histoire dingue, pourtant tu restes là à m'écouter.
Il se tourna légèrement pour pouvoir lui faire face. Ses yeux brillaient d'une nouvelle lueur. Ce qui semblait être de l'admiration.
- Tu as parfaitement ta place à Gryffondor, souffla-t-il.


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MessageSujet: Re: It takes one to know one - ft Allen   Mer 26 Oct - 19:54

Entendre Allen rire avec elle fut un réel plaisir. Ils avaient besoin de rire, besoin d'un peu de légèreté. C'est ce qu'elle pensait, et au delà de cela, elle aimait l'expression du garçon lorsqu'elle s'éclairait. Pas parce qu'elle ne voulait pas voir sa tristesse ou sa colère, mais parce qu'elle voulait aussi voir plus. Et parce que les fossettes qui se créaient autour de ses lèvres lorsqu'il souriait ou qu'il riait avaient quelque chose de captivant. Elle n'en avait qu'à demi conscience, mais cet individu qu'elle ne connaissait pas quelque temps auparavant, qu'elle n'aurait peut être même jamais trop remarqué dans les couloirs du château, cet individu là lui paraissait de plus en plus beau. Et c'était au délà du simple physique, au fur et à mesure qu'ils échangeaient, ce qu'elle percevait de lui lui paraissait beau, et d'une certaine façon, assez pur. Elle n'aurait su dire pourquoi, et c'était là toute la beauté de cet instant qui s’appréhendait sous un angle presque spirituel. Son commentaire sur Adrian lui tira un sourire. Elle comprenait mieux maintenant les propos qu'il avait pu tenir, il ne voulait pas se moquer d'elle ou la tourner en ridicule : simplement dire ce qu'il pensait. Elle s'inquiéta alors de sa propre susceptibilité, se rappelant son comportement totalement puéril. Et puis elle se dit que de toute façon, les choses s'étaient passées ainsi, et qu'au final, elle n'y changerait rien. Le dénouement avait été inattendu mais agréable. Cette rencontre l'avait marquée dans le bon sens, finalement. Et puis Allen lui fit un clin d'oeil, qui lui fit un drôle d'effet. Elle n'aurait su dire pourquoi là encore, mais quelque chose dans ce geste la fit se sentir bien. La complicité qu'il dégageait peut être ? Ou simplement le charme qui en émanait ? En tout cas, quelque chose dans l'expression du garçon avait changé et Charlyn se surprit à détailler son visage avec plus d'attention, comme si elle cherchait le détail qui l'empêchait à présent de détacher ses yeux de lui. « Je saurais m'en souvenir » commenta-t-elle finalement d'un ton un peu enjoué.

Elle observa son froncement de sourcil, se demandant ce qu'il se passait dans sa tête à présent. Elle ne tarda pas à le savoir, puisqu'il finit par lui demander si elle accepterait de venir parler à Lorias avec lui. Enfin, pas exactement à Lorias. Pensait-il à quelqu'un de particulier ? Un des habitants de Lorias, peut être ? Elle fut alors happée par plusieurs émotions. Premièrement, elle se sentait assez honorée qu'Allen lui demanda ça à elle, alors qu'ils venaient à peine de se rencontrer. Mais elle comprenait, quelque part, parce qu'elle n'aurait eu aucun mal à se tourner vers lui et à lui faire confiance elle même. Mais elle se sentait heureuse. Et puis, il avait dit « notre seule chance ». Notre. Et ce mot lui apparaissait un peu comme un casse-tête : voulait-il parler de lui, Lorias et tous les autres, ou l'incluait-il également dans ce « nous » ? S'il s'agissait de cette deuxième option, elle en était touchée. Mais elle n'oserait pas poser la question, parce qu'elle se sentait un peu stupide de s'attarder là dessus. Et il fallait bien qu'elle lui réponde. Et elle avait encore le sourire aux lèvres lorsqu'elle entreprit de formuler sa réponse. « Tu peux compter sur moi. Dès que tu te sens prêt, tiens moi au courant, ok ? Et puis, si je peux t'aider à aider Lorias à se débarrasser de lui... Après tout, c'est un peu l'affaire de tout le monde, s'il se pointe. » Il était vrai qu'en s'y attardant un instant, Lorias était tout de même habitée par un total psychopate. Un individu dangereux. Et s'il revenait ? « Tu penses que... tu crois que Lorias sait ce qu'il s'est passé ? Est-ce qu'elle peut se souvenir de... de quand ce n'est pas elle aux commandes ? Et les autres ? » Si Allen voulait en parler à quelqu'un cela voulait-il de chacun avait conscience de la présence des autres ? Beaucoup de questions lui venaient en tête, mais elle ne voulait pas non plus l'accabler. Elle se demanda même s'il disposait de toutes les réponses.  En tout cas, elle ne put s'empêcher de remarquer encore une fois à quel point il paraissait protecteur vis à vis de sa cousine. Et c'était tout à son honneur.

Elle écouta attentivement sa réponse quant au choix du Choixpeau. Son cerveau tenta d'imaginer ce qu'il lui racontait, mais c'était quelque chose qui lui soulevait le cœur. Une partie d'elle éprouvait soudain le besoin presque viscéral de le protéger, alors que dans le fond, ces faits étaient passés et elle n'y pouvait rien. Elle en oublia même de s'arrêter encore sur la façon dont il s'ouvrait à elle. Rage, détermination, colère. Un cocktail explosif, dangereux, mais qui l'avait probablement fait tenir jusque là. Mais il y avait plus selon elle. « Il a su que tu t'en sortirais coûte que coûte » murmura-t-elle, plus pour elle que pour lui, en définitive. C'était ce qu'elle pensait. Elle l'avait vu si mal, et pourtant, quelque chose, dans ses tripes, lui disait qu'Allen, comme un chat, saurait toujours retomber dans sur ses pattes. Qu'il avait la force et la combativité. Elle ne s'interrogea même pas sur la rapidité de ce jugement. Ils venaient juste de se rencontrer, et elle avait le sentiment de l'avoir toujours connu. Et puis, il parla d'elle. Elle fut touchée par ses mots, et l'expression qui dansa alors dans son regard la happa totalement. Elle se perdit un instant dans ses yeux, tentant d'identifier la lueur qui les habitaient. Ca et la façon dont ses derniers mots s'étaient échappés de sa bouche.

Elle laissa s'écouler un bref instant de silence, tentant de reprendre le contrôle du fil de ses pensées. « Je pense que... » commença-t-elle, ses sourcils se fronçant légèrement alors que ses yeux nageaient encore au milieu de ceux du Serpentard. « Je pense que j'ai juste appris, avec Charlie. Et Jon est trop important pour moi pour que je fasse quoi que ce soit qui puisse ruiner... peut importe ce qu'il y a entre eux. Ils comptent trop, tous les deux. Moi, ça ne compte pas.  » Elle s'arrêta un instant. Avait-elle réellement prononcé son prénom ? Jon lui en aurait certainement voulut. Mais elle n'arrivait pas à s'en inquiéter. Elle imaginait mal Allen divulguer le secret dans tout le château. Et puis, si ça se trouvait, il ne le connaissait même pas. Et elle lui faisait confiance, surtout. « Et puis, pour Lorias, qui je suis pour juger ? Il y a des choses qui me dépassent. Et ces choses là existent, comme ce qui arrive à Lorias. Ca existe, se mettre des œillères, s'enfuir, en avoir peur ou... même remettre ta parole en doute, ce serait stupide. Lorias, et tous les autres, ce sont des personnes, comme nous. Alors, je comprends pas ce que c'est, mais c'est pas pour autant que je vais leur en vouloir. Je dis pas qu'il y a pas quelque chose d'un peu effrayant dans tout ça, ce serait faux. Mais ce n'est pas de sa faute, ni de la tienne. Alors autant faire ce que je peux pour vous aider, si je peux faire quoi que ce soit. ». Ses yeux quittèrent finalement ceux d'Allen, retombant sur la cloche. Elle s'était un peu emballée au cour de cette tirade, parce qu'elle le prenait très à cœur.

« J'ai envie de t'aider... », ajouta-t-elle finalement dans un murmure. Ses yeux détaillaient la fleur qui respirait tranquillement sous la cloche. Elle voulait l'aider, oui. Elle ferait ce qu'elle pouvait, et s'il fallait parler à n'importe laquelle des personnalités de Lorias, elle le ferait. Du reste, elle ne savait pas encore comment mais... Une pensée éclata soudain dans son esprit. « Grand-Père ! » Elle s'était redressée vivement. Ses yeux s'étaient reposé sur Allen, une lueur excitée dans le regard. « C'est trois fois rien, mais mon Grand-Père est du genre totalement fou. Il adore faire des expériences et... Non pas que je veuille lui refiler Lorias comme cobaye, non, mais ce que je veux dire, c'est qu'il s'est toujours intéressé aux trucs qui sortaient de l'ordinaire, même pour les sorciers. Je pourrais lui en parler, voir s'il a une idée sur tout ça ? C'est trois fois rien, mais si ça peut nous donner des pistes... » Elle n'espérait pas trouver la solution en un claquement de doigts, bien sûr, mais le vieux aurait peut être une information intéressante, une hypothèse, quelque chose...

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MessageSujet: Re: It takes one to know one - ft Allen   Jeu 27 Oct - 3:40



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Dès qu'il se sentait prêt. C'était drôle à entendre, ça. Allen ne se sentait jamais vraiment prêt. Il fonçait, tâchant de garder les yeux ouverts. Pourtant, il était toujours aveugle, ne pouvant voir venir les maux qui allaient se déchaîner autour de lui. Il n'avait pas vu les signes chez Lorias. Il avait constaté sa disparition trop tard. De même pour celle de Charlie. Et maintenant, il se disait qu'il était peut-être arrivé un peu tard pour Charlyn aussi. Il aurait voulu arriver avant que la Gryffondor n'aille s'abîmer le cœur de la sorte contre des espoirs vains. Peut-être aurait-il pu empêcher la douleur d'embrocher quelqu'un d'autre. Mais ses flèches visaient toujours juste, la douleur étant probablement le sentiment le plus difficile à éviter. C'était ce que croyait Allen. Mais maintenant qu'il avait discuté de ce qui l'avait blessé avec Charlyn, il n'en était plus si certain.
Il se dit aussi que c'était peut-être bien de demander de l'aide, ou au moins de l'accepter, plutôt que de faire face aux problèmes seul. Surtout qu'il ne connaissait pas l'être vil habitant le corps de Lorias, il ne savait pas ce dont cet être était capable. Il valait mieux se montrer prudent. Mais justement, prendrait-il le risque de mettre Charlyn en danger ? C'était la dernière chose qu'il voulait faire là tout de suite, une idée soudaine, celle de devoir protéger une personne en particulier.
Mais il était un peu tard pour ça, pour éviter à Charlyn de se mêler des troubles de Lorias. Encore une fois, Allen n'était pas arrivé à temps. Charlyn avait rencontré Lorias. Cela signifiait que Lorias connaissait Charlyn. Et à ce moment-là, Allen fut soulagé de savoir que Charlyn était fille de sorciers. Car il voyait encore le mot « Sang-de-Bourbe » gravé dans la chair de Charlie.
Cela dit, Charlyn n'avait pas tort quand elle disait que Lorias était un danger pour tout le monde. Allen le savait bien, ce n'était pas pour ça qu'il allait prévenir le chef d'établissement. Il voulait garder l'affaire secrète, se demandant pourquoi Charlie n'avait toujours pas dénoncé Lorias surtout quand quelqu'un d'autre avait été accusé à tort pour son agression, faisant confiance à Charlyn pour ne rien dévoiler. Pour l'aider.

La nouvelle question sur Lorias le surprit. De fait, elle n'était pas si étonnante, au contraire, elle était logique. Mais la réponse était tellement évidente ! Lorias ne pouvait pas savoir ce qui lui arrivait, sinon elle n'aurait pas besoin d'être protégée de la vérité. Alors non, elle ne savait pas. Mais être protégée de la vérité la bloquait aussi dans son monde. Lorias disait parfois à Allen s'être encore une fois réveillée quelque part, un endroit différent de là où elle s'était endormie, avec la notion du temps perdue.
Alors non, Lorias ne savait pas. Sinon, elle n'aurait jamais laissé arriver ce qui était arrivé. Lorias ne voulait pas faire de mal à quiconque. C'était peut-être pour ça qu'elle avait tant besoin d'être protégée. Qu'elle était entourée de tant de gens au sein d'elle-même. Car un être innocent était vite corrompu dans ce monde. Et cela fendait d'autant plus le cœur d'Allen qu'il n'avait jamais pu lui avouer ce qui se passait. Il n'avait jamais pu lui faire part des autres personnes qui l'habitaient. C'était un secret qui devait être gardé. Car il était certain que la vérité détruirait Lorias, peut-être plus encore que les événements qui l'avaient détruite en premier lieu.
- Non, elle ne se souvient de rien. Elle aimerait savoir au fond... mais on peut rien lui dire. On peut pas, c'est trop dangereux. Tu ne dois jamais lui dire ce que je t'ai dit.
Il n'essaya pas d'expliquer pourquoi. C'était déjà bien trop complexe pour lui alors essayer de l'expliquer à quelqu'un, même à Charlyn, était hors de sa portée. Il se dit qu'elle comprendrait, comme elle l'avait compris jusqu'ici. Il se dit qu'avec Charlyn les mots n'étaient pas forcément nécessaires et cela rendait la présence de la Gryffondor d'autant plus agréable. Charlyn était comme une petite flamme qui menaçait de s'éteindre à cause du vent qui soufflait autour d'elle, et Allen voulait l'entourer, essayer de conserver cette flamme qui apportait tant de chaleur et de lumière autour d'elle. Allen se perdait. Encore une fois. Mais il était subjugué par cette nouvelle rencontre. Il n'aurait jamais pu imaginer rencontrer quelqu'un comme elle. Charlyn semblait trop irréelle, tout simplement. Ou peut-être trop réelle, et c'était pour ça qu'Allen n'aurait osé espérer rencontrer quelqu'un d'aussi réel que Charlyn. Une personne aux traits marqués par la tristesse qu'Allen espérait effacer. Une personne à l'esprit ouvert qui semblait tout comprendre, même l'incompréhensible. Même ce qui n'était pas censé être. Ce qui échappait à tous. Charlyn pouvait l'expliquer. Allen en était sûr maintenant. Charlyn pourrait tout expliquer, simplement, avec ou sans mots. Et tout s'éclairerait. Et si tout le monde ne comprendrait pas forcément, Allen le ferait. Parce qu'il cherchait peut-être trop loin, trop compliqué, et que parfois les réponses étaient juste sous le bout de son nez.
- Les autres savent, finit-il par ajouter, s'extirpant une nouvelle fois de ses pensées, enfin je pensais qu'ils savaient tous, jusqu'à... c'est compliqué. La plupart d'entre eux savent et se connaissent mais certains... je sais pas, c'est bizarre. Tu comprendras un jour, si tu arrives à tous les rencontrer.
Il comprit que sa phrase allait un peu loin et rectifia :
- Enfin tous... ceux que je connais hein, pas... enfin tu vois, pas le ou les mauvais.
Cela lui rappela le danger que courait Charlyn, tout le monde même mais il ne pensait pas actuellement à « tout le monde », et il décida d'ajouter encore :
- Si l'envie te prends de retourner la voir comme ça, sur un coup de tête... préviens-moi, tu veux bien ? On peut y aller ensemble... non pas que je veux savoir tout ce qui se passe entre vous, enfin tout ce que tu fais, mais... je veux juste pas que tu tombes sur... quelqu'un de pas net.
Il réfléchit un moment. Il avait encore une chose à ajouter :
- Je t'apprendrai à te défendre face à elle. Les tours à utiliser pour la rendre inoffensive sans la blesser. Comme ça si un jour tu vois... bref, si tu pouvais éviter d'utiliser des sorts nuisibles... et c'est pas négociable. Si vous vous connaissez, faut que tu puisses te défendre au cas où. Surtout si tu veux continuer de la voir.

Il ne répondit pas à la remarque du Choixpeau, happé par ses pensées. Puis Charlyn revint au sujet de Charlie et il ne pensa plus au Choixpeau. Il appréciait la loyauté de Charlyn. La façon qu'elle avait de faire passer ses amis avant elle-même. C'était une qualité admirable. Elle ne cessait de surprendre le garçon. Il n'hésita pas à le lui faire remarquer, comme si cela semblait plus simple de s'exprimer. Soudainement, le monde autour de lui semblait plus léger. En quelques minutes aux côtés de la Gryffondor.
- C'est honorable. Je ne pense pas que j'en aurais été capable.
Comment Allen aurait-il réagi s'il avait appris qu'une personne proche de lui avait ce genre de relation avec Emily ? Jalousie ? Colère ? Non, il ne pouvait pas être en colère pour ça. Il essaierait probablement de ne pas l'être. De ne pas se sentir abandonné. Ce ne serait la faute de personne, évidemment, et il en était conscient, seulement il ne pouvait s'empêcher de se sentir mis à l'écart. Déprécié. Comme s'il était trop sombre pour qu'on puisse vouloir l'approcher.
Alors oui, sûrement de la jalousie. Une jalousie intense qu'il tenterait de cacher.
Mais cela n'importait pas pour l'instant, puisqu'il apprenait par Charlyn qu'on pouvait ressentir autre chose face à ces douleurs-là. Peut-être que lui aussi parviendrait à tourner sa colère et sa peine en autre chose. Pour tous les maux que la vie pouvait infliger.

Qui était Charlyn pour juger ? Tout. Charlyn semblait tout comprendre, alors devait tout pouvoir juger. C'était idiot comme réflexion mais Charlyn avait déjà fait réaliser tant de choses à Allen, en si peu de temps ! Comment pourrait-elle avoir un jugement biaisé ? Ou peut-être que son jugement était justement qu'elle n'en avait pas, car elle était assez ouverte pour ne pas juger les autres. Encore une leçon qu'Allen ferait mieux de retenir.
- Merci, répondit-il simplement.
Il n'ajouta rien à cela. Il le pensait inutile. Cette aide. Cette compréhension. Même s'il n'en était pas convaincu, le fait qu'on lui dise que ce n'était pas de sa faute lui faisait un bien fou. Au lieu de l'accuser pour tout le mal qui était arrivé, on essayait de l'aider à arranger les choses. Allen se rendait compte de combien il avait besoin d'aide. Mais aussi d'au combien il avait eu tort jusqu'ici de penser que la solitude était plus efficace. La preuve que non.
Il observa Charlyn, une ampoule allumée au-dessus de la tête, après s'être exclamée vivement. Elle avait déjà une idée de solution ?
Elle était plus rapide qu'Allen. Et à ce moment-là, Allen se dit qu'il pouvait bien accepter. Après tout, ce « grand-père » avait peut-être une aide précieuse à apporter. C'était peu probable qu'une solution magique règle les problèmes de la jeune Serdaigle, mais autant essayer.
Et puis, Allen ne pouvait refuser l'offre de Charlyn. Inconsciemment, il ne pouvait refuser aucune chance de la revoir, et il était certain que, sans Lorias, Allen trouverait tout de même une excuse – aussi faible ses excuses étaient-elles – pour passer un peu plus de temps avec la Gryffondor.
- Bonne idée, il faut bien chercher partout...


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MessageSujet: Re: It takes one to know one - ft Allen   Jeu 27 Oct - 6:01

Ne rien lui dire. Charlyn acquiesça doucement, gravement, comme dans une promesse silencieuse. Elle n'allait certainement pas faire l'inverse de ce que venait de lui demander Allen. Elle n'eut pas besoin de poser la question, elle s'imaginait très bien pourquoi il était important qu'elle continue de l'ignorer. Comment quiconque pourrait vivre en sachant cela ? Si elle était dans la situation de Lorias, elle imaginait bien que ceci pourrait facilement la détruire. Surtout au vu de ce qui était arrivé à Charlie. D'un autre côté, Charlyn se demanda comment Lorias vivait cette ignorance. Et elle se souvint son air un peu perdu, quand Adrian s'était évaporé et lui avait laissé la place. Tout prenait sens. Comment se sentait-elle dans ces moments là ? Où glissait sa conscience lorsqu'elle n'était pas là ? Quel regard portait-elle sur le monde alors qu'elle reprenait contact avec lui ? A quelle fréquence était-elle Lorias, à quelle fréquence les autres prenaient-ils possession d'elle ? Et de quoi s'agissait-il, précisément, dans le fond ? Etait-ce purement un trouble psychologique ou bien était-ce autre chose ? Charlyn se sentit perdre pied au milieu de toutes ces questions et trouva un repère dans la voix d'Allen, qui la ramena alors à l'instant présent. Ses explications, cependant, suscitèrent de nouvelles questions. Est-ce que ces « autres » interagissaient entre eux, alors ? Tous ? Combien étaient-ils ? Qui étaient-ils ? Tous les rencontrer. Ca paraissait tentant, d'une drôle de façon. Enfin, pas tous, évidement. S'il y en avait d'autre comme celui qui avait agressé Charlie, elle n'était pas sûre de vouloir rencontrer ces individus là. Le reste des paroles d'Allen rejoignit cette pensée là, et elle ne put s'empêcher de sourire doucement. Quelque chose dans l'idée qu'il veuille, d'une certaine façon, veiller sur elle lui faisait plaisir. Elle n'aimait pas spécialement l'idée qu'on veuille la protéger, idée qui allait quelque fois à l'encontre de son envie d'indépendance mais... Mais qu'Allen se montre quelque peu protecteur, quelle que soit sa véritable motivation, était quelque chose qu'elle appréciait. D'ordinaire, elle aurait répondu quelque chose comme 'Merci bien, je peux me défendre toute seule', mais non seulement elle savait qu'Allen ne pensait pas à mal en disant cela, mais qu'en plus, l'enjeu ne la concernait pas seulement elle. Il s'agissait aussi de Lorias, et Allen voulait protéger celle ci. Et encore une fois, elle pensa à ce que cela représentait pour lui. Où trouvait-il cette force ? Il gardait un secret terrible, et il le cachait même de la première concernée, alors que celle-ci semblait si importante pour lui. Comment y parvenait-il ? Comment vivait-il cela lorsqu'il regardait sa cousine dans les yeux ? Ce fut à son tour de l'observer avec admiration. Qu'un individu aussi fort, aussi déterminé puisse exister lui paraissait en soi être un miracle. Elle n'aurait pas su trouver les mots pour exprimer cela. Elle repensa à sa détresse, lorsqu'il l'avait trouvée là, et il lui sembla qu'elle la comprenait enfin concrètement. Cette main qui avait pris la sienne, cette main  si lourde, écrasée par le poids de toutes ces responsabilités qu'il prenait... Cette main, qui malgré les boulets qu'elle traînait, l'avait extirpée de sa propre misère. Quelque chose qui lui paraissait extrêmement dérisoire à présent. Cette main, la sienne, resterait gravé dans sa mémoire, à jamais, espérait-elle. L'oublier était impensable. On ne pouvait oublier cela. «  Si c'est ce que tu estimes nécessaires, j'apprendrais tous les tours que tu veux. D'autant plus que je ne voudrais surtout pas la blesser s'il arrivait quoi que ce soit... Mais je n'ai pas envie de l'éviter. Alors... » C'était vrai. Si elle avait apprécié Lorias lors de leur rencontre, elle l'appréciait d'autant plus au travers de ce qu'Allen lui avait dit. C'était un sentiment un peu étrange, mais l'attachement d'Allen envers la Serdaigle avait encore plus donné envie à Charlyn de la connaître. Elle et Adrian, et ceux qu'elle ne connaissait pas encore. Et ce qui était vrai aussi, c'est qu'elle ne pourrait en aucun cas dire non à une raison de revoir Allen après tout ceci.

Ce qu'Allen lui dit ensuite, quant à l'histoire entre Charlie et Jon, la laissa un peu pensive. Honorable ? Il avait une vision bien plus positive d'elle qu'elle-même. Elle avait plutôt l'impression de simplement laisser les événements suivre leur cours, comme s'il ne s'agissait pas de son histoire. Mais qu'il la perçoive ainsi, encore une fois, lui procura un sentiment agréable. C'était un peu stupide, un peu égoïste quelque part. Qu'il la voit d'une façon aussi positive lui donnait envie de croire en elle-même. Comme s'il était en train de reconstruire des petits bouts d'elle qui s'étaient brisés dans cette histoire. Il y avait quelque chose de magique chez lui, réellement. Bien plus que ce qu'impliquait le fait d'avoir des dons comme ceux des sorciers. Non, c'était une vraie magie : une magie humaine. Etait-il possible de rencontrer quelqu'un comme lui par hasard ? Charlyn avait l'impression d'être dans une bulle à l’extrémité du monde, ou bien à côté. Elle avait cessé d'essayer de comprendre ce qu'il se passait au cours de cette rencontre, pour peu qu'elle ait cherché, à un seul instant, de l'expliquer. Elle y réfléchirait plus tard, car chaque seconde de ce moment était d'une importance folle. C'était probablement un de ces moments qui n'arrivent qu'une fois ou deux au cours d'une vie. Les bonnes personnes, au bon endroit, au bon moment. Alors elle ignorait ce qu'il aurait fait à sa place et elle ne pouvait le lui dire, mais elle pouvait lui dire autre chose. « Tu aurais été toi, et ça aurait été juste ce qu'il faut. » Elle-même aurait eu bien du mal à expliquer ces mots, mais ils la dépassaient de toute façon. Il lui apparaissait comme quelqu'un de si fort qu'elle avait du mal à l'imaginer autrement. C'était ce qu'elle voulait qu'il entende. Pour ce que ça valait, venant d'elle, il avait le droit de croire en lui. Simplement. C'était comme si elle voulait lui prêter ses lunettes, pour qu'il puisse se voir un instant à travers ses yeux à elle. Et peu importait si elle n'avait pas toute les clés en main, peu importait qu'elle ne puisse affirmer avec certitude ce qu'il était ou non, car ce qu'il était, en cet instant, était si important, si beau, qu'il ne pouvait l'ignorer.

Il la remercia finalement. Un simple merci, sincère et qu'elle accueillit avec un léger sourire. Il n'y avait rien à y répondre, elle le laissa simplement s'ancrer en elle. Elle voulait l'apprécier à sa juste valeur, comme un mot délicat qui rassurait, parce que, si ses paroles méritaient le moindre remerciement, c'était un peu comme un cadeau pour elle. Un joli cadeau qu'elle ne voulait pas souiller avec des mots plus inutiles et vide de sens. Et elle fut d'autant plus heureuse qu'il accepta sa proposition d'aide. « Je lui en parlerai dès que possible. Et puis, le connaissant, il va certainement s'emporter sur le sujet sans poser trop de question donc il n'aura même pas à savoir qui ou pourquoi. »  Il était vrai que le vieux, une fois lancé sur un sujet, pouvait partir si loin qu'on évitait généralement de le lancer sur des sujets qui risquaient de trop l'intéresser. Mais Charlyn adorait l'écouter parler pendant des heures, passant de l'extase totale à la colère, ses lèvres remuant follement dans sa barbe. Cette pensée lui tira un sourire amusé. « On dirait vraiment un vieux savant fou parfois. Faut le voir, avec ses lunettes sur le nez, au milieu d'un nuage de fumée. Je crois que l'inconscience a quelque chose de génétique. » Elle eut encore un petit rire. Il était sans doute inévitable de regarder le danger d'un œil différent après avoir vécut au côté d'une personne qui passait ses journées à faire exploser des choses dans un chaudron. S'éloignant des souvenirs de son enfance, les pensées de la Gryffondor se recentrèrent sur Lorias. « Est-ce que tu as la moindre idée de ce qu'il lui est arrivé ? A Lorias, je veux dire. Ca a toujours été comme ça ? »


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MessageSujet: Re: It takes one to know one - ft Allen   Ven 28 Oct - 3:27



« One thing you can't hide, is when you're crippled inside. »

- John Lennon


feat Charlyn


Des tours, il y en avait une infinité. Ils étaient simples, logiques, on pouvait toujours en inventer de nouveaux. Mais il y en avait quelques uns de décidés à l'avance qui étaient plus sûrs de fonctionner. Car on ne pouvait pas se permettre un échec quand un individu indésirable avait possession du corps de Lorias. On risquait trop. Sa vie. La vie des autres. Peut-être même du monde entier. Cela faisait froid dans le dos d'Allen, même s'il ne l'admettrait pas, de savoir qu'une seule personne pouvait causer la souffrance et la mort de millions de personnes. Et de ces gens-là, il y en avait autant chez les Moldus que les Sorciers. C'est pourquoi il fallait toujours se montrer prudent. Ne pas laisser la chance à un danger de grandir et s'épanouir dans un monde qu'on essayait de conserver en paix.
Dans un monde où des personnes comme Charlyn vivaient. De bonnes personnes. Qui faisaient de leur mieux pour faire le bien.
Alors quand Charlyn lui dit qu'il suffisait, il ne le crut pas. Tant qu'il ne parvenait pas à protéger les bonnes personnes, alors il n'était pas suffisant. Alors il n'avait rien d'honorable. Mais ça, il ne le dit pas. Il ne voulait pas contredire Charlyn. Faire un débat sur un sujet qui le concernait. C'était trop peu important. Et puis, les mots de la Gryffondor étaient gentils, et cela lui réchauffait le cœur malgré tout. De même, la façon dont elle exprimait son envie de l'aider le rassurait, en quelque sorte. C'était un enthousiasme qu'il n'avait pas vu depuis bien longtemps. Il avait pu remarquer une certaine forme d'enthousiasme chez Emily, mais c'était bien différent chez Charlyn. Car celle-ci était bel et bien consciente des dangers qu'elle courait en s'engouffrant dans cette histoire, à laquelle elle avait déjà un certain lien. Et des liens, elle semblait en avoir avec pas mal de monde. La façon dont elle parlait de sa famille étonnait Allen, comme s'il était rare que quelqu'un valorise sa famille. Comme s'il était rare pour quelqu'un d'avoir une famille.
Alors il écoutait, sans rien dire. Il aimait plus écouter que parler et il appréciait les anecdotes de Charlyn. Il resterait bien là à l'écouter pendant des heures, laissant les problèmes de côté, voyant dans son esprit les histoires vécues par l'étonnante personne assise à côté de lui. L'idée lui plaisait bien. Mais malheureusement, l'histoire s'arrêta et une question l'obligea à reprendre la parole.

Oui, il savait. Il se disait parfois qu'il aurait préféré ne rien savoir mais il fallait bien des gardiens à cette histoire, des personnes pour se souvenir des choses qui étaient arrivées à cet enfant. Des gens pour la défendre, car il en fallait bien. Allen réfléchit sur ce qu'il allait dire. Quand il se décida finalement à répondre, ce fut sur une réponse simple :
- Je sais. Mais je ne raconterai pas toute l'histoire. Lorias a toujours été un peu spéciale. Puis forcément, ça a dérapé. Il fit une longue pause, hésitant, avant d'ajouter : Si tu veux savoir, tu n'auras qu'à discuter avec Delphine. En privé... je ne veux pas entendre à nouveau cette histoire, je ne la connais que trop bien. Mais dis-toi bien que si tu veux faire partie de ceux qui savent, alors il faut pouvoir supporter la vérité.
Il n'était pas certain de vouloir que Charlyn connaisse l'histoire de Lorias. Il lui avait déjà expliqué les choses de manière très générale. Ceci dit, ce n'était pas à lui d'en décider. Si Charlyn voulait vraiment savoir, elle n'aurait qu'à parler à Delphine. Cette dernière lui expliquerait. Elle s'y prendrait mieux que lui. Et de façon objective.


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MessageSujet: Re: It takes one to know one - ft Allen   Mer 16 Nov - 17:53

La réponse d’Allen laissa la Gryffondor pensive un instant. Elle tentait de mettre ses mots en perspective, accordant à chacun une importance presque sacrée.  Supporter la vérité ? C’était probablement le genre de choses, pensa-t-elle alors, dont on savait si on avait les épaules pour les porter seulement après les avoir entendues. Elle avait eu un avant-goût de tout ça, tout d’abord avec Adrian, puis avec Allen, et cela lui avait laissé un goût amer dans la bouche. Elle était sincèrement révoltée que des choses comme ça puissent arriver à qui que ce soit. Triste, aussi. Mais elle voulait aider Allen, aider Lorias, aussi futile sa contribution fut-elle. Et si le fait de partager cette histoire avec le Serpentard signifiait pour lui que son fardeau soit moins lourd, simplement parce qu’il aurait quelqu’un pour le comprendre, alors elle le supporterait. Un instant, elle se demanda si elle ne se prenait pas trop au sérieux de penser comme cela. Elle n’était pas un super-héros, elle n’allait pas améliorer la vie du garçon d’un claquement de doigt. Et peut-être même que sa volonté d’être là pour lui avait quelque chose de subtilement égoïste, ou de stupide : elle ne lui avait jamais parlé jusqu’à ce jour. Et quant à Lorias, elle n’avait partagé qu’un bref instant avec elle, et cette dernière n’avait probablement cure de ce qu’elle pensait. Et que dirait-elle si elle savait qu’une quasi-totale inconnue avait connaissance de son histoire ? Serait-elle d’accord ? Elle se mit un instant à sa place. Probablement qu’elle n’aimerait pas ça. Mais Allen semblait lui faire confiance. Et si Lorias avait confiance en Allen, ce n’était peut-être pas si mal que ça. Charlyn, perdue dans ses pensées, demeurait silencieuse.

Elle n’avait pas grand-chose à répondre, de toute façon. Il aurait été compliqué pour elle de faire un résumé à son interlocuteur de ce qui se passait dans sa tête. Elle avait eu du mal à exprimer ce qu’elle voulait tout au long de cette conversation, lui semblait-il. Elle ne trouvait pas les bons mots, pas à la bonne place. Mais ce n’était pas frustrant, c’était plutôt curieux. Elle se sentait encore étrange vis-à-vis de cette rencontrer inattendue, elle avait l’impression d’être dans cette étrange phase de réveille où l’on est à la fois endormi et éveillé. Mais tout ceci était bien en train de se produire, n’est-ce pas ? Ses yeux qui naviguaient dans le vide depuis quelques instants se posèrent sur Allen, alors qu’un nouveau sourire se dessinait sur son visage. Dans l’immédiat, rien ne servait de se retourner le cerveau comme ça. Elle avait tout le temps de mûrir cela un peu plus tard, même si, bien sûr, il y avait quelque chose d’urgent dans la situation de Lorias. Mais ils n’allaient rien régler à cet instant précis, n’est-ce pas ? Alors elle prononça les mots les plus simples, les plus évidents qui lui vinrent en tête. « Je préfère savoir où je mets les pieds. Histoire de pas me la jouer  Godzilla. » La métaphore était très précise dans sa tête et elle s’imaginait déjà avec une tête de monstre en train d’écrabouiller allégrement les morceaux de vie de Lorias. Autant éviter ça. Et autant l’éviter pour Allen. A commencer par la façon dont elle l’obligeait à ressasser quelque chose qui lui faisait du mal.

Elle n’avait pas envie de laisser le garçon, mais à force de rester assise comme ça, elle commençait à sentir son corps s’engourdir sérieusement. Elle se releva alors doucement et s’étira un peu. Elle inspira longuement, et se surprit à apprécier l’humidité de l’air et la légère odeur qui l’accompagnait. Elle une vague réminiscence de forêt ou d’autre chose, qui lui évoqua un sentiment de liberté un peu enivrant. Elle repensa à l’état dans lequel elle était arrivée ici. Rien à voir.  Elle se sentait si différente à présent. Elle n’avait pas fini de tout digérer, c’était sûr. Mais elle se sentait à nouveau prête à conquérir le monde. Et elle ne comprenait pas exactement comment c’était arrivé, mais elle était persuadée que c’était grâce au Serpentard. Elle se tourna alors vers lui et tendit sa main. « Si tu veux rejoindre le monde d’au-dessus, c’est plus si mal, en fait. Sans parler de ton fessier qui te remerciera.»

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